Le vase d'Aristonothos ou cratère d'Aristonothos est l'une des premières céramiques grecques à porter la signature de l'artiste ; il est exposé au Palais des Conservateurs des Musées du Capitole à Rome.

Vase d'Aristonothos
Artiste
Aristonothos (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Date
VIIe siècle av. J.-C.Voir et modifier les données sur Wikidata
Type
Matériau
Format
Mouvement
No d’inventaire
Castellani 172Voir et modifier les données sur Wikidata
Localisation

Description et style

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Le cratère a été découvert dans une sépulture à Caere, dans le sud de l'Étrurie. Le vase fut acquis par Alfredo Castellani ; hérité par son fils Augusto, il passa aux Musées du Capitole en 1919, avec l'ensemble de la collection de l'orfèvre et antiquaire.

Exceptionnellement intact, il semble avoir été réalisé avec de l'argile provenant de la région où il a été trouvé par un artisan que l'on pense d'origine grecque et qui, de passage dans la colonie de Syracuse, s'est installé en Étrurie.

Signature

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La signature est l'une des premières signatures de céramistes trouvées. Aucun autre vase n'est connu comme étant attribuable ou signé par le même céramiste[2]. Certainement la complexité du système iconographique a rendu l'auteur si fier qu'il a voulu placer sa signature de façon visible[4].

L'inscription est en écriture eubéenne et en dialecte ionique[6] et, écrite en mode boustrophédon en partie de droite à gauche et en partie de haut en bas, se lit Ἀριστόνοθος ἐποίσεν (Aristonothos epoisen), c'est-à-dire « Aristonothos m'a fait ». Une certaine attention a été accordée au fait que le nom est composé de deux lemmes : Aristo- (le meilleur) et -nothos (fils illégitime), donc le nom pourrait signifier « le meilleur des bâtards »[8]. Il faut cependant noter que la condition de nothos - d'illégitimité, ne concernait que les classes aristocratiques et certainement pas les classes artisanales[10].

Vase d'Aristonothos, face B : bataille navale

Le cratère a une forme primitive et des anses horizontales ; il pourrait s'agir d'un modèle original de son auteur. Il semble également similaire à certains cratères d'Argolide du VIIe siècle avant J.-C. ; et, bien qu'Argos n'ait eu ni colonies ni commerce en Italie, il est possible qu'un céramiste argien ait voyagé et transmis ses modèles également en Étrurie[12].

La face principale représente la scène de l'aveuglement de Polyphème, tandis que l'autre face représente une scène de bataille entre deux navires, tandis que sur les côtés, sous chaque anse, un crabe est peint.

La juxtaposition des deux scènes, l'une sur la tromperie, l'autre sur le conflit armé, a incité les historiens à débattre sur le sens recherché par l'artisan et le client. Parfois, les plaçant en étroite relation, parfois considérées comme distinctes tout en conservant un lien. Quoi qu'il en soit, il s'agit de thèmes qui étaient vraisemblablement bien compris dans le contexte plutôt cosmopolite de l'ancienne Cerveteri[13].

Ulysse pousse le pieu avec le poids de son corps, s'appuyant une jambe contre le mur

La scène de l'aveuglement de Polyphème, présente une correspondance relativement précise avec le récit de l'Odyssée[16] : on y voit cinq hommes barbus à la grecque, Ulysse et ses quatre compagnons comme le raconte Homère[17], s'aidant mutuellement à pousser le pieu qu'ils ont enfoncé dans l'œil du monstre ; Ulysse, le plus à gauche, le corps tourné, pousse avec une jambe sur la ligne qui définit la partie de la caverne (… à l'autre extrémité j'ai appuyé, je l'ai fait tourner…[18]).

Polyphème se débat devant le casier à fromages

Polyphème, ivre et allongé, tente désespérément d'arracher la perche d'olivier. Les dimensions de cet être sont décrites comme similaires à celles d'un humain et d'autres détails l'identifient comme un monstre, ce qui est également visible dans le pithos étrusque légèrement plus récent du musée Getty, tandis que dans d'autres céramiques contemporaines, il est représenté comme un géant[19]. La scène insiste cependant sur l'agriotes (méchanceté animale) de Polyphème, clairement perceptible dans certains détails : le casier à fromages derrière lui et la coupe placée en dessous soulignent le fait qu'il mangeait et buvait seul, indifférent aux étrangers et ignorant les coutumes d'hospitalité communes aux civilisations méditerranéennes[21] qu'Ulysse lui-même avait implorées[22].

