Utilisateur:Sicarov/Article
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Wilfrid Joseph Dufault |
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Angelicum (Rome), Université Laval |
Wilfrid Joseph Dufault, né le à Spencer dans le Massachusetts et mort le , est un religieux et prêtre catholique franco-américain[1], membre des Augustins de l'Assomption. Il est le cinquième supérieur général de la congrégation de 1952 à 1969. Premier non‑Français à exercer cette fonction, il joue un rôle structurant dans son évolution durant la période pré‑ et post‑conciliaire Vatican II.
Biographie
modifierFormation et débuts
modifierAprès sa formation initiale aux États‑Unis à Worcester[1], Wilfrid Dufault entre chez les Augustins de l’Assomption[1]. Il prononce sa profession perpétuelle le et est ordonné prêtre le à Rome par le cardinal-vicaire Francesco Marchetti Selvaggiani[2][1].
Il obtient une licence en théologie à l’Angelicum et un doctorat en philosophie à l’Université Laval de Québec. De 1936 à 1946, il enseigne la philosophie au collège de Worcester[1].
Responsable provincial en Amérique du Nord
modifierEn 1946, lors de la création de la Province d’Amérique du Nord des Assomptionnistes, détachée du vicariat de Paris, Wilfrid Dufault est nommé premier Supérieur provincial[1]. Commençant à l'âge de 39 ans, il assume cette responsabilité jusqu’en 1952, contribuant à structurer durablement les institutions assomptionnistes nord‑américaines.
Pour services rendus à la culture française et au rayonnement intellectuel de l’Assomption, il est décoré de la Légion d'honneur[1].
Supérieur général des Augustins de l’Assomption (1952–1969)
modifierLe , Wilfrid Dufault est élu Supérieur général lors du 23e chapitre général tenu à Rome, succédant au P. Gervais Quenard. Son élection marque un tournant symbolique : il est le premier supérieur général non français de la congrégation[3].
Son premier mandat s’exerce dans un contexte interne délicat, la curie générale étant marquée par plusieurs démissions et recompositions[1]. Il s’appuie cependant sur des collaborateurs proches, parmi lesquels le P. Athanase Sage, historien de l’Assomption, expert reconnu du fondateur Emmanuel d’Alzon et acteur majeur de la redécouverte du charisme assomptionniste. En 1956, il soutient activement la publication des Écrits spirituels d’Emmanuel d'Alzon, travail éditorial fondamental permettant de mettre à disposition l’ensemble des textes majeurs du fondateur dans un corpus unifié[1].
Sous son généralat, la congrégation connaît une expansion missionnaire significative avec des fondations ou consolidations en Nouvelle-Zélande (1952), à Madagascar et en Uruguay (1953), en Côte d'Ivoire (1957) et au Costa Rica (1962). Il favorise également la structuration progressive de nouvelles provinces et vice‑provinces, notamment en Amérique du Sud, au Brésil, en Espagne et au Congo-Zaïre[1].
Le généralat de Wilfrid Dufault est aussi marqué par de graves épreuves. En Europe de l’Est, les persécutions religieuses conduisent à l’arrestation et à l’exécution de plusieurs assomptionnistes martyrs en Bulgarie, notamment les PP. Kamen Vitchev, Pavel Djidjov et Josaphat Chichkov, exécutés en 1952 à Sofia par le régime communiste. D’autres religieux, comme le P. Judicaël Nicolas[4], connaissent une longue détention dans les Goulags du l'Union soviétique[1].
Parallèlement, les processus de décolonisation entraînent le retrait des communautés assomptionnistes de Tunisie et d’Algérie en 1963 et 1964, tandis que des instabilités politiques affectent les missions en Colombie et au Congo au alentour de 1964[1].
Parmi les actions heureuses de ce premier mandat, il renoue en 1959 avec les Sœurs missionnaires de l'Assomption fondée au Cap (Afrique du Sud) en 1852[1].
Il préside en 1953 à la création de la Province d’Amérique du Sud.
