Vline-Buggy
Liliane Konyn, dite Buggy puis Vline-Buggy, est une parolière française, née le dans le 16e arrondissement de Paris et morte dans la nuit du au .
| Nom de naissance | Liliane Konyn |
|---|---|
| Naissance |
Paris 16e |
| Décès | (à 97 ans) |
| Nationalité | française |
| Activité principale | parolière |
| Genre musical | chanson |
Elle débute sous le pseudonyme de Buggy, écrivant en duo avec sa sœur, Évelyne Yvonne Konyn (1926-1962) dite Vline. Après la mort prématurée de celle-ci, elle combine leurs pseudonymes pour poursuivre sa carrière sous le nom de Vline-Buggy.
Biographie
modifierFamille
modifierÉvelyne Yvonne et Liliane Konyn, nées respectivement en 1926 et le 2 mai 1929 sont les filles du parolier Georges Konyn dit Géo Koger (1894-1975), qui travaille notamment avec Vincent Scotto (écrivant par exemple le texte de J'ai deux amours chanté par Joséphine Baker, ou encore La Java bleue pour Fréhel et pour un film de Claude Orval)[1],[2]. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la famille, d'origine juive, doit quitter Paris ; quelques membres (une grand-mère et une tante des deux jeunes femmes) meurent dans les camps de concentration nazis[1].
Carrière dans la chanson
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En 1946, sous les pseudonymes de Vline et Buggy, elles se lancent à leur tour dans l'écriture de chansons, après la Seconde Guerre mondiale[1].
Elles écrivent notamment pour Georges Ulmer (Nicole, L'Amour et l'Argent), Anny Gould (Je crois rêver), Yves Montand (Le Puits), Luis Mariano (Encore) avant de se tourner à la fin des années 1950 vers la nouvelle génération des yéyés. Elles adaptent entre autres plusieurs chansons de Cliff Richard pour Les Chats sauvages : C'est pas sérieux (Theme for a Dream), Sous le ciel écossais (When the Girl in Your Arms), Laisse-moi rire (Lessons in Love) et Au moins huit jours (Please Don't Tease).
Après la mort d'Évelyne
modifierÉvelyne tombe malade et meurt en [1],[3]. Liliane continue alors sous leurs pseudonymes réunis : « Vline-Buggy »[1],[3].
Elle entre la même année aux éditions Tropicales. Le directeur, Rudy Revil, lui demande alors d’adapter une chanson américaine, Made to Love des Everly Brothers. Après avoir modifié le « Rien, rien, rien » de sa première version en « Belles, belles, belles », la chanson est enregistrée par Claude François, devenant le premier succès d'une longue collaboration[4] comprenant plus de soixante-dix chansons dont Si j'avais un marteau[4] (1963), La Ferme du bonheur (1964), Le Jouet extraordinaire[4] (1966) et C'est comme ça que l'on s'est aimé (1977), et interrompue par une fâcherie avec le chanteur en 1967[1], puis par la mort du chanteur en 1978.
En 1964, elle adapte avec Hugues Aufray Le Pénitencier[1] pour Johnny Hallyday. Deux ans plus tard, Hugues Aufray enregistre une chanson refusée par Claude François et Richard Anthony, et qui devient l'un de ses plus grands succès : Céline[1],[4]. En 1968, ils cosignent deux autres tubes du chanteur : Adieu monsieur le professeur et Le Petit Âne gris[1].
Parmi les autres grands succès de Vline-Buggy (qui ne parle pas anglais), on peut citer en 1963 Biche, ô ma biche pour Frank Alamo comme adaptation de Sweets for My Sweet[1], La vie commence à soixante ans pour Tino Rossi, Les Bals populaires[4], Et mourir de plaisir et J’habite en France[4] pour Michel Sardou.
En 1971, Vline-Buggy met un studio d'enregistrement à la disposition du compositeur Michel Pelay et du jeune Alain Chamfort. C'est là qu'ils produisent des chansons pour Sylvie Vartan, Sheila, Nicoletta, Hervé Vilard, Petula Clark, etc..
En 1973, sa chanson Tu te reconnaîtras, interprétée par Anne-Marie David et composée par Claude Morgan, remporte le grand prix du Concours Eurovision de la chanson pour le Luxembourg.
Vline-Buggy contribue également à la popularité de Linda de Suza (Le Portugais, Les Œillets rouges) et d'Herbert Léonard (Pour le plaisir[4], Amoureux fous[4] avec Julie Pietri).