Le navire grec

La scène peinte de l'autre côté n'a aucune source mythologique. Il décrit les préparatifs de l'affrontement entre deux navires. Il est difficile d'identifier ces vases ; peut-être l'un est-il grec et l'autre étrusque, ou du moins non grec.

L'autre navire non grec
Fibule de Sparte, musée du Louvre

Bien qu'il y ait eu une réciprocité dans le commerce entre Étrusques et Grecs, la possibilité d'un affrontement naval ou d'actes de piraterie était toujours possible[23]. Le combat entre navires était cependant à cette époque un sujet fréquent dans la peinture sur vase et dans les arts figuratifs en général : il est intéressant qu'une scène similaire avec des types de vaisseaux similaires soit représentée sur une fibule spartiate du VIIIe siècle[24].

Le crabe sous une anse et sur un bouclier de guerrier

Le crabe représenté à la fois sous les deux anses et sur le bouclier du premier guerrier à droite sur le plus grand récipient rappelle les peintures sur vase d'Érétrie, où il était souvent présent. Cela suggère également une confirmation de l'origine eubéenne d'Aristonathos. En même temps, le crabe avec sa démarche oblique et ses pattes tordues rappelle la figure déformée du dieu artisan Héphaïstos et pourrait vouloir évoquer un symbole de savoir-faire artisanal[25].

(it) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en italien intitulé « Vaso di Aristonothos » (voir la liste des auteurs).
  1. ↑ Banti 1958.
  2. ↑ [1].
  3. ↑ D'Agostino 2010 p. 280..
  4. ↑ [3]
  5. 1 2 3 Bagnasco 2007.
  6. ↑ [5], p. 5.
  7. ↑ Cordano 2007 pp. 2-3..
  8. ↑ [7]
  9. ↑ Cordano 2007.
  10. ↑ [9], p. 2.
  11. 1 2 3 Dougherty 2011.
  12. ↑ [11], pp. 50-51.
  13. ↑ [5], pp. 6-7.
  14. ↑ van der Meer 2021 pp. 59-60;.
  15. 1 2 3 4 Od. IX.
  16. ↑ [14] [15], 185-397.
  17. ↑ [15], 329-330.
  18. ↑ [15], 380-381.
  19. ↑ Corpus vasorum antiquorum, vol. 9, The J. Paul Getty Museum, (lire en ligne), p. 8
  20. ↑ Bonaudo 2009.
  21. ↑ [20], pp. 144-145.
  22. ↑ [15], 257-269.
  23. ↑ [11], pp. 41-42.
  24. ↑ [11], p. 37.
  25. ↑ [5], pp. 9-10.

Bibliographie

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  • Omero (trad. Ettore Romagnoli), L'Odissea, Zanichelli, (lire en ligne)
  • (it) Enciclopedia Treccani, Rome, Istituto della Enciclopedia Italiana
  • Giovanna Bagnasco Gianni : Aristonothos : il vaso, in Federica Cordano e Giovanna Bagnasco Gianni (a cura di), Aristonothos: scritti per il Mediterraneo Antico, 1, Milano, CUEM, 2007, pp. 5-15, ISBN 978-88-6001-155-8.
  • Federica Cordano, Aristonothos : la firma, in Federica Cordano e Giovanna Bagnasco Gianni (a cura di), Aristonothos : scritti per il Mediterraneo Antico, 1, Milano, CUEM, 2007, pp. 5-15, ISBN 978-88-6001-155-8.
  • Raffaella Bonaudo, In rotta per l’Etruria: Aristonothos, l’artigiano e la metis di Ulisse, in Annali di Archeologia e Storia Antica, Nuova Serie, n. 15-16, Napoli, Università degli Studi di Napoli «L’Orientale», 2008-2009, pp. 143-149.
  • Matteo D’Acunto e Marco Giglio (a cura di), Le rotte di Odisseo : Scritti di archeologia e politica di Bruno d’Agostino, in Annali di Archeologia e Storia Antica, Nuova Serie, n. 17-18, Napoli, Università degli Studi di Napoli «L’Orientale», 2010-2011.
  • (EN) Carol Dougherty, The Aristonothos Krater: competing stories of conflict and collaboration, in Carol Dougherty e Leslie Kurke, The Cultures within Ancient Greek Culture, Cambridge, Cambridge University Press, 2011, pp. 35-54.
  • Lammert Bouke van der Meer, Odysseus in visual programs, in Ocnus, Quaderni della Scuola di Specializzazione in Beni Archeologici, n. 29, Urbino, Ante Quem, 2021, pp. 59-67.