Viï ou le Diable
Viï ou le Diable (parfois écrit - erronément - Vij ou le Diable), d'abord sorti sous le titre Viy (Вий), est un film d'épouvante fantastique soviétique réalisé par Konstantine Ierchov et Gueorgui Kropatchiov en 1967, produit par la société de production cinématographique nationale Mosfilm. Adapté d'un récit fantastique de Nicolas Gogol, il est un des rares exemples de film d'épouvante en Union soviétique.
| Titre original |
Вий Viï |
|---|---|
| Réalisation |
Konstantine Ierchov Gueorgui Kropatchiov |
| Scénario |
Alexandre Ptouchko Konstantine Erchov Gueorgui Kropatchiov |
| Acteurs principaux |
Leonid Kouravliov Natalia Varley |
| Sociétés de production | Mosfilm |
| Pays de production |
|
| Genre | film d'épouvante fantastique |
| Durée | 78 minutes |
| Sortie | 1967 |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
Synopsis
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Après avoir reçu la bénédiction du recteur, les joyeux et facétieux séminaristes du monastère partent en vacances. Khaliava, Khoma et Gorobets, en rentrant à pied chez eux, rencontrent une très vieille fermière qui accepte à contre-cœur de les héberger pour la nuit. C'est une sorcière qui ne va pas tarder à faire prendre le « baptême de l'air » à Khoma. Avec le secours de ses prières, il s'en sort et se venge en rouant de coups la sorcière qui se transforme en ravissante jeune fille mais inanimée. Épouvanté, Khoma retourne au monastère où on lui apprend que Pannochka, la fille d'un célèbre sotnik qui possède une ferme à 50 verstes de Kiev, a été retrouvée agonisante. Le recteur exige qu'il aille la veiller et dire les prières de circonstance.
Arrivé au village où elle se trouve, il apprend qu'elle est morte. En la voyant, il reconnaît celle qu'il avait laissé inconsciente sur le chemin et malgré tous ses efforts on l'oblige à la veiller pendant trois nuits.
La première nuit, alors que Khoma est laissé seul avec le défunt dans l'église, des événements étranges se produisent : une larme sanglante apparaît sur le visage de Pannochka et les bougies elles-mêmes s'éteignent. Se croyant victime d'un accident, Khoma commence à lire le psautier. Soudain, la sorcière sort du cercueil et commence à chercher Khoma, mais celui-ci se défend en traçant à la craie un cercle magique sur le sol. La sorcière ne peut ni le voir ni le traverser et, au premier cri du matin du coq, elle retourne dans le cercueil.
Les habitants soupçonnent que la défunte était une sorcière et demandent à Khoma s'il a vu quelque chose d'étrange. Khoma n'ose pas leur répondre, mais décide de n'avoir peur de rien et de poursuivre les nuits de veille. Après s'être enivré, le deuxième soir, il trace immédiatement un cercle magique, mais la sorcière commence alors à voler autour de l'église dans un cercueil, en essayant de briser le cercle avec celui-ci. Furieuse de ses échecs, la sorcière jette un sort à Khoma, qui devient aveugle avec des cheveux grisonnants. Khoma est impatient d'entendre le premier chant du coq du matin.
En état de choc, Khoma réclame des musiciens et des danses, ce qui ne fait que réjouir les paysans, qui remarquent que le séminariste a désormais les cheveux gris. Reprenant ses esprits, il se rend chez le sotnik et lui déclare qu'il ne lira plus le psautier. Ce dernier menace de châtier cruellement le séminariste avec une nagaïka en cuir. Khoma s'enfuit alors, mais les habitants le ramènent de force et l'enferment dans l'église.
La troisième nuit, Pannochka appelle à l'aide toutes les mauvais esprits telles les goules, les oupyrs et les vampires, mais Khoma se sent en sécurité dans le cercle. Elle ordonne alors de faire venir Viy, la seule des forces maléfiques à pouvoir voir à travers le cercle. Les paupières de Viy se soulèvent, il pointe son doigt vers Khoma et le mauvais esprit se jette sur le malheureux. Au cri de coq, la force maléfique disparaît, Khoma est retrouvé mort et la sorcière, mourante, redevient une vieille femme.
