Vladimir Dahl

lexicographe russe

Vladimir Ivanovitch Dahl, ou Dal (en russe : Владимир Иванович Даль), né le à Louhansk, aujourd'hui en Ukraine, et mort le à Moscou, est un lexicographe, écrivain et folkloriste russe.

Vladimir Dahl
Portrait de Vladimir Dahl par Vasily Perov, Galerie Tretiakov.
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 70 ans)
MoscouVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom dans la langue maternelle
Владимир ДальVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
Казак ЛуганскийVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Allégeance
Formation
Faculté de médecine de l'université de Dorpat (d)
Université impériale de Dorpat (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Période d'activité
À partir de Voir et modifier les données sur Wikidata
Père
Johann Christian Dahl (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mère
Julie Adelaide Dahl (Freytag) (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Karl Ivànovitx Dal (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoints
Julie Dahl (d) (de à )
Yekaterina Sokolova (d) (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Lev Vladimirovič Dahl (d)
Olga Demidova (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Membre de
Académie des sciences de Russie
Общество любителей российской словесности (d)
Académie des sciences de Saint-Pétersbourg
Société russe de géographieVoir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions
Œuvres principales
signature de Vladimir Dahl
Signature.

Médecin de formation, il se fait d'abord connaître par des contes publiés sous le pseudonyme de « Cosaque de Lougansk », et assiste Alexandre Pouchkine à son lit de mort en 1837. Il doit surtout sa notoriété à son Dictionnaire raisonné du russe vivant (1863-1866) qui recense notamment plus de trente mille proverbes et dictons et reste un ouvrage de référence. Un pamphlet antisémite sur la prétendue pratique du crime rituel par les Juifs, longtemps présenté comme son œuvre sans que sa part dans la rédaction soit établie, a contribué à la diffusion de cette légende en Russie.

Biographie

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Vladimir Dahl est le fils de Johan Christian von Dahl, un médecin danois[1] (1764 - ) qui avait obtenu la citoyenneté russe en 1799 sous le nom d’Ivan Matveevitch Dal' (Иван Матвеевич Даль), et de Julia Adelaide Freytag, d'origine huguenote allemande et polyglotte. Il eut trois frères, Karl, Pavel et Lev, nés en 1802, 1805 et 1807. Alors que Vladimir n'avait que quatre ans, la famille s'installa à Nikolaïev.

Dahl entre en 1826 à la Faculté de médecine de l'université de Tartu (Dorpat) et devient médecin des armées en 1829. Très tôt attiré par les contes populaires, il publie en 1832 un premier recueil de contes russes sous le pseudonyme de « Cosaque de Lougansk », tiré du nom de sa ville natale. Jugé subversif par la censure, le recueil est saisi ; Dahl est tiré d'affaire par le poète Vassili Joukovski, qui le présente la même année à Pouchkine. Ses récits paraissent ensuite sous ce pseudonyme entre 1833 et 1839, et le critique Vissarion Belinski voit en lui le premier grand talent de la littérature russe après Gogol[2].

En 1833, Dahl épouse Julia André (1816-1838), une connaissance de Pouchkine. Le couple s'installe à Orenbourg, où il donnera naissance à deux enfants, Julia et Leo.

En 1838, les collections d'histoire naturelle qu'il a réunies dans la région d'Orenbourg lui valent d'être élu membre correspondant de l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg[2].

Médecin, il fait partie de l'équipe qui soigne Alexandre Pouchkine après son duel fatal de janvier 1837 ; il consigne le déroulement de son agonie et participe à l'autopsie[2].

Devenu veuf, il se remarie en 1840 avec Ekaterina Lvovna Sokolova (1819-1872), fille d'un héros de la guerre de 1812, et qui lui donnera trois filles : Maria, Olga et Ekaterina.

Il a une première attaque à l'automne 1871 ; peu avant sa mort en , il se convertit du luthéranisme à l'orthodoxie.

Il est enterré au cimetière Vagankovo de Moscou.

Lexicographe

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C'est à son Dictionnaire raisonné du russe vivant, paru en quatre tomes entre 1863 et 1866, qu'il doit la notoriété. Cette œuvre recense notamment plus de trente mille proverbes et dictons russes. Dahl élabora cet énorme ouvrage en interrogeant des soldats des quatre coins de l'Empire russe, lors de diverses campagnes militaires auxquelles il participa, ainsi qu'à l'occasion de voyages à travers le pays. Le dictionnaire de Dahl est toujours considéré comme la référence en la matière, même si une grande partie des expressions recensées est désormais devenue désuète. Alexandre Soljenitsyne (qui en a recopié des centaines de définitions sur de nombreux petits carnets alors qu'il était en relégation) et Vladimir Nabokov, notamment, en ont fait l'éloge.

Dahl avait également collecté un grand nombre de contes traditionnels russes. N'ayant pas le temps de les éditer, il les communiqua à Alexandre Afanassiev, qui les utilisa dans son célèbre recueil Contes populaires russes, publié à partir de 1855.

Pamphlet sur le crime rituel

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Vladimir Dahl a longtemps été considéré comme l'auteur d'un pamphlet intitulé Investigation sur le meurtre de bébés chrétiens, pour l'utilisation de leur sang, par les Juifs. Cette pseudo-enquête, présentée comme un rapport sur les sacrifices humains dont se rendraient coupables les Juifs, est un produit typique de l'administration russe pendant le règne répressif de l'empereur Nicolas Ier (des rapports de la même époque sur la secte des Skoptzy, qui croyaient à la purification par la castration, reprennent les mêmes accusations dénuées de fondement). On ne sait dans quelle mesure Dahl a participé à la rédaction de cet ouvrage, qui semble surtout l'œuvre d'un autre fonctionnaire du ministère de l'Intérieur, administration pour laquelle Dahl travaillait à l'époque, mais lorsque d'abord diffusé à dix exemplaires en 1844, puis republié vers 1880, le document est présenté comme l'œuvre de Dahl, entretemps décédé.

Quoi qu'il en soit, ce "rapport" antisémite fut décisif pour la propagation en Russie de la légende des crimes rituels. Il a été notamment invoqué lors de l'affaire Beilis.

Notes et références

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  1. ↑ Alain Rey, Dictionnaire amoureux des Dictionnaires, Plon, 2011 (ISBN 978-2-259-20511-5).
  2. 1 2 3 (en) František Heiser, « Interdisciplinarity as an ideal, crucial substrate for complex and original philological scientific research (the versatile V. I. Dal and his supreme philological works) », Linguistica Brunensia, vol. 70, no 2,‎ , p. 69-77 (DOI 10.5817/LB2022-2-5, lire en ligne)

Article connexe

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Liens externes

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