Victor Petitgrand
Victor Petitgrand, est un architecte diocésain et architecte en chef des monuments historiques français du XIXe siècle, surtout connu pour ses travaux au Mont-Saint-Michel, où il a reconstruit la tour-clocher surmontée d'une flèche gothique, et a choisi Emmanuel Frémiet pour réaliser la statue de l'archange saint Michel placée à son sommet[1].
| Victor Petitgrand | |
Signature de Victor Petitgrand | |
| Présentation | |
|---|---|
| Naissance | Lingèvres (Calvados) |
| Décès | (à 56 ans) 16e arrondissement de Paris |
| Nationalité | |
| Activités | Architecte |
| Œuvre | |
| Réalisations | Mont-Saint-Michel |
| Distinctions | Chevalier de la Légion d'honneur |
| modifier |
|
Biographie
modifierVictor Petitgrand, déclaré à sa naissance Jean Louis Victor Petitgrand, naît le chez ses grands-parents maternels, à Lingèvres (Calvados), de Louis Jean-Baptiste Petitgrand, drapier à Elbeuf et de son épouse Pauline Lepage[2],[3].
Ses parents s'installant à Levallois-Perret[4], il devient, à Paris, élève de l'architecte Anatole de Baudot[5], qui a lui-même été formé par Eugène Viollet le Duc. Il l'initie à la restauration des monuments historiques médiévaux.
Il se marie le à Paris (18e) avec Marie Caroline Itam, qui lui donnera trois enfants[2].
Il décède à Paris (16e) le [2], et est inhumé avec son épouse au cimetière du Montparnasse.
Carrière
modifierIl entame ensuite une longue carrière d'architecte diocésain et d'architecte en chef des monuments historiques (« ACMH »). Ses nominations successives le conduisent à[1],[6],[7] :
- 1880 : Saint-Claude, en remplacement d'Auguste Comoy
- 1880 : Viviers, en remplacement de Maximilien Mimey
- 1883 : Le Puy, en remplacement d'Anatole de Baudot
- 1886 : Sées (Orne), où il succède à Victor Ruprich-Robert
- 1889 : Le Mont-Saint-Michel, en remplacement d'Édouard Corroyer[6],[8]
- 1890 : ville de Toulouse, en remplacement d'Anatole de Baudot
- 1896 : Coutances (Manche), en remplacement de Sainte-Anne Auguste Louzier
- 1897 : ACMH des départements du Puy-de-Dôme, de la Haute-Loire, de l'Ardèche, de la Lozère, de l'Aveyron, du Tarn, de la Haute-Garonne, ainsi que de Versailles
Pendant ses séjours en Auvergne, il entretient ou restaure les monuments suivants :
- la cathédrale Notre-Dame du Puy
- l'abbatiale Saint-Robert de La Chaise-Dieu[2]
- l'abbatiale Saint-Austremoine d'Issoire
- la basilique Notre-Dame d'Orcival
- les églises de Chamalières, Courpière, Chauriat, Culhat, Mailhat, Augerolles, Plauzat[9]
- divers édifices civils à Billom, Besse-et-Saint-Anastaise[9]
- après la mort de Louis-Clémentin Bruyerre, il achève la protection du temple de Mercure du puy de Dôme[6]
- Cathédrale N-D du Puy. Réfection de la couverture de la coupole. Dessin de V. Petitgrand (1883)
- Cathédrale N-D du Puy. Vue d'ensemble
- Issoire. Église Saint-Austremoine
- Puy de Dôme. Ruines du temple de Mercure
En Normandie, il applique son art à :
- l'abbaye du Mont-Saint-Michel : entre 1889 et 1897, compte tenu des dommages causés par le temps et la foudre, il démonte, reconstruit et renforce la tour-clocher centrale en style néo-roman et la pourvoit d'une flèche néogothique surmontée de la statue de l'archange saint Michel qu'il commande au sculpteur Emmanuel Frémiet[10],[11],[12]
- Tour clocher
- Flèche et son archange
- Statue de Saint-Michel
- l’église Notre-Dame de Sainte-Marie-du-Mont (Manche)[6]
- l'église Notre-Dame de Pontorson[13]
- la chapelle du séminaire de Coutances[14]
- la cathédrale Notre-Dame de Sées[1],[2]
En Occitanie et dans son voisinage, son œuvre concerne principalement le musée des Augustins de Toulouse et la chapelle du Prieuré d'Albagnanet (Rochegude)[9].
