Victor de Ravenne
Victor est un évêque catholique de Ravenne, actif pendant la guerre des Goths et la reconquête impériale de l'Italie. En , lors de la prise de Ravenne par les troupes impériales de Bélisaire et du rétablissement de liens politiques avec Constantinople, il manifeste son soutien à l'autorité impériale. Ce changement de contexte modifie l'équilibre confessionnel local : l'Église catholique se trouve renforcée, tandis que le clergé arien, auparavant soutenu par la cour gothique, perd ses appuis.
| Victor de Ravenne | ||||||||
| Biographie | ||||||||
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| Décès | ||||||||
| Évêque de l'Église catholique | ||||||||
| Évêque de Ravenne | ||||||||
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Biographie
modifierD'après Agnellus, Victor consacre une part importante de son action à l'équipement liturgique de la basilique Ursienne (attribuée à l'évêque Ours) : il fait remplacer l'ancien dais au-dessus de l'autel par un dais en argent, commande des vases liturgiques, et fait réaliser une nappe d'autel en soie lourde, de couleur or et écarlate, ornée d'images incluant le Christ et l'évêque, destinée au service pascal et datée de la cinquième année de son épiscopat (542–543)[1]. Son activité est également associée à la restauration des thermes attenants au palais épiscopal et à des inscriptions commémoratives ; un calendrier de marbre lié au calcul de la date de Pâques selon le cycle de dix-neuf ans attribué à Cyrille d'Alexandrie est parfois rattaché à son épiscopat[2].
Victor est enfin associé au chantier de la basilique Saint-Vital, commencé sous Ecclésius. Une hypothèse historiographique propose que, dans l'intervalle entre la reprise de Ravenne () et le départ du général Bélisaire (), la décision d'intégrer les portraits de Justinien et Théodora au décor ait été prise dans un contexte de célébration de la reconquête impériale, Victor figurant alors à proximité de l'empereur sur le panneau impérial[3],[4]. Cette représentation aurait toutefois été retouchée lors de l'achèvement du programme décoratif, l'archevêque Maximien ayant repris une partie de la figure ; l'empreinte la plus assurée de Victor dans la basilique se limiterait surtout à des monogrammes sur les chapiteaux du déambulatoire[4],[5]. Dans le récit d'Agnellus, l'épiscopat de Victor est aussi associé à l'arrivée de la grande peste du VIe siècle, dite peste de Justinien, qui s'accompagne à Ravenne de famine, de tensions et de divisions au sein de la communauté chrétienne[6].
Notes et références
modifier- ↑ Herrin 2023, p. 193.
- ↑ Herrin 2023, p. 194.
- ↑ Herrin 2023, p. 200-201.
- 1 2 (en) Maria Cristina Carile, « Piety, Power, or Presence? Strategies of Monumental Visualization of Patronage in Late Antique Ravenna », Religions, vol. 12, no 2, , p. 98 (ISSN 2077-1444, DOI 10.3390/rel12020098, lire en ligne [archive du ], consulté le )
- ↑ Herrin 2023, p. 202.
- ↑ Herrin 2023, p. 209.
Bibliographie
modifier- Judith Herrin, Ravenne : Capitale de l'empire, creuset de l'Europe, Passés composés, (ISBN 978-2-3793-3962-2).