Vlastimil Borecký

joueur et entraineur de football

Vlastimil Borecký, surnommé Vlasta Borecky puis connu au Canada comme Patrick « V. P. » Borecky, né le à Prague (Autriche-Hongrie) et mort vers 1990, est un joueur tchécoslovaque de football, devenu entraineur, brièvement, puis professeur à l'université de Toronto.

Vlastimil Borecký
Image illustrative de l’article Vlastimil Borecký
Portrait vers 1950
Biographie
Nationalité Tchécoslovaque
Naissance
Prague (Autriche-Hongrie)
Décès c. juin 1990
Taille 1,75m[1]
Poste Milieu de terrain
Parcours senior1
AnnéesClub 0M.0(B.)
1924-1930 SK Čechie Karlín
1930 Stade rennais UC
c. 1931 FC Antibes
1931 Wiener AC 002 (0)
1931-1933 FC Bâle 040 (2)
1933-1934 Young Fellows
1934-1935 US Saint-Servan
1935 SK Čechie Karlín
1935-1938 SM Caen 0~100
1939 Cantonal Neuchâtel
Parcours entraîneur
AnnéesÉquipe Stats
1941-1942 SK Židenice
1948-1950 FC Biel-Bienne
1 Ne sont comptabilisés que les matchs en compétitions officielles, quel que soit le statut (amateur et professionnel). Les matchs amicaux ne sont pas comptabilisés.
Dernière mise à jour : 3 septembre 2025

Biographie

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Carrière dans le football

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Né le à Prague, alors en Autriche-Hongrie[2], Vlastimil Borecký commence sa carrière de joueur de football au SK Čechie Karlín, à partir de 1924 ou 1925[3]. Son club évolue de 1925 à 1930 en première division tchécoslovaque, une compétition couvrant alors Prague et la Bohême centrale, et lui joue au poste de demi centre[4].

Il profite d'une tournée de son club en Europe de l'Ouest en 1930 pour s'y faire remarquer[5]. Il joue ainsi plusieurs matchs avec le Stade rennais UC, avec plusieurs compatriotes, en fin d'année 1930[6],[7], ainsi qu'avec l'Olympique d'Antibes[5], qui se préparent à l'adoption du professionnalisme en France, puis rentre à Prague.

Une fois ses études terminées, il quitte la Tchécoslovaquie. Son premier club à l'étranger est le Wiener AC, basé à Vienne en Autriche, un des meilleurs du moment, finaliste de la Coupe Mitropa en 1931. Il ne semble cependant y jouer que deux matchs officiels[8]. Il joue ensuite au FC Bâle, en Suisse, de à , avec lequel il remporte la Coupe de Suisse en 1933, en battant en finale le Grasshopper Club Zurich (4-3)[9]. En , alors que démarre la première édition du championnat de France professionnel, son nom apparaît dans les premières listes de joueurs professionnels annoncées par l'Olympique d'Antibes[10],[11], mais le transfert de Bâle ne se fait finalement pas. Fin 1933, il rejoint le FC Young Fellows de Zurich, où il termine la saison dans le championnat suisse[12].

En 1934, Borecký signe à l'US Saint-Servan, un club français de deuxième division basé à Saint-Malo[13]. Il fait forte impression, au point d'être considéré comme le meilleur en France à son poste[14], mais son club ne termine pas la saison du fait de difficultés financières. Le club breton est aussi l'objet d'une plainte de la part de son dernier club en Suisse, le FC Young Fellows, qui avait l'engagement contractuel du joueur et qui obtient réparation[15].

À l'été 1935, après avoir rejoué quelques mois pour son club formateur à Prague[3], il revient en France et s'engage avec un autre club de deuxième division, le Stade Malherbe caennais, dont il devient vite le joueur majeur. En , il est appelé en équipe de Normandie pour affronter une sélection yougoslave. Les Normands l'emportent (6-1), Borecky est le meilleur joueur du match[16]. Le club termine cette saison à la sixième place en championnat et atteint les huitièmes de finale en Coupe de France.

