Violence en France
La violence en France concerne les actes de violence commis en France.
Mesures
modifierLa violence est un enjeux politique majeur et souvent sujette a débats au seins des médias. Sa mesure est donc aussi sujette à ces enjeux. Parmi les thèmes qui explique l'intérêt des Francais sur cette questions on peut citer la sécurité, la délinquance, les manifestations[1]. La puissance publique tend à criminaliser ou la pathologiser les violences politiques, ce qui est est frein à leur compréhension et à leur gestion. Ceci impacte aussi les statistiques issues des institutions étatiques[1].
De nombreuses sources reposant sur des méthodologies variées existent. Les sources étatiques et judiciaires sont tributaires du contexte politique et des catégories juridiques utilisées. Ainsi, elles ne permettent pas, à elles seules, de mesurer l’évolution de la violence réelle. Pour ce faire, des enquêtes directement menées auprès de la population peuvent être réalisées : il s’agit des enquêtes de victimation[2].
L’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) recueille les deux types de données et produit régulièrement des rapports depuis 2007[2].
D'autres approches se basent sur l'analyse statistique de grandes quantités d'articles de presse[1].
Évolution
modifierAu cours des trente dernières années (1986-2020), les violences politiques (militantisme de droite ou de gauche, terrorisme) auraient principalement visé des biens plutôt que des personnes. Les formes de violence les plus meurtrières seraient le terrorisme islamiste et l’indépendantisme corse. D’un point de vue quantitatif, l’indépendantisme arriverait en tête, suivi du militantisme de droite, de la gauche radicale, de l’animalisme et des mouvements religieux. La violence politique aurait globalement diminué à partir des années 1990, malgré certains événements marquants liés à la résurgence du djihadisme [1].
Sur la période 2006-2009, le nombre de ménages se déclarant victimes et le nombre de vols et tentatives de vols subis sont en baisse très significative. Le nombre de faits est passé de plus de 3 millions en 2006 à 2,8 millions en 2009. Sur les atteintes aux biens, les sondés ont déposé environ 1,5 million de plaintes en 2009, un chiffre équivalent à celui déclaré par les forces de l'ordre. Pour les violences, les femmes sont de plus en plus victimes de violences sur la voie publique[3].
En 2010, l'analyse des données de l'ONDRP montre que la violence est stable depuis 2007 et que le sentiment d'insécurité n'est pas corrélé à la fréquence des agressions[2].
En 2011, l’INSEE en partenariat avec l’ONDRP réalisent une enquête annuelle de victimation baptisée « Cadre de vie et sécurité ». Cette enquête montre une baisse des violences physiques hors ménage et sans but crapuleux en 2010. Elle souligne aussi que le principal risque n’est pas de se faire agresser mais de subir une atteinte à ses biens[4].
Sources de violences
modifierHomicides
modifierLe nombre annuel d'homicides a baissé de 1 119 en 2002 à 675 en 2010, soit une baisse de 40 %[5].
Violence des jeunes et délinquance juvénile
modifierElle est particulièrement difficile à mesurer ; les indicateurs disponibles en France sont relatifs à la violence scolaire et celle des mineurs. D'après le rapport 2010 de l'ONDRP, il y a eu environ 200 000 mineurs impliqués dans des crimes et délits entre 2009 et 2010. La part des mineurs dans les actes de délinquance et de violence a augmenté sur quarante ans passant de 14 % dans les années 1970 à 18 % en 2009[6].
Violences de genres
modifierLes femmes sont beaucoup plus exposées que les hommes aux violences sexuelles. Ces violences on lieux souvent tôt dans la vie, elles ont souvent lieux au seins des familles, dans tous les milieux sociaux. Le taux de victimation semble augmenter entre 2000 et 2006 mais cela est sûrement du à la libération de la parole[2].
Violences dans l'enfance
modifierLes violences dans l'enfance sont probablement sous déclaré (effet de mémoire). En 2007 il n'existait pas d'outil permettant d'estimer le nombre d'enfants en danger non repéré par les services de protection de l'enfance[2].
Violences politiques
modifierNotes et références
modifier- 1 2 3 4 Isabelle Sommier, Xavier Crettiez et François Audigier, Violences politiques en France: de 1986 à nos jours, SciencesPo les presses, (ISBN 978-2-7246-2730-5)
- 1 2 3 4 5 François France, Catherine Cavalin et Florence Maillochon, Violences et santé en France: état des lieux, la Documentation française, coll. « Collection Études et statistiques », (ISBN 978-2-11-008372-2)
- ↑ Moins de vols mais plus de violence, selon les victimes, Le Figaro, 22 novembre 2010.
- ↑ Le rapport de l’ONDRP dément en réalité l’augmentation des violences, article du quotidien Le Monde, du 22 novembre 2011.
- ↑ La délinquance continue à baisser, mais les agressions physiques persistent, Le Monde, 20 janvier 2011
- ↑ La difficile mesure de la violence des jeunes, slate.fr, 5 septembre 2011.
- Augmentation des vols avec violence depuis un an, Le Monde, 17 novembre 2010
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modifierBibliographie
modifier- Michel Wieviorka, Violence en France, Seuil, 1999.
- Laurent Mucchielli, Violence et insécurité : fantasmes et réalités dans le débat français, La Découverte, 2001.
- Alain Bauer, Xavier Raufer, Violences et insécurité urbaines : Les chiffres qui font réfléchir, PUF, coll. Que sais-je ?, 2002
- Michel Nassiet, La Violence, une histoire sociale: France, XVIe – XVIIIe siècles, éditions Champ Vallon, 2013.
- Maurice Berger, Sur la violence gratuite en France, L'Artilleur, 2019, 188 p.
- Maurice Berger, Faire face à la violence en France. Le rapport Berger, L'Artilleur, 2021, 172 p.