Le concile Vatican II et l’aggiornamento
modifierRéélu le au 24e chapitre général pour un second mandat, Wilfrid Dufault exerce la charge de supérieur général durant l’intégralité du concile Vatican II. À la tête d’une congrégation comptant plus de mille prêtres, il participe aux quatre sessions conciliaires (1962‑1965) en tant que Council Father[5], expert et supérieur d'une congrégation de plus de mille prêtres[1].
Il engage l’Assomption dans le mouvement d’aggiornamento conciliaire : révision des Constitutions, redéfinition du rôle des communautés locales et provinciales, renouveau de la liturgie et des formes d’apostolat[1].
Au cours des années 1963 et 1964, il engage également plusieurs fondations sur la voie d’une autonomie progressive par l’érection de vice‑provinces, notamment au Brésil (fondation d’origine hollandaise), en Espagne et au Congo-Zaïre. En Belgique, une crise latente, liée au contexte de la création de communautés linguistique de Belgique en 1970, conduit à la réorganisation de la province existante et à sa division en deux entités linguistiques distinctes, l’une flamande et l’autre wallonne[1].
Ce processus se déroule dans un contexte de crise générale des vocations, qui entraîne une diminution sensible des effectifs, en 1968, les presque 2000 religieux passent à 1846[1]. En Europe comme en Amérique, aux effets d’une crise générale de sécularisation, qui se manifeste par une baisse des vocations religieuses, des difficultés croissantes de recrutement, la fermeture de maisons et le départ de nombreux religieux. Ces évolutions marquent durablement la vie et les structures de la congrégation[1].
En 1969, lors du 25e chapitre général, afin de favoriser l’émergence d’une nouvelle équipe dirigeante, il accepte que l’ensemble de la curie générale présente sa démission[1]. Paul Charpentier lui succédera comme sixième supérieur général.
Dernières responsabilités
modifierAprès son retrait du gouvernement général, Wilfrid Dufault continue à servir la congrégation. À partir de 1983, il collabore à Rome aux travaux de la postulation des causes de béatification d’Emmanuel d'Alzon et du Joseph Staub, fondateur des Sœurs de Sainte Jeanne d'Arc au Québec.
Grâce aux travaux préparatoires du P. Touveneraud et avec le concours du P. Désiré Deraedt, il mène à bien la mise en forme et l’édition, en 1986, du volumineux Dossier Vie et vertus du P. d’Alzon, qui synthétise plus de cinquante années de recherches historiques sur le fondateur de l’Assomption.
Il retourne définitivement aux États‑Unis en 1986. A la session d’Alzon, tenu à Rome du 23 au 26 avril 1988, le P. Wilfrid brosse l’histoire spirituelle du P. d’Alzon, encadrant son itinéraire intérieur entre les deux devises de l’ART et de l’amour du Christ. En mars 2000, nonagénaire, il participe à Paris à la rencontre des anciens Supérieurs généraux de la congrégation[6].
Wilfrid Dufault meurt le , jour du 70e anniversaire de son ordination sacerdotale.
Bibliographie
modifier- Documents Assomption, Nécrologe XI, 2004-2005, p. 14-16.
- La Croix, 26 février 2004, p. 24, Homélie des funérailles par Richard Lamoureux.
- Jean-Paul Perrier-Muzet (Archiviste des assomptionnistes), Notices biographiques des religieux de l'Assomption 2000-2010 : Contribution à l'histoire de l'Assomption, 2000

Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 Jean-Paul Perrier-Muzet (Archivistes des Assomptionnistes), Notices biographiques des religieux de l'Assomption 2000-2010 : Contribution à l'histoire de l'Assomption, t. VI : Abalain-Zacchett, Rome, Maison généralice des Augustins de l'Assomption, , 751 p., p. 177
- ↑ « Father Wilfrid Joseph Dufault », sur catholic-hierarchy.org (consulté le )
- ↑ « Father Wilfrid Joseph Dufault », sur catholic-hierarchy.org (consulté le )
- ↑ Autobiographie, Onze ans au paradis, 1958
- ↑ « Second Vatican Council – Wilfrid J. Dufault », sur catholic-hierarchy.org (consulté le )
- ↑ Wilfrid Dufault aa 5° Supérieur Général, vidéo disponible en ligne