Virgilio Fernández del Real
Virgilio Fernández del Real (Larache, Maroc espagnol, - Guanajuato, ) est un infirmier qui a participé à la guerre civile espagnole en tant que préparateur dans le service de santé de l'Armée Républicaine et qui a été membre du bataillon Dombrowski, dans la XIIIe Brigade[1],[2]. En 1938 il fuit en France, où il passe deux mois enfermé au camp de concentration de Saint-Cyprien[3], jusqu'à ce qu'il réussisse à s'exiler au Mexique. Une fois là-bas, il étudie la médecine à Monterrey et s'installe à Guanajuato en 1958. Depuis lors, il reste au Mexique, exerçant comme docteur et directeur de la Maison Musée Gene Byron.
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| Décès | Guanajuato, Mexique |
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Infirmier, puis médecin |
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Il est l'un des derniers membres des Brigades internationales à mourir : seuls cinq d'entre eux étaient encore vivants en 2014[4].
Biographie
modifierPremières années
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Virgilio Fernández del Real nait dans la ville de Larache dans le Protectorat espagnol au Maroc, en 1918. Il passe son enfance à Cabra, où il arrive à l'âge de six ans et commence ses études primaires au collège des Piaristes. Il suit l'enseignement secondaire et passe le baccalauréat à l'Institut Aguilar y Eslava de Cabra, où il passe l'examen d'entrée en juin 1929, à 10 ans[5]. Le dossier littéraire de l'élève Virgilio Fernández del Real est conservé dans les archives historiques de la Fondation et Institut Aguilar y Eslava à Cabra. Il obtient le baccalauréat et le diplôme lui est remis à Madrid en 1935. Il continue ses études à l'Hôpital de la Macarena et obtient son diplôme de préparateur (ATS) à Cadix[6]. Militant des Jeunesses Communistes dès son très jeune âge et, plus tard, du Parti Communiste, il exerce comme préparateur à l'Hôpital Princesa de Madrid lorsque le soulèvement des généraux nationalistes échoue, déclenchant la guerre civile, en 1936[7].
Guerre civile espagnole
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Dès le lundi 20 juillet 1936, il commence à prendre en charge les premiers blessés de la prise de la Caserne de la Montaña. Suivant une pancarte, il se présente avec un collègue d'Alcoy à la caserne del Conde Duque, où sont recrutés les premiers hommes et où l'on réclame du personnel sanitaire. Quelques jours plus tard, Virgilio est envoyé en première ligne du front de Somosierra comme membre des Brigades internationales[8]. Pendant les 32 mois qu'il passe au front, il participe à quelques-unes des batailles les plus importantes et décisives de la Guerre civile dans son rôle d'infirmier. Il passe les premiers mois sur plusieurs fronts de la défense de Madrid en commençant par Somosierra, où une armée de volontaires et de miliciens, sans aucune expérience ni organisation, commence à se préparer pour défendre la capitale contre l'avancée des troupes nationales[9]. De là, il est déplacé à Navalperal de Pinares comme membre de la Colonne Mangada et plus tard à la gare de L'Escurial. De la défense il passe ensuite en première ligne de feu, puisque en septembre 1936 arrivent les premiers bataillons des Brigades Internationales : le Bataillon Dombrowski, la XIIe et la XIIIe. Ces unités, composées principalement de membres français, polonais et américains, l'accompagne dans les batailles de Brunete, Morata de Tajuña ou Guadalajara, où ils affrontent le Corpo Truppe Volontarie de l'Italie fasciste de Mussolini[10].
Pendant la bataille de l'Èbre, la plus sanglante de tout le conflit, Virgilio Fernández est intégré à la 35e Division Internationale, l'unité d'élite de l'Armée Républicaine. Au cours de cette bataille, il y a jusqu'à 1 000 morts par jour, dont il doit se charger avec l'équipe sanitaire dans des ambulances de la Croix-Rouge avec équipement chirurgical et, en certaines occasions, à peine à 300 mètres de la ligne de feu. Après la retraite des troupes républicaines et l'avancée définitive des nationalistes, les Brigades Internationales sont dissoutes le 23 septembre 1938 et Virgilio Fernández est envoyé à l'arrière-garde, pour se reposer. Il continue à exercer comme préparateur à l'Hôpital de San Pablo jusqu'en janvier 1939 où, lorsque les troupes franquistes encerclent Barcelone, il traverse la frontière vers la France dans une ambulance qu'il a dû voler sous la menace d'un pistolet pour sauver un groupe de blessés parmi lesquels se trouve un commissaire politique.