Quelque temps plus tard, dans le monastère, les séminaristes discutent de ces événements. L'un d'eux explique à un autre pourquoi Khoma est mort - parce qu'il avait peur. Son camarade, lui, ne croit pas à cette histoire.
Fiche technique
modifier- Titre original : Вий
- Titre français : Viï ou le Diable (ou Vij ou le Diable)[1],[2],[3] ou Viy[4]
- Réalisation : Konstantine Ierchov et Gueorgui Kropatchiov
- Scénario : Alexandre Ptouchko, Konstantine Ierchov et Gueorgui Kropatchiov d'après Viï de Nicolas Gogol
- Musique : Karen Khatchatourian
- Direction d'orchestre : Emin Khatchatourian
- Direction artistique (et réalisateur des trucages) : Alexandre Ptouchko
- Décors : Nikolaï Aleksandrovitch Markine (ru)
- Costumes : Roza Satounovskaïa [5]
- Masques : Sarra Iakovlevna Mokil (ru)
- Photographie : Viktor Leonidovitch Pichtchalnikov [6] et Fiodor Fiodorovitch Provorov (ru)
- Son : Evgueni Kachkevitch [7] et Irina Stoulova [8]
- Montage : Reguina Pessetskaïa [9] et Tamara Zoubova [10]
- Production : Studios Mosfilm de Moscou
- Société de production : Mosfilm
- Pays de production :
Union soviétique - Langue originale : russe
- Format : couleur – 1.37:1 – 35 mm – mono
- Genre : film d'épouvante fantastique
- Durée : 78 minutes
- Date de sortie :
- Union soviétique :
- France : (1re sortie cinéma) ; (version restaurée en DVD)
Distribution
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- Leonid Kouravliov : Khoma Brout, un séminariste confronté au Démon
- Natalia Varleï : Pannotchka, la jeune fille morte que doit veiller Khoma
- puis par ordre alphabétique
- Borislav Brondoukov : un séminariste
- Stepan Chkourat (ru) : Iavtoukh
- Alexandra Denissova (ru) : une paysanne
- Alekseï Glazyrine : le riche marchand sotnik, le père de la jeune fille
- Nikolai Iakovtchenko (ru) : Spirid
- Nikolaï Leonidovitch Ioudine (ru) : un moine
- Lioubov Andreïevna Kalioujnaïa [11] : une paysanne
- Dmitri Kapka (ru) : Overko
- Viktor Kolpakov (ru) : un paysan
- Zakhar Vassilievitch Kondratov : goule (vampire femelle)
- Nikolaï Koutouzov (ru) : Vedma, la vieille sorcière
- Mikhaïl Kramar (ru) : un séminariste
- Margarita Krinitsyna (ru) : Gafiïka [12]
- Aleksandr Lebedev (ru) : un séminariste
- Elena Petrovna Mouratova (ru) : une marchande
- Dmitri Orlovski (ru) : un paysan
- Nikolai Panassiev (ru) : Saint Esprit consolateur
- Anna Pavlova (ru) : une paysanne
- Klara Roumianova : la voix de Pannotchka
- Vladimir Salnikov (ru) : Gorobets
- Grigory Sotchevko (ru) : Stépan
- Sergueï Aleksandrovitch Stepanov [13] : Viï, le démon
- Sergueï Grigorievitch Vaniachkine [14] : le joueur de flutiau
- Piotr Veskliarov (ru) : 1er rôle : le recteur du séminaire. 2e rôle : Doroch
- Boris Vesselov (ru) : goule (vampire femelle) à deux nez
- Vadim Zakhartchenko (ru) : Khaliava
Production
modifierDe précédentes adaptations du classique de Gogol avaient déjà été tournées, en 1909 une version avait été tournée par Vassili Gontcharov au studio Pathé à Moscou, et une par Ladislas Starewitch en 1916.
