Victor Mukasa

militant trans ougandais

Victor Mukasa (1975-) est un militant ougandais trans qui lutte pour les droits LGBT en Afrique. Il est cofondateur du SMUG (Sexual Minorities Uganda, « Minorités sexuelles ougandaises »).

Biographie

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Jeunesse

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Victor Mukasa est assigné femme à la naissance et est élevé dans une famille catholique conservatrice avec 25 demi-frères et demi-sœurs nés d'un père polygame[1],[2]. Sa famille est aisée et connue à Kampala[3]. Il est le premier né de sa mère et a 2 sœurs[2].

Dès l'enfance, il comprend graduellement qu'il est attiré par les filles[1],[2],[4]. Il affirme avoir toujours su qu'il était un garçon[2],[5]. À l'adolescence, il dissimule sa poitrine et évite de porter des vêtements féminins[1],[4],[5]. Progressivement, sa mère s'habitue à son style vestimentaire, mais son père le punit violemment pour son comportement jugé trop masculin[2],[5].

Il va à l'école en pension puis étudie à l'Institut des banquiers de l'Ouganda[2].

Mukasa se sent obligé de se conformer à la norme traditionaliste dans sa jeunesse[2]. Avec sa mère, il utilise la prière pour tenter de guérir son attirance pour les femmes[2]. Il fréquente des églises pentecôtistes, mais se détourne de la religion organisée le jour où il subit un exorcisme pour le guérir de « l'esprit mâle » qui le possède[1]. Il subit à cette occasion un ou plusieurs viols correctifs et collectifs[1],[4],[5].

Lesbianisme, transidentité et âge adulte

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Suite à cette expérience traumatisante[4], il vit de manière plus authentique son identité de genre, mais est victime de discrimination à l'emploi et est régulièrement expulsé des logements qu'il loue en raison de son orientation sexuelle[2]. Sa mère est la seule personne de sa famille à accepter sa transidentité et son lesbianisme[2].

En 2005, la police ougandaise perquisitionne le domicile de Mukasa à Kampala sans mandat et confisque des documents relatifs à son activité militante. Mukasa est absent mais Yvonne Ooyo, sa conjointe, est arrêtée pour trouble à l'ordre public (disorderly conduct), détenue et victime de violences sexuelles aux mains de la police[1],[6],[7],[8],[9]. Après sa libération, Victor Mukasa se réfugie en Afrique du Sud, avec l'aide d'Amnesty International[9], jusqu'en 2007[4].

Il retourne en Ouganda en 2007, juste assez longtemps pour porter plainte contre l'État pour l'arrestation d'Yvonne[9]. Il s'exile en Afrique du Sud l'année suivante[4].

Il a plusieurs enfants[5].

En 2013, il obtient l'asile aux États-Unis[10].

Militantisme

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Victor Mukasa s'engage dans le mouvement LGBT en Afrique de l'Est dès 2002. En 2003, il passe à la radio et s'exprime sur le suicide de Paula Rwomushana, une jeune femme lesbienne suite à la découverte, à l'école, de ses lettres d'amour à une camarade[3]. Un mois plus tard, son discours à la radio et son portrait sont diffusés dans Redpepper, un journal de presse people ougandais[3]. Outé de force, il se résigne à devenir militant professionnel[3].

Il co-fonde le SMUG[6],[7],[11.1] et contribue au lancement d'autres groupes, notamment l'ONG Freedom and Roam en 2003[1],[12] et African Defenders[11.2].

En 2006, Mukasa s'engage contre les fondamentalistes chrétiens qui excluent les personnes LGBT des campagnes de sensibilisation sur le sida, et qui cherchent à décourager l'usage du préservatif[3].

