Villa Foscari
La villa Foscari, également appelée « La Malcontenta », est une villa veneta sise près de Mira, en Vénétie, conçue par l'architecte Andrea Palladio (1508-1580).
| Type | |
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| Partie de |
Vicenza et Villas de Palladio en Vénétie (en) |
| Fondation | |
| Style | |
| Architecte | |
| Matériau |
laterizio (d), marbling (en) et pierre d'Istrie |
| Surface |
58 700 m2 (patrimoine mondial) |
| Propriétaire |
Antonio Foscari (d) (depuis ) |
| Patrimonialité | |
| Site web |
(it + en) www.lamalcontenta.com |
| Site du Bien |
Vicenza et Villas de Palladio en Vénétie (en) |
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| Identifiant | |
| Année d'inscription |
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| Coordonnées |
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Histoire
modifierLa villa fut construite entre 1550 et 1560 pour les frères Nicolò et Alvise Foscari[1] ; Nicolò mourut l'année même de la fin de la construction.
Elle est de style palladien. L'architecte Andrea Palladio remet au goût du jour, durant la Renaissance, les villas inspirées de la Rome antique. Au sujet de l'entrée avec fronton et colonnes, son propriétaire Antonio Foscari explique en 2025 : « Avant la villa Foscari, au XVIe siècle, personne n’avait osé ériger un portique sur une habitation privée. Seuls les édifices sacrés en disposaient »[1].
Elle fut abandonnée ensuite pendant des siècles et se délabra peu à peu. Pendant la Première Guerre mondiale, elle accueille un hôpital militaire ; par la suite, elle sert d’étable, de hangar à grain et d'atelier de forgeron[1].
En 1924, le dandy Albert Clinton Landsberg, l'aristocrate Catherine d'Erlanger et le collectionneur Paul Rodocanachi, qui forment un ménage à trois, s'installent à la villa, qu'ils font rénover. Elle est alors fréquentée par « un cénacle de grandes fortunes, d’esprits brillants et d’excentriques sans cause » note Le Monde, le créateur des Ballets russes Serge de Diaghilev, l'écrivain Paul Morand, le compositeur Cole Porter ou encore la marquise Luisa Casati[1].
En 1927, Winston Churchill y vient pour étudier le port industriel de Marghera. En 1934, Anthony Blunt s'y rend pour enquêter sur le rapprochement italo-allemand, alliance que soutient Giuseppe Volpi, visiteur régulier de la villa[1].
Le film Casanova 70 (1965) y a été tourné ; on peut y observer de gros globes terrestres, qui font toujours partie du mobilier de la villa. Le film Le Marchand de Venise (2004) se sert aussi de la villa comme lieu de tournage[1].
En 1938, Landsberg quitte l'Italie pour le Brésil, puis les États-Unis. Après la guerre, il revient une fois dans la villa, puis la lègue au baron Claud Phillimore. Revenue ensuite dans la famille de ses bâtisseurs, Antonio Foscari en devint propriétaire en 1973[1].
Cette villa unique, ainsi que vingt-trois autres et le centre historique de la ville de Vicence, sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO[1].
Au fil des siècles, la villa a vu passer plusieurs personnalités, comme Henri III de France, Charles III du Royaume-Uni, François Mitterrand ou encore l'émir d'Abou Dhabi. De nombreux architectes également : Zaha Hadid, Le Corbusier, Frank Gehry, Renzo Piano, Rem Koolhaas et Norman Foster[1].
Architecture
modifierL'édifice en bossage lisse, divisé en trois ordres par de légères saillies, présente côté canal de la Brenta un pronaos ionique soutenu par une base solide. On y accède par deux rampes d'escaliers latéraux.
À l'intérieur, la salle en forme de croix grecque est illuminée sur le côté Sud par une grande fenêtre thermale.
- La façade arrière de la villa.
La serre. - Puits dans le jardin de buis.
- Puits de la roseraie.
Décoration intérieure
modifierLa décoration intérieure de la Malcontenta est due à Giovanni Battista Zelotti, et dans une moindre mesure, à Battista Franco. La majorité des sujets est de caractère mythologique, selon les coutumes des cycles de villas vénitiennes du XVIe siècle.
Certaines pièces présentent une décoration grotesque, peintes par Bernardino India[2]. Un des éléments du décor est une citation des peintures grotesques du château de Fontainebleau. Elles y ont été introduites par Victor Grimani, érudit et ami des Foscari qui, pendant des années, était résident à la cour de France.
La villa abrite une statue du doge Francesco Foscari[1].
Références
modifierBibliographie
modifier- Article anonyme, « "La Malcontenta", un palais restauré en Vénétie » (Maison et Jardin no 259 / -, p. 144 à 151, ill.).
- (en) Antonio Foscari, Tumult and Order. Malcontenta 1924-1939, Lars Muller Publishers, 2012.