En , le « très bon demi-centre caennais » est contacté par les dirigeants du Havre AC qui ambitionnent de monter en première division, mais les dirigeants caennais refusent de le laisser partir[17]. Il s'avère finalement que le joueur a signé des engagements avec les deux clubs : l'un, avec le club caennais, prévoyant une prime cachée sous la forme d'une voiture, ce qui est interdit ; l'autre, avec le club havrais, dépassant la limite de salaire autorisée. Les deux clubs et le joueur s'en tirent avec des blâmes, et le joueur poursuit sa carrière à Caen pendant les deux saisons suivantes[18]. Nommé capitaine, il seconde l'entraîneur Maurice Cottenet lors sa troisième saison en Normandie, en 1937-1938[19]. Il écope d'une amende de 500 francs et d'une mise à pied pendant quinze jours le après la parution dans la presse d'une lettre dénigrant ses dirigeants et ses coéquipiers[20] ; sanction dont il fait appel et qui est réduite finalement à une amende de 300 francs[21]. Le club, en difficulté financière, ferme en fin de saison sa section professionnelle[5],[22], il est dans un premier temps placé sur la liste des transferts payants au mois de juin[1] puis libres en [23].

Libre, Borecký est en contact avec plusieurs clubs français, la presse citant notamment Valenciennes, Saint-Étienne[24] et Mulhouse, il joue même un match avec ce dernier club[25] ; il repart finalement dans sa ville d'origine Prague pour y être ingénieur[26]. Il s'engage finalement en au FC Cantonal Neuchâtel[27], en Suisse, avec lequel il joue la fin de la saison 1938-1939 en deuxième division[28]. Son équipe perd son barrage de montée face au FC Saint-Gall[29]. Il travaille encore, comme joueur ou comme encadrant, en Italie puis dans le club d'Arsenal à Londres[30], puis rentre en Tchécoslovaquie. Il arrête sa carrière de joueur en 1941[31].

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est l'entraîneur du SK Židenice lors du championnat de Bohême-Moravie de 1941-1942[32],[33]. Il publie à cette époque un livre sur le football intitulé Ceska kopaná[34] (en français : « football tchèque »).

Fuyant la Tchécoslovaquie après le coup d'État communiste de 1948, il trouve refuge en Suisse, où il devient l'entraîneur du club suisse de Biel-Bienne de à 1950[30],[35], d'abord comme entraineur par intérim lors de la saison 1948-1949 puis comme titulaire pour la saison 1949-1950[31]. À l'été 1950, il fait savoir dans la presse française qu'il cherche un poste d’entraîneur[36], en vain. Sa carrière dans le football semble s'arrêter là.

Vie civile

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En 1931, Vlastimil Borecký est diplômé de l'Université technique de Prague comme ingénieur mécanique[34]. Les années suivantes, en parallèle de sa carrière de footballeur, il conserve une activité civile. En France il déclare notamment avoir été employé de Renault entre 1934 et 1936[34]. Parfaitement francophone, il poursuit ses études et obtient un nouveau diplôme à l'université de Caen[37]. Il obtient aussi son brevet de pilote aviateur[38] lors de son passage à Caen.

Rentré en Tchécoslovaquie pendant la Seconde Guerre mondiale, Borecký travaille dans l'usine d'armement et de machines-outils Zbrojovka à Brno, où il est responsable de la vente des outils. En 1944 il travaille pour Klöckner en tant qu'ingénieur, puis se met à compte à partir de 1945 en tant agent d'import-export[34].