L'idée de l'adaptation cinématographique de Viï revient à Ivan Pyriev, directeur du studio Mosfilm. Ce n'est que par manque de temps qu'il a proposé de tourner le film à deux étudiants des Cours supérieurs de formation des scénaristes et réalisateurs. Le directeur du cours, Leonid Trauberg, nomme Konstantine Ierchov et Gueorgui Kropatchiov.
L'ordre émis par Viï : « Soulevez-moi les paupières ! » (sans quoi il ne voit rien) est devenu une expression proverbiale en russe pour signifier qu'on est dans un état de somnolence, d'ennui etc. Dans le film, Viï dit « Поднимите мне веки! », alors que dans le texte originel de Gogol la forme était légèrement différente : « Подымите мне веки! »
Attribution des rôles
modifierAleksandra Zavialova (ru) a d'abord été retenue pour le rôle de Pannochka (Iola Sanko (ru), Svetlana Korkochko (ru) et Janna Bolotova ont également été auditionnées). Mais au cours du tournage, et sur l'insistance de Pyriev, Zavialova a été écartée du rôle au profit de Natalia Varley. Selon une autre version, le futur mari de Zavialova, le réalisateur Rezo Esadze (ka), aurait exigé qu'elle renonce au rôle[15].
Des artistes de cirque et des athlètes, dont Boris Veselov (ru)[16], ont été invités à participer au film. L'interprétation du Viï est confiée à l'artiste de cirque et acrobate Sergueï Aleksandrovitch Stepanov. Pour contraster avec la foule, plusieurs nains sont présents. Les maquillages et masques des mauvais esprits ont été conçus par Sarra Mokil.
Tournage
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Le tournage a eu lieu dans trois églises orthodoxes en Ukraine soviétique : dans l'église en bois de la Vierge Marie du village de Horokholyne Lis (uk), district de Bohorodtchany, oblast d'Ivano-Frankivsk (incendiée le , selon la version officielle, à la suite d'une violation des règles d'installation et de fonctionnement du système électrique[17], à sa place a été construite en 2008 l'église de l'Assomption au dôme d'or en briques rouges[18]), dans l'église Saint-Georges (uk), une église cosaque en bois construite sans un seul clou en 1745 dans le village de Sedniv (oblast de Tchernigov), et dans le monastère de l'Assomption d'Eletski à Tchernigov.
Les scènes filmées sur place ont déçu la direction de Mosfilm, car elles s'avéraient selon eux « trop réaliste ». Il a été décidé de faire appel à un célèbre réalisateur et scénariste de films d'animation, Alexandre Ptouchko. En conséquence, une grande partie des scènes filmées par Ierchov et Kropatchiov n'ont pas été utilisées, et un certain nombre d'idées n'ont pas été concrétisées. L'allure du Viï a également été modifiée (selon l'idée de Kropachev et Ershov, Viï devait ressembler à un sotnik). Un certain nombre de scènes ont été réinterprétées et tournées à nouveau. Ptouchko a créé le costume du Viï, développé son design et conçu la mécanique de ses doigts[19].
Exploitation
modifierLe film sort le en Union soviétique[20]. Il trouve son public, avec 32,6 millions d'entrées pour 761 copies dans le pays[21].
