Vincenzo Trione
Vincenzo Trione, né le à Sarno, est un historien de l'art, critique d'art, commissaire d'exposition et universitaire italien. Professeur d'art et médias et d'histoire de l'art contemporain à l'Université IULM de Milan, il consacre ses recherches aux avant-gardes des XXe et XXIe siècles et aux études visuelles. Il assure le commissariat du pavillon italien de la 56e exposition internationale d'art de la Biennale de Venise en 2015 et dirige l'Encyclopédie Treccani de l'art contemporain. Depuis juin 2026, il préside la fondation de la Triennale de Milan.
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Université IULM |
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Chevalier de l'ordre du Mérite de la République italienne (2020) |
Biographie
modifierFormation et parcours universitaire
modifierVincenzo Trione naît à Sarno, dans la province de Salerne, en 1972[1]. Il est professeur d'art et médias, enseigne également l'histoire de l'art contemporain et coordonne le doctorat en Visual and Media Studies à l'Université IULM de Milan[2]. Il collabore de façon régulière au quotidien Corriere della Sera[3].
Commissariats et fonctions institutionnelles
modifierTrione est nommé commissaire de la 14e édition de la Quadriennale de Rome en 2003, puis directeur général de la manifestation Valencia 09-Confines. Pasajes de las artes contemporaneas en 2009[4]. Il dirige de 2013 à 2021 le département de recherche et de formation du musée d'art contemporain Madre de Naples[5].
En 2014, le ministre de la Culture Dario Franceschini le nomme curateur du pavillon italien de la Biennale de Venise, à l'issue d'une sélection réunissant plusieurs candidats ; sa proposition s'intitule Codice Italia[6]. Présenté lors de l'édition 2015, le pavillon réunit une quinzaine d'artistes de générations différentes autour d'une réflexion sur l'identité italienne[7]. Trione partage le commissariat du pavillon avec Federica Galloni[8],[9].
En 2020, il est nommé président de l'école des biens et des activités culturelles rattachée au ministère de la Culture[10]. À partir de 2022, il est conseiller à la programmation muséale et à l'art contemporain auprès du maire de Naples, Gaetano Manfredi, dans le cadre du programme d'art public Napoli Contemporanea[11].
Présidence de la Triennale de Milan
modifierLe , le conseil d'administration de la fondation de la Triennale de Milan élit Vincenzo Trione à sa présidence, succédant à l'architecte Stefano Boeri au terme d'un mandat de huit ans[12]. Lors de sa prise de fonction, il indique vouloir poursuivre la ligne engagée par son prédécesseur, tout en élargissant le dialogue entre architecture, design, art contemporain, musique et sciences[13]. Maria Adele Porro est nommée vice-présidente et Carla Morogallo est confirmée dans ses fonctions de directrice générale[14]. Lors de sa première intervention publique, Trione compare la Triennale à la Biennale de Venise : selon lui, la première réunit les disciplines quand la seconde les organise en sections autonomes[15].
Direction éditoriale
modifierTrione est directeur général de l'Encyclopédie Treccani de l'art contemporain, présentée comme la première encyclopédie italienne consacrée à l'art contemporain à l'échelle internationale. Elle adopte une approche phénoménologique et couvre la période allant de 1900 à 2021[16]. Il a par ailleurs assuré l'édition critique de recueils d'écrits sur l'art de plusieurs auteurs du XXe siècle[17].
Recherche et thématiques
modifierLes travaux de Trione relèvent des visual studies, un champ qui croise histoire de l'art, histoire du cinéma et des médias, études culturelles, sociologie et esthétique. Il étudie les correspondances entre peinture, photographie, cinéma et littérature, et analyse le système des langages contemporains à l'époque de l'avant-garde et de la néo-avant-garde[18]. Il consacre plusieurs monographies à des figures des avant-gardes du XXe siècle, parmi lesquelles Guillaume Apollinaire, Ardengo Soffici et Giorgio de Chirico[19].
Dans un entretien de 2023, il désigne l'historien de l'art Giulio Carlo Argan comme sa principale référence méthodologique et défend une lecture de l'art contemporain fondée sur ses liens généalogiques avec le passé[20].
Réception critique
modifierLes ouvrages de Trione ont suscité des lectures contrastées de la part de la critique. Dans une recension de L'opera interminabile (2019) publiée dans Il Sole 24 Ore, l'historien de l'art Salvatore Settis décrit l'auteur comme un guide qui accompagne le lecteur dans l'art du XXIe siècle ; il relève toutefois le caractère provisoire et subjectif du « canon » proposé[21]. Dans Il Foglio, l'artiste Ugo Nespolo souligne la complexité de la construction de ce « musée transparent » : il en salue l'ambition théorique, tout en jugeant parfois hypothétiques certains rapprochements[22].
Certaines de ses initiatives curatoriales ont donné lieu à des débats. Le projet Napoli Contemporanea a fait l'objet de discussions médiatiques, notamment autour d'œuvres installées dans l'espace public napolitain[23]. Ses prises de position sur l'état de la critique d'art en Italie, qu'il juge affaiblie au profit de la figure du commissaire, ont également nourri le débat[24]. Son ouvrage Rifare il mondo. Le età dell'avanguardia (2025) propose une relecture de la notion d'avant-garde et de ses prolongements contemporains[25].
Distinctions
modifierEn 2020, Vincenzo Trione est nommé chevalier de l'ordre du Mérite de la République italienne par le président Sergio Mattarella[26]. Son essai Effetto città. Arte cinema modernità (2014) reçoit le prix Rome en 2015[27].