Il quitte la Tchécoslovaquie peu après le putsch de février 1948 car, déclare-t-il, il refuse de prendre sa carte au parti communiste, ce qui le met en danger[34]. Il se réfugie en Suisse, où habitent ses enfants, sans pouvoir y travailler, et ouvre un dossier à l'Organisation internationale pour les réfugiés[34]. Il y précise son impressionnante disposition pour les langues étrangères, puisqu'en plus du tchèque, sa langue maternelle, et du français, il maîtrise l'anglais, l'allemand, l'italien, l'espagnol et le suédois. Il déclare initialement son souhait d'émigrer en Australie[34], mais c'est au Canada qu'il est finalement autorisé à s'installer. Il y part en avec son fils aîné[39]. Son épouse Vera et ses deux autres enfants les rejoignent en 1952.

La famille s'installe à Toronto. Il y poursuit des études en ingénierie civile et en 1961, il est autorisé à être ingénieur dans la province de l'Ontario par association professionnelle des ingénieurs[40] . Il obtient un doctorat d'ingénierie à l'Université de Toronto[37], qui l'engage ensuite comme professeur associé en 1963. Il opte pour le prénom Patrick[41], ou Pat, et, dans le cadre universitaire, les initiales « V. P. »[37]. Une notice le concernant est écrite par les services de la StB, la police secrète tchécoslovaque, en 1956[42]. En 1963-1964, il est détaché un an à l'Université de l'Illinois[37]. Il prend sa retraite en 1978[43] et serait mort en [45].

Palmarès et statistiques

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En tant que footballeur, Vlastimil Borecký ne remporte qu'un titre officiel, la Coupe de Suisse en 1933 avec le FC Bâle.

Sur la quinzaine d'années que dure sa carrière, il dispute notamment cinq à six saisons en première division tchécoslovaque (meilleur classement : sixième, en 1928 et 1929[46]), trois saisons en première division suisse (meilleur classement : deuxième de groupe, en 1933[47]), et quatre saisons en deuxième division du championnat de France (meilleur classement : sixième, en 1936[48]).

Avec le FC Bâle, il dispute 73 matchs, dont 40 matchs en championnat[28]. Au SM Caen, pendant trois saisons, il joue pratiquement tous les matchs, soit 96 rencontres de championnat et huit en coupe de France. On peut estimer que sur sa carrière, il dispute de l'ordre de 300 matchs officiels, ainsi qu'un nombre important d'autres matchs de gala et de tournée, indispensables à cette époque aux clubs pour équilibrer leurs finances.

