Victimes du devoir est une pièce de théâtre en un acte d'Eugène Ionesco créée le au Théâtre du Quartier latin à Paris et publiée l'année suivante aux éditions Gallimard dans le premier tome du Théâtre.

Victimes du devoir
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La nouvelle La Victime du devoir, publiée dans le recueil La Photo du colonel en 1962, constitue le point de départ de cette pièce.

Argument

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La pièce, qualifiée par Ionesco de « pseudo-drame »[1], retrace l'itinéraire drôle et tragique de Choubert, un homme doux et timide, qui passe par une descente aux enfers et des moments d'illumination magique. Choubert est interrogé par un jeune policier qui veut retrouver le locataire précédent de son appartement, du nom de Mallot avec un "t" ou Mallod avec un "d". Le policier s'adresse à Choubert comme s'il était coupable ; son épouse, Madeleine, sous le charme du policier, l'encourage à poursuivre cette enquête sur Mallot/Mallod, alors que Choubert ne se souvient de rien. En s'efforçant de retrouver le passé, Choubert s'enfonce dans son inconscient, sa vie cachée, revit son enfance. Le policier déclare n'avoir d'autre choix que de lui faire avaler de force un vieux morceau de pain rassis pour l'aider à « combler les lacunes de sa mémoire ».

Un poète, ami de Choubert, Nicolas d'Eu, entre ; après un échange avec le policier « sur la possibilité d’un renouvellement du théâtre »[2], il provoque le policier et le tue de trois coups de couteau. Le policier meurt en disant : « Vive la race blanche… Je voudrais une décoration posthume… Je suis… une victime… du devoir… ».

Nicolas prend le rôle du policier et, soutenu par Madeleine, veut que Choubert continue de manger du pain pour combler les trous de sa mémoire ; Choubert proteste : « Moi aussi, je suis une victime du devoir ! ». Nicolas approuve et Madeleine dit : « Nous sommes tous victimes du devoir ».

Le sujet de la pièce est la descente en soi-même : Ionesco y utilise l’enquête policière comme une image de l’exploration de l’inconscient[3].

Mises en scène

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 : reprise au Théâtre des Célestins, Lyon[4].

Notes et références

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  1. 1 2 Robert Kemp, « Au Studio des Champs-Élysées Victimes du devoir d'Eugène Ionesco », Le Monde, (lire en ligne).
  2. Basarab Nicolescu, « Eugène Ionesco et la logique de la contradiction », Revue roumaine d’études francophones, no 2, , p. 11-15 (lire en ligne).
  3. Raluca Bălăiţă, « Langage et authenticité des émotions chez Eugène Ionesco », Interstudia, no 12, , p. 105-112 (présentation en ligne).
  4. « Victimes du devoir - 1953-1954 », sur Les Archives du spectacle.
  5. (de) « Pfiffe in Darmstadt », Der Spiegel, (lire en ligne).
  6. Nicole Zand, « Antoine Bourseiller présente Suzanne Flon dans Victimes du devoir de Ionesco », Le Monde, (lire en ligne).
  7. Bertrand Poirot-Delpech, « Victimes du devoir », Le Monde, (lire en ligne).
  8. « Victimes du devoir - 1967 », sur Les Archives du spectacle.
  9. « Victimes du devoir - 1968 [notice de spectacle] », sur Bibliothèque nationale de France.
  10. (de) « Mao trägt einen unsichtbaren Bart », Der Spiegel, (lire en ligne).
  11. « Victimes du devoir - 2000 », sur Les Archives du spectacle.

Bibliographie

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  • Gisèle Féal, « Victimes du devoir », dans Ionesco. Un théâtre onirique, Paris, Éditions Imago, (ISBN 2-911416-38-4, lire en ligne).
  • (de) Hedwig Junker, Drama und Pseudodrama : Studien zum theatertheoretische Reflexion in Eugène Ionescos "Victimes du devoir", Francfort, Athenäum-Verlag, coll. « Linguistica et Litteraria » (no 10), , 145 p.
  • (en) Rosette C. Lamont, « Air and Matter: Ionesco’s Le Piéton de l’air and Victimes du devoir », The French Review, vol. 38, no 3, , p. 349-361 (lire en ligne Accès limité).

Liens externes

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