Retraite et mort
modifierChansons
modifierPour Claude François
modifier(par ordre chronologique)
- Belles ! Belles ! Belles ![n 1] (Made to love « Girls, girls, girls » des Everly Brothers, musique de Phil Everley), 1962
- Marche tout droit[n 1] (Walk right in de Gus Cannon et Hosea Woods), 1963
- Pauvre petite fille riche[n 1], musique de Hubert Giraud, 1963
- Si j'avais un marteau[n 1] (If I Had a Hammer, de Lee Hays et Pete Seeger), 1963
- La Ferme du bonheur (Mockingbird Hill de Les Paul, Mary Ford, de V. Horton, adaptation musicale de René Rouzaud), 1964
- Donna Donna[n 1], musique de S. Secunda, 1964
- Je sais[n 1], musique de Claude François et Gérard Gustin, 1964
- Geordie[n 1] (d'après Geordie, un folk-song anglo-écossais), 1965
- Les Choses de la maison[n 1] (The Things in this house de Bobby Darin), 1965
- Mais combien de temps[n 1], musique de Claude François, 1966
- Le Jouet extraordinaire[n 1] (The Marvellous toy de Tom Paxton), 1966
- Tout ça c'était hier[n 1] (Spare A Thought For Me de Jon Washington, Barry Mason & Les Reed)
- Tout le monde rit d'un clown[n 1] (Everybody loves a clown de Gary Lewis & The Playboys de Gary Lewis, L. Russell et T Lesslie), 1966
- J'attendrai[n 1] (Reach Out I'll Be There des The Four Tops, musique de Lamont Dozier), 1966
- Amoureux du monde entier[n 1] (Lovers of world unite de The Vogues (en), œuvre de Roger Cook & Roger Greenaway), 1966
- Sur le banc 21[n 1] (Bench #3 at Waterloo station de Filter Deluxe et Stephens Geoffroy), 1966
- Chacun à son tour[n 1] (Gone from my mind de Les Reed), 1966
- Avec la tête, avec le cœur[n 2], musique de Claude François et Jean-Pierre Bourtayre, 1968
- Toute la vie[n 1], musique de Guy Magenta, 1967
- Tu n'as pas toujours dit ça[n 1], musique de Jean-Pierre Allane et Claude François, 1968
- Une petite fille aux yeux rouges[n 1], musique de Jean-Pierre Bourtayre, 1969
- Mon cœur est une maison vide[n 2], musique de Claude François et Jean-Pierre Bourtayre, 1969
- Menteur ou cruel[n 2], musique de Claude François et Jean-Pierre Bourtayre, 1969
- Il reste toujours[n 2], musique de Claude François et Jean-Pierre Bourtayre, 1969
- Olivier, musique de Jacques Revaux et Claude François, 1970
- C'est Noël et j'aurai tout ça[n 2], musique de Claude François, 1970
- Des roses de Noël, coécrite avec Yves Dessca, musique de Michel Pelay et Alain Chamfort, 1970
- Vivre de soleil[n 1], musique de Michel Pelay et Alain Chamfort, 1970
- Les Femmes de France[n 1], musique de Chris Gautry, 1971
- Quelquefois[n 1], musique de Claude François et Jean-Pierre Bourtayre, 1976
- Quand je chanterai une chanson d'amour[n 1] (Everytime I sing a love song, de Gloria Sklerov et Phyllis Molinary), 1977
- C'est comme ça que l'on s'est aimé[n 1], musique de Claude François et Jean-Pierre Bourtayre, 1977
- Comme une chanson triste[n 1], musique de Claude François et Jean-Pierre Bourtayre, 1977
- Drame entre deux amours[n 1] (Torn Between Two Lovers de Mary MacGregor, composé par Yarrow Cheney, Peter, Paul and Mary), 1977
Note : la liste est incomplète, Vline Buggy ayant écrit en tout 73 textes de chansons pour Claude François selon la source citée en tête de section.