Publications
modifier- (it) Il poeta e le arti. Apollinaire e il tempo delle avanguardie, Milan, Guerini e Associati, , 217 p. (ISBN 9788878029446)
- (it) Dentro le cose. Ardengo Soffici critico d'arte, Turin, Bollati Boringhieri, (ISBN 9788833913469)
- (it) Atlanti metafisici. Giorgio de Chirico : arte, architettura, critica, Milan, Skira, (ISBN 9788876244100)
- (it) Le città del silenzio. Giorgio de Chirico : architettura, memoria, profezia, Milan, Skira, , 128 p. (ISBN 9788857201245)
- (it) Effetto città. Arte cinema modernità, Milan, Bompiani, , 829 p. (ISBN 9788845273346)
- (it) Contro le mostre, Turin, Einaudi, , 184 p. (ISBN 9788806234041) (avec Tomaso Montanari (it))
- (it) L'opera interminabile. Arte e XXI secolo, Turin, Einaudi, , 588 p. (ISBN 9788806237738)[28]
- (it) Artivismo. Arte, politica, impegno, Turin, Einaudi, , 232 p. (ISBN 9788806248925)
- (it) Prologo celeste. Nell'atelier di Anselm Kiefer, Turin, Einaudi, (ISBN 9788806257064)
- (it) Rifare il mondo. Le età dell'avanguardia, Turin, Einaudi, , 592 p. (ISBN 9788806256715)
Contributions à des ouvrages collectifs
modifier- Vincenzo Trione, « Icônes du silence », dans Barbara Rose, Gladys Fabre, Christopher K. Ho, Vincenzo Trione, Le monochrome. De Malevitch à aujourd'hui, Paris, Éditions du Regard, , 240 p. (ISBN 9782841051809)
- (en) Vincenzo Trione, « Icons of Silence », dans Barbara Rose, Gladys Fabre, Christopher K. Ho, Vincenzo Trione, Monochromes: From Malevich to the Present, Berkeley, University of California Press, , 240 p. (ISBN 9780520249370)
Notes et références
modifier- ↑ « Triennale de Milan, Vincenzo Trione élu président de la Fondation », sur finestresullarte.info, (consulté le )
- ↑ (en) « Trione Vincenzo », sur iulm.it (consulté le )
- ↑ (it) « Trione, Vincenzo », sur treccani.it (consulté le )
- ↑ (en) « Triennale Milano, Vincenzo Trione elected president of the foundation », sur finestresullarte.info, (consulté le )
- ↑ (en) « Vincenzo Trione », sur madrenapoli.it (consulté le )
- ↑ (en) « Vincenzo Trione Chosen To Curate 2015 Italian Pavilion At Venice Biennale », sur artlyst.com, (consulté le )
- ↑ « Biennale de Venise 2015 : pourquoi tant d'artistes au Pavillon italien ? », sur inferno-magazine.com, (consulté le )
- ↑ « Expositions Nationales, Biennale d'Art de Venise 2015 », sur e-venise.com (consulté le )
- ↑ « La Biennale de Venise 2015, 56e biennale d'art contemporain », sur et-alors.org (consulté le )
- ↑ (it) « Cultura, Mibact: Trione nuovo presidente della Scuola dei beni e delle attività culturali », sur cultura.gov.it (consulté le )
- ↑ (it) « Le polemiche sull'opera di Gaetano Pesce a Napoli. Intervista al curatore Vincenzo Trione », sur artribune.com, (consulté le )
- ↑ (it) « È Vincenzo Trione il nuovo presidente della Triennale Milano: le prime dichiarazioni », sur artribune.com, (consulté le )
- ↑ (it) « Vincenzo Trione è il nuovo Presidente della Triennale Milano. Le prime dichiarazioni », sur exibart.com, (consulté le )
- ↑ (en) « Who is Vincenzo Trione, the new president of Triennale Milano after the Boeri era », sur domusweb.it, (consulté le )
- ↑ (en) « Vincenzo Trione, Triennale Milano: a machine for innovation », sur startupbusiness.it, (consulté le )
- ↑ (it) « L'arte contemporanea in 3200 pagine: intervista a Vincenzo Trione », sur exibart.com, (consulté le )
- ↑ (en) « Vincenzo Trione », sur consulenzeditoriali.it (consulté le )
- ↑ (en) « Trione Vincenzo — Research lines », sur iulm.it (consulté le )
- ↑ (en) « Vincenzo Trione », sur johanandlevi.com (consulté le )
- ↑ (it) « L'intervista a Vincenzo Trione sul futuro e l'avanguardia », sur artribune.com, (consulté le )
- ↑ (it) « Nel museo « senza mura » », sur ilsole24ore.com (consulté le )
- ↑ (it) « Il museo trasparente », sur ilfoglio.it, (consulté le )
- ↑ (it) « Vincenzo Trione. Perché non sappiamo più leggere il modernismo », sur artslife.com, (consulté le )
- ↑ (it) « Dov'è la critica, oggi? Un dialogo con Vincenzo Trione intorno a Armi improprie », sur espoarte.net, (consulté le )
- ↑ (it) « Intervista a Vincenzo Trione sul suo ultimo libro », sur artribune.com, (consulté le )
- ↑ « Triennale de Milan, Vincenzo Trione élu président de la Fondation », sur finestresullarte.info, (consulté le )
- ↑ (it) « I vincitori del Premio Roma 2015 », sur ansa.it, (consulté le )
- ↑ (it) « L'opera interminabile, Vincenzo Trione », sur einaudi.it (consulté le )