En 2007, de retour d'Afrique du Sud, Mukasa tient une conférence de presse sur les droits LGBT. Il dépose ensuite une plainte où il conteste, au nom des droits de l'Homme et de la Constitution ougandaise, la détention d'Yvonne, ainsi que les violences policières qu'elle a subies à cette occasion[13],[8]. En décembre 2008, la Cour Suprême d'Ouganda donne raison à Mukasa et statue que la législation relative aux droits de l'Homme s'applique à tous les citoyens, y compris à la communauté LGBT[1],[6],[11.1],[14]. C'est une victoire historique qui garantit les droits constitutionnels des personnes LGBT par jurisprudence, malgré la criminalisation de l'homosexualité[8],[9].

Il s'exile ensuite en Afrique du Sud où il travaille avec la Commission internationale des droits de l’homme des gays et lesbiennes à partir de 2007[11.2],[12],[14], et retourne régulièrement en Ouganda pour soutenir les activistes locaux[11.3]. A travers cette ONG, Mukasa organise des conférences qui rassemblent des militants du continent africain, et qui permettent la création d'organismes de lutte pour les droits des personnes trans en Ouganda, au Kenya, au Botswana et en Namibie[14].

En juin 2009, Victor Mukasa est nommé grand maréchal international de la Marche des fiertés de Toronto[14].

En 2010, il participe à l'organisation de la première conférence d'activistes trans au sein de l'Afrique lusophone, au Mozambique[11.3].

En 2011, il travaille pour la Coalition des lesbiennes africaines à Johannesbourg[4].

En 2022, Il co-fonde le site internet Trans Intersex History (« Histoire trans et intersexe ») qui regroupe les archives digitales des lieux et personnalités trans et intersexes qui ont façonné l'histoire LGBT du continent[15],[16].

Annexes

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Articles connexes

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Références

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(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Victor Mukasa » (voir la liste des auteurs).
  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 (en) Jeff Sharlet, « Straight Man’s Burden », Harper's Magazine,‎ (lire en ligne)
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 (en) « Lesbian life in Africa is not so gay » [archive du ], sur African Woman and Child Feature Service
  3. 1 2 3 4 5 (en) Wendy Glauser, « Straight and Narrow. Homophobia ensnares Uganda’s leading gay-rights advocate », The Walrus,‎ (lire en ligne)
  4. 1 2 3 4 5 6 7 (en) Glynnis Underhill, « The tide of intolerance must turn », Mail & Guardian,‎ (lire en ligne)
  5. 1 2 3 4 5 (en) « LGBT in Uganda », sur BBC,
  6. 1 2 3 (en) « Justice at last for Victor Juliet Mukasa! », OMCT. SOS-Torture Network,‎ (lire en ligne)
  7. 1 2 (en) Amnesty International, « Uganda: Intimidation of lesbian and gay activists »,
  8. 1 2 3 (en) « A Pioneer’s Legacy: Celebrating Victor Mukasa », Kuchu Times,‎ (lire en ligne)
  9. 1 2 3 4 (en) « Lesbian couple takes the bull by the horns after attack », Nation Africa,‎ (lire en ligne)
  10. ↑ (en) Carla Babb, « Fear Drives African Gays to Seek Asylum in US », VOA News,‎ (lire en ligne)
  11. (en) Ryan R. Thoreson, Transnational LGBT Activism: Working for Sexual Rights Worldwide, University of Minnesota Press, (lire en ligne Accès limité)
    1. 1 2 p.127
    2. 1 2 p.64
    3. 1 2 p.75
  12. 1 2 « La peur règne en maître en Ouganda », ADHEOS,‎ (lire en ligne)
  13. ↑ (en) Sokari Ekine, « 'Maroon the gays': Ugandans facing a barrage of discrimination », New Internationalist,‎ , p.33
  14. 1 2 3 4 (en) Chris Jai Centeno, « Uganda's Most Wanted », The Advocate,‎ (lire en ligne)
  15. ↑ (en) « About us », sur Trans Intersex History (consulté le )
  16. ↑ (en) « Activists launch website to document trans and intersex African history », Rights Africa,‎ (lire en ligne)