Pour d'autres chanteurs
modifier(par ordre alphabétique)
- Frank Alamo :
- Biche, ô ma biche, 1963
- File, file, file, 1965
- Marcel Amont :
- Benjamin le bienheureux, 1971
- Sur ton cœur, j’ai posé mon visage, 1971
- Hugues Aufray :
- Adieu monsieur le professeur, 1968
- À mon Hélène
- Céline, 1966
- Docteur Banjo
- Et si moi je ne veux pas
- Hasta Luego, coécrit avec Claude Morgan, 1973
- La Terre est si belle
- Le Petit Âne gris, 1968
- Petit Simon, 1968
- Jean-Pierre Bourtayre :
- Je n’aurais jamais dû vendre la maison
- Et nous avons parlé de toi (reprise par Dani)
- Alain Chamfort : Dans les ruisseaux
- Les Chats sauvages : Au moins huit jours (Please Don't Tease) coécrit avec Mike Shannon, 1963
- Dalida : Depuis qu’il vient chez nous
- Anne-Marie David : Tu te reconnaîtras, musique de Claude Morgan[n 3]
- Katy David :
- Et je t'ai retrouvé
- C'était bien la dernière chose
- C'est écrit sur ton visage
- Ne me regarde pas
- Je n'avais jamais aimé ça
- Christian Delagrange :
- J’aime la vie avec toi, 1974
- Première fille, première femme, 1975
- Linda de Suza :
- Le Portugais
- Les Œillets rouges
- Gilles Dreu :
- Si le cœur vous en dit
- Mais
- Le Quai maritime
- Michel Fugain :
- Les Gens irremplaçables
- On laisse tous un jour
- France Gall :
- On t'avait prévenue, coécrit avec Robert Gall, musique de Guy Magenta, 1964
- Rue de l'Abricot, coécrit avec Robert Gall, musique de Jean-Pierre Bourtayre, 1968
- Juliette Gréco :
- 18 jours, musique de Claude Bolling
- Johnny Hallyday :
- La Bagarre, 1962
- Le Pénitencier, coécrit avec Hugues Aufray, 1964
- Je l'aime, coécrit avec Hugues Aufray, 1966
- Mon fils, 1967
- Marie Laforêt : Une petite ville
- Vicky Leandros :
- La Lettre, 1969
- L’une des choses que l’on n'oublie pas, 1972
- Comme tu aimes, comme tu veux, 1972
- Herbert Léonard :
- Pour le plaisir, 1981
- Ça donne envie d’aimer, 1982
- Amoureux fous, 1983 (duo avec Julie Pietri)
- Puissance et Gloire (Chateauvallon), 1984
- Sur des musiques érotiques, 1987
- Laissez-nous rêver, 1988
- Petite Nathalie
- Nathalie Lermitte :
- Il y a des jours comme ça, 1982
- Tu es tout ce que j'aime, 1983
- Tendrement, 1983 (en duo avec Herbert Léonard)
- La chanson qui me rappelle un film américain, 1983
- Enrico Macias :
- Mélisa
- Un de moins à la maison
- Gilles Marchal :
- Pauvre Buddy River
- Les Maisons sans visages
- Jürgen Marcus : Chansons pour ceux qui s'aiment, coécrit avec Fred Jay sur une musique de Jack White[n 4]
- Monty :
- La Fête au village
- Pour une marionnette
- Mireille Mathieu :
- Mon ami de toujours, 1971
- Addio
- Michel Polnareff : Chère Véronique, 1966
- Régine :
- J'ai toujours porté bonheur aux hommes, 1973
- Les amants sont maigres, 1973
- Les maris sont gras, 1973
- Colette Renard : Un diamant en forme de poire
- Ringo : Adorable Pussy Cat
- Tino Rossi :
- Chantons la même chanson (en duo avec son fils Laurent)
- La vie commence à soixante ans
- Michel Sardou :
- Les Bals populaires, 1970
- Et mourir de plaisir, 1970
- J’habite en France, 1970
- Sheila :
- La Pluie
- Une femme
- Hervé Vilard :
- Les Anges du matin
- Après tant d’amour
- Derrière le mur de la maison
Distinctions
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Chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres (2017)[5]. Son insigne lui est remis par Hugues Aufray le , dans les locaux de la Sacem, en présence du président Jean-Claude Petit, de nombreux artistes et d'amis compositeurs ou paroliers[6].
Notes et références
modifierNotes
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 Coécrite avec Claude François.
- 1 2 3 4 5 Coécrite avec Yves Dessca.
- ↑ Grand prix du Concours Eurovision de la chanson 1973 pour le Luxembourg.
- ↑ Représentant le Luxembourg au Concours Eurovision de la chanson 1976, il arrive à la 14e place.
Références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 Denis Cosnard, « Vline Buggy, parolière de Claude François, Johnny Hallyday et beaucoup d’autres, est morte », Le Monde, .
- 1 2 « Les fans de Céline en deuil : la star derrière le tube d'Hugues Aufray et ceux de Claude François (Belles, belles, belles) n'est plus », sur La DH Les Sports+, (consulté le ).
- 1 2 3 « Belles! Belles! Belles, "Pour le plaisir"... Vline Buggy, parolière à succès de la chanson française, s'est éteinte à 97 ans », sur BFM TV, .
- 1 2 3 4 5 6 7 8 Anne Berthod, « Mort de Vline Buggy, parolière des plus grands succès de la variété française », Télérama, .
- ↑ « Nomination dans l'ordre des Arts et des Lettres été 2017 », sur ministère de la Culture, (consulté le ).
- ↑ Bertrand Guyard, « Hughes Aufray raconte comment Vline Buggy “a bouleversé le destin” de Céline Dion », sur Le Figaro, Paris, (consulté le ).
Liens externes
modifier- Ressources relatives à la musique :
- Vline :
- Buggy, puis Vline-Buggy :