Validation émotionnelle

La validation émotionnelle est, en psychologie, un processus interpersonnel consistant à reconnaître l'expérience émotionnelle d'une personne et à lui communiquer que celle-ci est compréhensible dans son contexte. Valider une émotion n'implique pas nécessairement d'approuver l'interprétation de la situation, le comportement qui en découle ou le point de vue de la personne[1]. Le concept occupe notamment une place centrale dans la thérapie comportementale dialectique (TCD) développée par Marsha Linehan, où les stratégies de validation, orientées vers l'acceptation, sont combinées à des stratégies visant le changement[2],[3].

À l'inverse, l'invalidation émotionnelle désigne une interaction dans laquelle l'expression d'une émotion reçoit une réponse perçue comme indiquant que cette émotion est incorrecte, inappropriée ou dépourvue de légitimité[4].

Effets et recherches

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La validation est notamment étudiée comme un processus de régulation émotionnelle interpersonnelle. Dans une étude expérimentale, les participants confrontés à des réponses invalidantes lors d'une situation stressante présentaient, au fil du temps, davantage d'affect négatif, une fréquence cardiaque plus élevée et une conductance cutanée supérieure à ceux recevant des réponses validantes[5]. Les effets ne sont toutefois pas uniformes : une autre expérience a montré qu'ils peuvent varier selon l'émotion concernée et le degré de dysrégulation émotionnelle de la personne[6].

La validation a également été étudiée dans les relations parent-enfant. Une étude observationnelle menée auprès d'enfants de 4 à 7 ans a associé la validation émotionnelle maternelle à une meilleure conscience de leurs propres émotions, tandis que l'invalidation était un prédicteur négatif de cette conscience[7]. Une expérience randomisée publiée en 2024 a par ailleurs observé que des enfants de 4 à 6 ans dont la frustration était validée persistaient davantage dans une tâche difficile que ceux placés dans une condition d'invalidation ou sans retour particulier[8].

Invalidation émotionnelle

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L'invalidation peut prendre la forme d'une minimisation, d'un rejet, d'une punition ou d'une mise en doute de l'expérience émotionnelle. Une phrase destinée à rassurer, telle que « ce n'est pas si grave », peut ainsi être vécue comme invalidante lorsqu'elle est interprétée comme une négation de l'émotion exprimée ; l'intention de l'interlocuteur et la perception de la personne concernée ne coïncident donc pas nécessairement[4].

Dans le trouble de la personnalité borderline, le modèle biosocial proposé par Linehan postule une interaction entre une vulnérabilité émotionnelle et un environnement invalidant au cours du développement, susceptible de contribuer à la dysrégulation émotionnelle[2]. Les données empiriques concernant le rôle causal de l'invalidation parentale restent cependant hétérogènes : certaines études soutiennent cette association tandis que d'autres ne la retrouvent pas[9].

Niveaux de validation

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Linehan distingue six niveaux de validation verbale, repris dans la littérature sur la TCD[1],[3].

  1. Écouter et observer : porter une attention active et non jugeante à ce que la personne dit, ressent et fait.
  2. Réflexion exacte : reformuler fidèlement les pensées, émotions ou comportements communiqués.
  3. Articuler le non-dit : formuler avec prudence les émotions, pensées ou schémas comportementaux qui semblent implicites, en laissant à la personne la possibilité de corriger l'interprétation.
  4. Comprendre à partir de l'histoire : montrer en quoi la réaction est intelligible au regard des expériences antérieures, de l'apprentissage ou de facteurs personnels.
  5. Comprendre dans le contexte présent : reconnaître qu'une réaction est raisonnable ou habituelle compte tenu des circonstances actuelles.
  6. Authenticité radicale : interagir de façon authentique avec la personne en la considérant comme une égale et comme capable d'agir, plutôt que de la traiter comme fragile ou inférieure.

Voir aussi

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Références

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  1. 1 2 (en) Marsha M. Linehan, « Validation and psychotherapy », dans Arthur C. Bohart et Leslie S. Greenberg (dir.), Empathy Reconsidered: New Directions in Psychotherapy, American Psychological Association, (DOI 10.1037/10226-016), p. 353-392
  2. 1 2 (en) Marsha M. Linehan, Cognitive-Behavioral Treatment of Borderline Personality Disorder, Guilford Press, (ISBN 9780898621839)
  3. 1 2 (en) Kelly Koerner, Doing Dialectical Behavior Therapy: A Practical Guide, Guilford Press, (ISBN 9781462502325)
  4. 1 2 (en) Melissa J. Zielinski et Jennifer C. Veilleux, « The Perceived Invalidation of Emotion Scale (PIES): Development and Psychometric Properties of a Novel Measure of Current Emotion Invalidation », Psychological Assessment, vol. 30, no 11, , p. 1454-1467 (PMID 29792500, DOI 10.1037/pas0000584)
  5. (en) Chad E. Shenk et Alan E. Fruzzetti, « The Impact of Validating and Invalidating Responses on Emotional Reactivity », Journal of Social and Clinical Psychology, vol. 30, no 2, , p. 163-183 (DOI 10.1521/jscp.2011.30.2.163)
  6. (en) Janice R. Kuo, Skye Fitzpatrick, Jennifer Ip et Amanda Uliaszek, « The who and what of validation: an experimental examination of validation and invalidation of specific emotions and the moderating effect of emotion dysregulation », Borderline Personality Disorder and Emotion Dysregulation, vol. 9, no 1, , p. 15 (PMID 35581663, DOI 10.1186/s40479-022-00185-x)
  7. (en) John A. Lambie et Anja Lindberg, « The Role of Maternal Emotional Validation and Invalidation on Children's Emotional Awareness », Merrill-Palmer Quarterly, vol. 62, no 2, , p. 129-157 (DOI 10.13110/merrpalmquar1982.62.2.0129)
  8. (en) Jeewon Jeon et Daeun Park, « Your feelings are reasonable: Emotional validation promotes persistence among preschoolers », Developmental Science, vol. 27, no 5, , e13523 (PMID 38695535, DOI 10.1111/desc.13523)
  9. (en) Doha Bemmouna et Luisa Weiner, « Linehan's biosocial model applied to emotion dysregulation in autism: a narrative review of the literature and an illustrative case conceptualization », Frontiers in Psychiatry, vol. 14, , p. 1238116 (PMID 37840783, DOI 10.3389/fpsyt.2023.1238116)