Victor Zan
Vittorio Zanetti, né à Oneglia en Ligurie le et décédé en 1940 à l'âge de 81 ans, est un dessinateur-sculpteur d'origine italienne qui a fait sa carrière en France[1],[2].
Biographie
modifierLe sculpteur Vittorio Zanetti, connu sous son nom francisé de Victor Zan, est un fils du couple Laurent Zan & Annette Binone[3]. Après des études au lycée de Lugano et un apprentissage en sculpture sur pierre et marbre, il entre à 18 ans à l'Académie royale de Turin en 1877. Quatre ans plus-tard, il s'installe à Saint-Étienne où il est accueilli dans l'atelier d'Anselme Decarli[4], professeur à l'École des arts industriels de Saint-Étienne. Sous le nom de Victor Zan[3], il participe à sa première exposition en France au Salon de la Société lyonnaises des beaux-arts (SLBA) de 1888 en présentant un buste, Médée[5]. Veuf de Émile Antonioli décédée à Turin le 6 aôut 1894, il se remarie à Saint-Étienne le avec Françoise Zibetta. Après avoir travaillé ensuite chez Madinier[4] à Saint-Étienne , il ouvre un atelier de sculpture et marbrerie en Haute-Loire au Puy en Velay, en 1922 où il réside quelques années[6].
L'artiste n'a cependant pas oublié ses racines italiennes. À l'Exposition internationale de Milan de 1906, où il est consultant pour l'organisation du pavillon français[7], il obtient le diplôme "di Benemerenza" (mémoire civique)[8] pour son histoire biographique de la colonie italienne dans le département de la Loire[9]. En 1910 il renouvellera sa participation lors de l'Exposition internationnale de Turin[10].
Décédé en 1940 à l'âge de 81 ans, il a fini ses jours semble-t-il dans la pauvreté.
Œuvre
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Dans la première partie de sa carrière de sculpteur, Victor Zan a surtout réalisé des bustes-portraits de personnalités locales ou de la statuaire à caractère religieux (Ecce Homo) avant de s'orienter vers des oeuvres plus monumentales. Dans cette ville de Saint-Étienne où l'activité minière est omniprésente, la misère et la condition ouvrière des mineurs lui ont été une source d'inspiration pour plusieurs bas-reliefs : Un deuil (1890), Les victimes du grisou*[11] (1891), Sous la mine (1894), La grève et ses conséquences*[11] (1905). Ces oeuvres sont conservées dans les locaux de la Bourse du travail de Saint-Étienne.
En 1905, un projet d'une sculpture monumentale, La source de la Loire, destinée à être installée au Mont Gerbier des Joncs, lui est commandée. Faute de financement il est abandonné, seule la maquette*[11] est conservée au musée Crozatier au Puy-en-Velay avec aussi une statuette La mobilisation* (1914) et une La ville du Puy, une allégorie de la dentelle*[11] (~1900)[12].
(* oeuvres répertoriées dans la base Joconde du patrimoine français)
Notons également Une allégorie de la charité réalisée en 1926 sur le tympan de l'hôpital de la Charité à Saint-Étienne.
Après la première guerre mondiale, ce sont principalement des sculptures de pierre pour des monuments funéraires (monuments aux morts d'Allègre (1922) et de Mazerat-Auroure en Haute Loire) ou des plaques commémoratives en bronze qui lui sont commandées, comme celle dédiée au géographe Jules Garnier (1905)[13].

Victor Zan est également un dessinateur-illustrateur. En 1926 il remporte le premier prix au concours d'illustration organisé par l'Union des Inventeurs et artistes industriels de la Loire[14],[15]. Des estampes de portraits de quelques uns de ses amis chansonniers, Jean Chapelon, Joseph Maissiat, illustrent l'ouvrage de Jean-François Gonon (1906), Histoire de la chanson stéphanoise et forézienne[16].
Expositions
modifierVictor Zan a participé aux expositions de la Société lyonnaise des beaux-arts entre 1888 et 1891 où il obtient une médaille d'argent[17], puis en 1898 et 1899, ainsi qu'à l'exposition universelle organisée à Lyon en 1894[5]. A Paris il a été présent au Salon de la Société des artistes français en 1903 avec le buste Ecce Homo et 1905 ave le bas relief La Grève et ses conséquences[18].
Distinctions
modifier- 1904 : Officier d'académie[19].
- 1924 : Officier de l'instruction publique[20].
Notes et références
modifier- ↑ Emmanuel Bénézit, Dictionnaire critique et documentaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, Tome III , L - Z, Paris, Ernest Gründ, , p. 1095
- ↑ Jacques Beauffret, Dictionnaire des artistes foréziens du XIXè siècle, Ceysson, , 231 p. (ISBN 978-2-916-37385-0), p. 220,221
- 1 2 Archives municipales de Saint-Etienne, Saint-Etienne, Mariages, 1895, n° 231, vue 79/383
- 1 2 Muriel Decitre-Demirtjis, Le cimetière du Crêt de Roch, Saint-Etienne, Arts graphiques, (ISBN 978-2-36883-001-7)
- 1 2 Dominique Dumas, Gérard Bruyère, Jacques Foucart, Salons et expositions à Lyon, 1786-1918, Tome III, Dijon, L'Echelle de Jacob, (ISBN 978-2-913-22471-1), p. 1335
- ↑ Journal des débats politiques et littéraires, 08/08/1902, p2/4
- ↑ Le Stéphanois, 14 décembre 1905
- ↑ Mémorial de la Loire et de la Haute Loire, 9 novembre 1906
- ↑ (it) Vittorio Zanatti, Riassunto generale illustrato e cenni biografi abreviati., Saint-Etienne, Imprimerie Théolier - J. Thomas et Cie,
- ↑ Mémorial de la Loire et de la Haute Loire, 16 mai 1910
- 1 2 3 4 « Base Joconde du patrimoine français » (consulté le )
- ↑ Catalogue du musée Crozatier, Le Puy, Régis Marchessou, , p. 120
- ↑ Mémorial de la Loire et de la Haute Loire, 20 juillet 1905
- ↑ Mémorial de la Loire et de la Haute Loire, 29/07/1926
- ↑ Henry Luaire (Préface), L'Union des inventeurs et dessinateurs artistiques de la Loire, son histoire, son oeuvre, ses expositions, Saint-Etienne, S. Chaudrin, , 20 p.
- ↑ Jean-François Gonon, Histoire de la chanson stéphanoise et forézienne (réédition), Roanne, Editions Horvath, , 545 p. (ISBN 2-7171-0120-9, lire en ligne), p. 3, 20, 29, 259, 336, 383, 386, 474,
- ↑ Le Saut public, 26 mars 1891
- ↑ Musée d'Orsay, « Base documentaire, Salons 1673-1914 » (consulté le )
- ↑ Journal officiel du 21 décembre 1904
- ↑ Journal officiel du 6 juin 1924.