Notes et références

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  1. 1 2 « Première liste des transferts payants : Stade Malherbe Caennais », Football, (lire en ligne)
  2. « Hledani v seznamu zajmovych osob StB », sur www.svazky.cz (consulté le )
  3. 1 2 « 1. fotbalová liga v číslech », sur statistiky1ligy.fotbal.cz (consulté le )
  4. Le poste central du 2-3-5 en vigueur alors, qui correspondrait aujourd'hui à un milieu de terrain axial.
  5. 1 2 3 Ouvrage collectif, 100 ans d'Esprit Malherbe : L'encyclopédie du SM Caen, Myths, , 477 p. (ISBN 978-2-7466-6439-5), p. 91
  6. Archives départementales du Calvados, 604W/50, dossier Borecky. Son passeport est valable en France du 13 septembre 1930 au 13 septembre 1932
  7. « Grand match international », sur Gallica, L'Ouest-Éclair, (consulté le )
  8. « Fussball in Österreich Fussball Statistik Wiener AC 1931/32 », sur www.austriasoccer.at (consulté le )
  9. (en) « Switzerland Cup Details », RSSSF (consulté le )
  10. « Les joueurs professionnels licenciés en France », sur Gallica, Football (hebdomadaire), (consulté le )
  11. « Ceux qui sont professionnels (1/) », sur Gallica, L'Auto-vélo, (consulté le )
  12. (de) « dbFCZ | Vlastimil «Vlasta» Borecký », sur dbFCZ – Die Spiele des FC Zürich (consulté le )
  13. « Vlasta Borecky », sur soccerdatabase.eu (consulté le )
  14. « Le Mémorial », sur Gallica, (consulté le )
  15. « Football : le seul hebdomadaire français exclusivement consacré au football / directeur Marcel Rossini », sur Gallica, (consulté le )
  16. « Une belle victoire des Léopards de Normandie », Match - l'intran, (lire en ligne)
  17. L'Ouest Eclair 1936/04/04 (Numéro 14394) (Gallica)
  18. « Football : le seul hebdomadaire français exclusivement consacré au football / directeur Marcel Rossini », sur Gallica, (consulté le )
  19. « Stade Malherbe : 1934, la première expérience pro », Ouest-France, (consulté le )
  20. « Malherbe », Journal de Caen, (lire en ligne)
  21. « Affaire V. Borecky contre Stade Malherbe Caennais », Football, (lire en ligne)
  22. « Malherbe a 100 ans : nos 3 équipes du siècle ! », Tendance Ouest, (consulté le )
  23. « Douzième liste des transferts libres : Stade Malherbe Caennais », Football, (lire en ligne)
  24. « Papotages », Journal de Caen, (lire en ligne)
  25. « Sochaux gagne mais Mulhouse fait bonne impression », L'Auto, (lire en ligne)
  26. « Normandie », Sporting, (lire en ligne)
  27. « FOOTBALL Match de coupe suisse Bienne-Cantonal », La sentinelle, (lire en ligne)
  28. 1 2 Verein "Basler Fussballarchiv”, « Vlastimil 'Vlasta' Borecky », Verein "Basler Fussballarchiv” (consulté le )
  29. « Switzerland 1938/39 », sur www.rsssf.org (consulté le )
  30. 1 2 « Un homme que les Biennois doivent connaître : Vlastimil Borecky », Journal du Jura, (lire en ligne)
  31. 1 2 « Interview mit Ing. Vlastimil Borecky dem wetzen Immer des FU. Biel », Bieler Tagblatt, (lire en ligne)
  32. « Když se Tišnov dotýkal velkého fotbalu - 2/1 | www.tisnoviny.cz », sur www.tisnoviny.cz (consulté le )
  33. « 1. fotbalová liga v číslech », sur statistiky1ligy.fotbal.cz (consulté le )
  34. 1 2 3 4 5 6 7 « Recommendation for employment », Organisation internationale pour les réfugiés,
  35. (en) « Vlastimil Borecky - Manager profile », sur www.transfermarkt.co.uk (consulté le )
  36. « L'Équipe : le stade, l'air, la route », sur Gallica, (consulté le )
  37. 1 2 3 4 (en) General Engineering Newsletter, University of Illinois, (lire en ligne)
  38. « À l'Aéro-club de Caen », Ouest-Éclair, édition de Caen, (lire en ligne)
  39. « Correspondence and nominal roles, done at Bremen-Grohn: transport by ship (ANNA SALEN); transit countries and final destinations: Canada », sur Arolsen Archives (consulté le )
  40. « Miscellaneous notes », The Ontario Gazette, (lire en ligne)
  41. « UIHistories Project: Board of Trustees Minutes - 1964 », sur UIHistories Project Repository (uihistories.library.illinois.edu) (consulté le )
  42. « Hledani v seznamu zajmovych osob StB », sur www.svazky.cz (consulté le )
  43. University of Toronto Archives & Records Management Services, Bulletin, vol. 31 iss. 31, (lire en ligne)
  44. (en) « Vera Borecky Obituary | Toronto Star », sur obituaries.thestar.com (consulté le )
  45. Information obtenue de sa petite-fille Irene Borecky. Son épouse Vera Borecky apparaît seule sur l'annuaire de la ville en 1993 et meurt veuve en 2008[44].
  46. « Czechoslovakia / Czech Republic - List of League Tables », sur www.rsssf.org (consulté le )
  47. « Switzerland Final League Tables of the Nationalliga A and B 1930-2000 », sur www.rsssf.org (consulté le )
  48. « France - List of Final Tables Second Level », sur www.rsssf.org (consulté le )

Liens externes

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