Documents conservés dans des collections publiques
modifierLa plupart de ses dessins et plans se trouvent :
- à la Médiathèque du patrimoine et de la photographie (MPP)[15]
- ou à l'Académie d'architecture[16]
- ou encore aux archives départementales de la Manche[17]
Distinctions
modifier- 1880 : médaille de troisième classe au salon de 1880[7]
- 1886 : médaille de deuxième classe au salon de 1886
- 1889 : médaille de première classe à l'Exposition universelle de 1889[18]
Chevalier de la Légion d'honneur (décret du )[18]
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 MPP Médiathèque du patrimoine et de la photographie, « Personnalité du mois : Victor Petitgrand (1841-1898) », sur mediatheque-patrimoine.culture.gouv.fr (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 Base généalogique Roglo, « Victor Petitgrand », sur roglo.eu (consulté le ).
- ↑ Archives départementales du Calvados, « État civil - Lingères : Naissances, Mariages, Décès, 1823-1843 », Acte de naissance de Petitgrand Louis Victor, 5MI14, sur archives.calvados.fr (consulté le ), p. 458.
- ↑ Base généalogique Roglo, « Ascendants de Victor Petitgrand : Jusqu'aux parents », sur roglo.eu (consulté le ).
- ↑ Benezit, « Petit-Grand, Louis Victor », sur oxfordartonline.com (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 La Compagnie des architectes en chef des monuments historiques, « Les architectes : Jean-Louis-Victor Petitgrand », sur compagnie-acmh.fr (consulté le ).
- 1 2 École des chartes, « Architectes diocésains : Petitgrand Victor, Louis », sur elec.enc.sorbonne.fr (consulté le ).
- ↑ Gustave Dubouchet, L'abbaye du Mont St-, Paris, P. Lethielleux, , 297 p. (OCLC 301294231, BNF 30360762, lire en ligne), p. 257.
- 1 2 3 Ministère de la Culture - POP (Rechercher "Petitgrand"), « Petitgrand : 45 notices », sur pop.culture.gouv.fr (consulté le ).
- ↑ Henri Decaëns, « La silhouette du Mont-Saint-Michel », Le Monde, (lire en ligne, consulté le ).
« Entre 1889 et 1897, Petitgrand a entièrement reconstruit la tour centrale de l'église ; il l'a ensuite dotée de l'élégante flèche néogothique qui contribue à donner au Mont sa magnifique silhouette actuelle. »
- ↑ Coline Pain, « Restauration de l’archange du Mont-Saint-Michel : Depuis 2013, le Centre des monuments nationaux a entrepris une vaste campagne de restauration de l’abbaye du Mont-Saint-Michel. Le tour est venu pour l’archange de passer entre les mains des spécialistes. », Connaissance des arts, (lire en ligne, consulté le ).
« Commandée au sculpteur Emmanuel Frémiet par l’architecte Victor Petitgrand, la statue de l’archange saint Michel domine l’abbaye du haut de sa flèche depuis 1897. »
- ↑ Joêlle Chevé, « Mont et mille ans de merveilles », Historia, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Archives de la Manche (Rechercher "Petitgrand" et lieu "Pontorson"), « 3 résultats », sur archives-manche.fr (consulté le ).
- ↑ Académie d'architecture, « Louis Petitgrand : Projet de reconstruction de la chapelle du séminaire de Coutances (juillet 1857) » (Catalogue des collections 1750-1900), sur conservation.academie-architecture.fr (consulté le ).
- ↑ GrandPalais RmnPhoto (Rechercher "Petitgrand"), « Résultats pour Petitgrand », sur images.grandpalaisrmn.fr (consulté le ).
- ↑ Académie d'architecture, « Collections du 19e : Louis Petitgrand », sur conservation.academie-architecture.fr (consulté le ).
- ↑ Archives de la Manche (Rechercher "Petitgrand"), « 7 résultats », sur archives-manche.fr (consulté le ).
- 1 2 Archives nationales – Base de données Léonore, « Petitgrand Jean Louis Victor », sur leonore.archives-nationales.culture.gouv.fr (consulté le ).
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Gustave Dubouchet, L'abbaye du Mont St-, Paris, P. Lethielleux, , 297 p. (OCLC 301294231, BNF 30360762, lire en ligne), p. 257
- Exposition universelle de 1900 à Paris, Catalogue des expositions des monuments historiques et de l'exposition des édifices diocésains, Paris, Chamerot et Renouard, , 154 p. (OCLC 461455715, BNF 34089612, lire en ligne [PDF]), p. 26, 34-36, 52, 153
- Jean-Paul Brighelli, Entre ciel et mer, le Mont Saint-Michel, Gallimard, coll. « Découvertes Gallimard » (no 28), , 192 p. (ISBN 978-2-07-053042-7, OCLC 1009515161), p. 162
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Archives conservées par : Archives nationales (F/19/7232, c-8bnlg6tqn-1iwqyk4tvbiry)
- Ressources relatives à l'architecture :
- Ressources relatives aux beaux-arts :
- Ressource relative à la vie publique :