Vallée du Tombeau

terrain sur l'île de Sainte-Hélène, sur lequel fut érigée la première tombe de Napoléon Ier

La vallée du Tombeau, anciennement « vallée du Géranium », est un terrain situé dans le district de Longwood sur l'île de Sainte-Hélène, mais appartenant aux Domaines français de Sainte-Hélène, sur lequel fut érigée la première tombe de l'empereur Napoléon Ier, mort sur l'île en 1821.

Vallée du Tombeau
Présentation
Type
Dédicataire
Propriétaire
Localisation
Localisation
Coordonnées
Carte

Histoire

modifier
Carte de Sainte-Hélène et position de la vallée du Tombeau.

Conformément à ses dernières volontés dans le cas où son corps ne devait pas être ramené en Europe, Napoléon Ier fut inhumé le près d'une source, dans la vallée du Géranium (renommée depuis « vallée du Tombeau ») dans un site bordé des trois côtés par les parois abruptes du « Bol à punch du Diable », vaste dépression circulaire. Il avait choisi ce lieu près de la fontaine de Mr Torbett[note 1] dont il avait apprécié l'eau quand il s'y était désaltéré au cours d'une promenade[1].

La tombe, accessible par un sentier sinueux, est recouverte de trois dalles tumulaires et entourée d'une grille en fer sommée de fers de lance, solidement fixée sur son soubassement. Elle était initialement ombragée par deux saules pleureurs qui ont disparu depuis longtemps, effeuillés et écorcés par les chasseurs de reliques[note 2],[2]. Le tout était, à l'origine, entouré d’une palissade en bois. Les Français voulurent graver « Napoléon Ier » sur la tombe, mais le général Hudson Lowe exigea que l'inscription soit « général Bonaparte », si bien que la plaque resta nue[3],[4],[1].

Gravure de la « vallée du Tombeau » en 1858.

En souvenir des douze grandes victoires de Napoléon, douze cyprès furent plantés vers 1830 par lady Dallas, épouse du brigadier-général Charles Dallas (en), nommé gouverneur de Sainte-Hélène pour la Compagnie britannique des Indes orientales le [5].

La dépouille de Napoléon Ier y resta jusqu'en . Un poste de douze factionnaires britanniques monta la garde dans une guérite près du tombeau jusqu'à l'exhumation du . La dépouille fut alors rapatriée en France sur ordre du roi Louis-Philippe. Une loi ordonnant la construction du nouveau tombeau de l'Empereur sous le dôme des Invalides avait été promulguée en parallèle, le [6]. Les travaux s'achevèrent en 1853, date du décès de Louis Visconti — l'architecte chargé de la conception du monument. Le corps de Napoléon Ier, qui reposait depuis 1841 dans la chapelle Saint-Jérôme, fut transféré dans son nouveau tombeau le [7]. Les pierres tombales rapportées en France en 1840 avec la dépouille de l'Empereur sont installées dans les années 1970, dans un espace vert spécialement aménagé au sein de la Cour de Nîmes, jouxtant la cathédrale Saint-Louis-des-Invalides[8].

En 1854, au moment de la grande amitié entre Napoléon III et la reine Victoria, le premier négocie auprès de la seconde le rachat de Longwood et la « vallée du Géranium » pour la somme de 7 000 livres sterling, la vente étant finalisée en 1858[9]. Ce domaine est actuellement[Depuis quand ?] administré par le ministère des Affaires étrangères.

Dans l'art

modifier

La tombe de Napoléon se trouve près d’un ruisseau étroit, mais le peintre Horace Vernet la place de façon dramatique sur un promontoire au bord de la mer, avec l’épave d’un navire portant les noms des batailles les plus importantes de l’empereur[10].

Notes et références

modifier
  1. Chaque matin un Chinois de Longwood allait remplir deux bouteilles d’eau fraîche de cette source pour l’Empereur. Les familles Torbett puis Pritchard firent plus tard commerce de cette eau de source pour les nombreux pèlerins.[réf. nécessaire]
  2. Un autre saule a été planté au nom du maréchal Foch le 5 mai 1921.[réf. nécessaire]

Références

modifier
  1. 1 2 Lionel A. Bouchon et Didier Grau, « Les tombeaux de Napoléon : Fontaine Torbett - Les Invalides », sur napoleon-empire.org, (consulté le ).
  2. Histoire des saules pleureurs de la Tombe de Napoléon.
  3. André Castelot, Histoire de Napoléon Bonaparte, J. Tallandier, , p. 340
  4. Bouchon et Grau 2008.
  5. Jean-Abram Noverraz, Souvenir de l'empereur Napoléon Ier. Le retour des cendres, Univers Poche, , p. 157
  6. René Baillargeat (dir.), Les Invalides : trois siècles d'histoire (Exposition, Paris, Musée de l'armée, 1974), Paris, Musée de l'armée, (ISBN 2-901418-07-4), p. 268
  7. Sylvie Le Ray-Burimi, « Un monument dans le monument ? », dans Antoine de Romanet de Beaune, Alexandre d'Andoque de Sériège, Boris Bouget, Alexandre Gady, François Lagrange (dir.), Saint-Louis-des-Invalides : la cathédrale des armées françaises, Strasbourg, La Nuée bleue, (ISBN 978-2-8099-1624-9), p. 116
  8. « Les pierres tombales de Sainte-Hélène dans la Cour de Nîmes », dans Participez à la restauration du tombeau de l’Empereur et des monuments napoléoniens de l’hôtel national des Invalides, Paris, Musée de l'Armée Invalides et Fondation Napoléon, , 5 p. (lire en ligne), p. 4.
  9. Thierry Lentz, Napoléon, Éditions La Boétie, , p. 85
  10. Irène Delage, « Allégorie de l’exil et de la mort de Napoléon à Sainte-Hélène, ou Le tombeau de Napoléon », sur napoleon.org, Fondation Napoléon, (consulté le ).

Annexes

modifier

Articles connexes

modifier

Bibliographie

modifier
  • René Baillargeat (dir.), Les Invalides : trois siècles d'histoire (Exposition, Paris, Musée de l'armée, 1974), Paris, Musée de l'armée, , 600 p. (ISBN 2-901418-07-4)
  • Michel Dancoisne-Martineau, Je suis le gardien du tombeau vide, éditions Flammarion, 2017 (ISBN 978-2081395275).
  • Michel Dancoisne-Martineau, « La Tombe de Napoléon à Sainte-Hélène », dans Léa Charliquart, Émilie Robbe, Pierre Branda et Chantal Lheureux-Prévot (dir.), Napoléon n'est plus (Exposition, Paris, Musée de l'armée, 2021), Paris, Gallimard, (ISBN 978-2-07-293160-4), p. 118-123
  • Sylvie Le Ray-Burimi, « Un monument dans le monument ? », dans Antoine de Romanet de Beaune, Alexandre d'Andoque de Sériège, Boris Bouget, Alexandre Gady, François Lagrange (dir.), Saint-Louis-des-Invalides : la cathédrale des armées françaises, Strasbourg, La Nuée bleue, (ISBN 978-2-8099-1624-9), p. 111-122

Liens externes

modifier