En France
modifierEn France, Virgilio Fernández est conduit au camp de concentration de Saint-Cyprien avec la plupart des espagnols exilés. Il y passe deux mois dans des conditions inhumaines, dans une zone entourée de barbelés, en mangeant « des lentilles avec du sable » et en dormant exposé aux intempéries ou dans des cabanes bâties par eux-mêmes. En mai 1939, Virgilio apprend par l'annonce d'un journal que sa famille le recherche et il réussit à sortir du camp et à arriver jusqu'à Évreux, en Normandie, où il retrouve sa mère et part au Mexique, en passant par Ellis Island et La Havane pour arriver à Veracruz.
Vie au Mexique et retour en Espagne
modifierSans argent ni ressources, Virgilio Fernández doit survivre jusqu'à ce que soit normalisée sa situation et qu'il obtienne un poste stable en tant que visiteur pour une pharmacienne espagnole, en même temps qu'il étudie la médecine à l'Université autonome du Nuevo León. C'est dans cette ville qu'il rencontre sa première épouse, Gene Byron, une artiste canadienne ayant la nationalité américaine qui a voyagé au Mexique dans les années 1950 pour profiter et s'inspirer du mouvement artistique qui se développait dans le pays. Elle est connue comme peintre, actrice et animatrice de feuilletons radiophoniques, et voyage avec Virgilio au sud du pays jusqu'à ce que tous les deux s'établissent à Guanajuato, où ils achètent l'ancienne propriété de Santa Anna[11],[12].
Virgilio Fernández réside dès lors à Guanajuato, exerçant comme médecin et s'impliquant politique comme militant du parti Morena (pourtant fondé en 2014). Après la mort de son épouse en 1987, Virgilio convertit son foyer en Maison Musée Gene Byron pour rendre hommage au travail de sa compagne et créer un espace culturel qui donne l'occasion à des artistes de se faire connaître[13]. En octobre 2019, dans le cadre du Festival International Cervantino, il reçoit des mains de l'ambassadeur désigné du Canada au Mexique, Graeme C. Clark, une reconnaissance pour avoir promu les relations culturelles entre le Mexique et le Canada.
Virgilio Fernández revient en Espagne à plusieurs occasions. La première en 1975, lorsque le dictateur Francisco Franco est encore en vie et la deuxième deux ans plus tard (1978), après sa mort, et passe alors une dizaine d'années dans le pays. Il y fait une autre visite en 2014 puis une fin 2017. Pendant son dernier voyage, le brigadiste reçoit la Médaille de la Liberté de la Fédération de Forums par la Mémoire et rencontre des personnalités politiques de la gauche espagnole comme le leader de Podemos Pablo Iglesias, le leader de Izquierda Unida Alberto Garzón ou la mairesse de Madrid Manuela Carmena[14]. Sa dernière visite a été en 2018, jusqu'à ce qu'il rentre à Guanajuato en avril.
Notes et références
modifierNotes
modifierRéférences
modifier- ↑ (es) Juan Miguel Baquero, « Virgilio Fernández, exbrigadista: "Los fascistas siempre han estado ahí" », sur eldiario.es, (consulté le )
- ↑ (es) « Virgilio Fernández del Real, muere el último brigadista », La Razón, (consulté le )
- ↑ (es) Saray Almazán, « Virgilio Fernández, brigadista en la Guerra Civil, volvió a nuestro país », sur Recuperando memoria, (consulté le )
- ↑ (es) Rafael Guerrero, « Uno de los últimos brigadistas vivos: "Había que tener corazón para ir a primera línea a luchar sin balas" », sur publico.es, (consulté le )
- ↑ (es) « Jiménez Montes, AR. "Virgilio Fernández del Real, uno de los últimos brigadistas, exiliado en México y de Cabra". Consultado 17/02/2020 »
- ↑ (es) « Reportaje en exclusiva: ¡Salud y República!. Virgilio Fernández del Real, un brigadista español en todas las batallas », Diari de guerra, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (es) Alejandro Torrús, « Virgilio Fernández, exbrigadista: "Hay que abrir los ojos. Tenemos que dejar de votar a los señoritos" », sur publico.es, (consulté le )
- ↑ (es) Brigadas Internacionales. Españoles, Relación alfabética de españoles enrolados en las Brigadas Internacionales, vol. 2, Centro Documental de la Memoria Histórica, Salamanque (lire en ligne), p. 17
- ↑ (es) « Pequeña historia de España », Zona Franca, (lire en ligne [archive])
- ↑ (es) « Las Brigadas Internacionales » (consulté le )
- ↑ (es) « Acerca de Gene Byron », sur museogenebyron.org (consulté le )
- ↑ (es) « Ex Hacienda », sur museogenebyron.org (consulté le )
- ↑ (es) « Acerca de Gene Byron », sur museogenebyron.org
- ↑ (es) « Ultimas jornadas de Virgilio Fernández en Madrid », sur brigadasinternacionales.org, (consulté le )