Accueil critique
modifier« [...] contrairement aux œuvres américaines qui traitent du satanisme en choisissant toujours le camp des religieux, Viï a la particularité de proposer une opposition entre le bien et le mal plus ambiguë. Respectant le texte anticlérical de Gogol, les auteurs décrivent notamment les membres du clergé comme des êtres pleutres, avides, gloutons et largement portés sur la boisson. [...] Alors que le spectateur s’attend à un classique combat entre les forces démoniaques et celles du bien, Viï décrit surtout la peur qui étrangle le jeune héros, ainsi que sa tendance à noyer celle-ci dans l’alcool.[...] Toutefois, ce qui séduit avant tout dans Viï ou le diable n’est pas tant le discours un peu daté que la mise en forme des manifestations démoniaques. Esthétiquement superbe, le long-métrage bénéficie notamment de magnifiques décors en studio, d’effets spéciaux plutôt séduisants bien qu’artisanaux et d’une conception amusante des créatures. »
— Virgile Dumez sur le site cine-dweller[3]
Dans «Le Nouveau Guide des films», tome 5 édité par Robert Laffont dans la collection «Bouquins», Guy Bellinger écrit :«Il s'agit là du premier film d'horreur réalisé en URSS. Ce n'est pas le plus terrifiant jamais tourné dans le genre mais en dépit d'effets spéciaux rudimentaires, les trois nuits passées par Khoma dans la chapelle ardente à repousser les assauts du démon Viy ne laissent pas indifférents. Le film a un charme supplémentaire, son incessante irrévérence envers ces apprentis moines : ils sont délicieusement farceurs, fainéants, ivrognes et égoïstes (quand Khoma le froussard prie, c'est invariablement pour son propre compte, pas pour l'âme en peine qu'il a pour mission de sauver des griffes de Satan). De la belle ouvrage : Gogol, l'auteur de la nouvelle originale, n'a pas dû se retourner dans sa tombe».
Vidéo
modifierViï ou le Diable sort en DVD/Blu-ray + livret le édité par Artus Films, en plus du livret L'épouvante selon Nicolas Gogol (64 pages), l'édition comprend le module De l'écrit aux écrans avec Stéphane Derderian et Christian Lucas (18'), une galerie d'affiches, des photos et un film-annonce.
Remake
modifierUne nouvelle version a été réalisée en 3D en 2014 sous le titre La Légende de Viy (réalisation d'Oleg Steptchenko (ru)).
Remarque
modifierDans les traductions, Sergueï Grigorievitch Vaniachkine serait cornemuseur. À la 56e minute du film environ, on voit qu'il joue avec un flutiau.
Notes et références
modifier- (ru) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en russe intitulé « Вий (фильм, 1967) » (voir la liste des auteurs).
- ↑ « Vij ou le Diable », sur kinoglaz.fr
- ↑ « Vij ou le Diable », sur cinematheque.qc.ca
- 1 2 Virgile Dumez, « Vij ou le diable (Viy) : la critique du film (1972) », sur cinedweller.com
- ↑ « Viy », sur encyclocine.com
- ↑ https://www.kinopoisk.ru/name/2008876/
- ↑ https://www.kino-teatr.ru/kino/operator/ros/25470/works/
- ↑ https://ru.kinorium.com/name/5075517/
- ↑ https://www.km.ru/kino/encyclopedia/stulova-irina
- ↑ https://www.kinopoisk.ru/name/2008875/
- ↑ https://www.kinopoisk.ru/name/2004987/
- ↑ https://www.kino-teatr.ru/kino/acter/w/sov/13018/works/
- ↑ https://www.kinopoisk.ru/name/277156/
- ↑ https://www.kino-teatr.ru/kino/acter/m/star/759645/works/
- ↑ https://www.kino-teatr.ru/kino/acter/m/sov/673/works/
- ↑ (ru) « Проклятие "Вия". Героев советского фильма ужасов преследовали беды », sur life.ru
- ↑ (ru) « Борис Веселов, заслуженный тренер РСФСР », sur amur.info (version du sur archive.org)
- ↑ (ru) « На Украине сгорела церковь, где являлся Вий », sur lenta.ru
- ↑ (uk) « Успенська церква, Горохолин Ліс », sur ua.igotoworld.com
- ↑ (ru) « Монолог мастера cпецэффектов », sur prague-express.cz
- ↑ (ru) M. I. Pavlova, V. P. Borovkov, M. I. Pavlova et V. P. Borovkov, « Советские художественные фильмы » [« Longs métrages soviétiques »], Аннотированный каталог (1966—1967), Moscou, Нива России, , p. 143 (ISBN 5-88289-005-5)
- ↑ (ru) « Премьеры: Вий », sur kinopoisk.ru