Vol Tara Air 197

accident aérien au Népal en 2022
(Redirigé depuis Vol Yeti Airlines 1199)

Le vol Tara Air 197 est un vol intérieur régulier opéré par Tara Air (filiale de Yeti Airlines) de l'aéroport de Pokhara à l'aéroport de Jomsom au Népal. Le , le De Havilland Canada DHC-6 Twin Otter assurant ce vol et transportant 22 personnes (19 passagers et 3 membres d'équipage) a perdu le contact avec les contrôleurs aériens à 10 h 7 heure locale[1],[2]. L'épave a été localisée 20 heures plus tard sur le flanc d'une montagne dans le district de Mustang ; les 22 passagers et membres d'équipage ont tous péri[3].

Vol Tara Air 197
9N-AET, le De Havilland Canada DHC-6 Twin Otter impliqué, photographié deux mois avant l'accident.
9N-AET, le De Havilland Canada DHC-6 Twin Otter impliqué, photographié deux mois avant l'accident.
Caractéristiques de l'accident
Date
TypeImpact sans perte de contrôle
CausesMauvaises conditions météorologiques, erreur de pilotage, erreur de navigation, perte de conscience de la situation
PhaseMontée
SiteDistrict de Mustang, Népal
Coordonnées 28° 42′ 42,8394″ nord, 83° 35′ 31,92″ est
Caractéristiques de l'appareil
Type d'appareilDe Havilland Canada DHC-6 Twin Otter
CompagnieTara Air, pour le compte de Yeti Airlines
No  d'identificationTB197
Lieu d'origineAéroport de Pokhara, Népal
Lieu de destinationAéroport de Jomsom, Népal
Passagers19
Équipage3
Bilan
Morts22
Survivants0

Géolocalisation sur la carte : Népal
(Voir situation sur carte : Népal)
Vol Tara Air 197
L'appareil impliqué dans l'accident, alors qu'il opérait pour Yeti Airlines, ici à l'aéroport de Simara en août 2009.

Selon Flightradar24, l'appareil impliqué était un De Havilland Canada DHC-6 Twin Otter immatriculé 9N-AET[4]. Son premier vol a eu lieu le .

Initialement acquis par Air Botswana en 1979, il a ensuite été vendu à Lesotho Airways (en) en  ; cet avion a été impliqué dans un accident en 1984, lors duquel il a heurté un arbre au moment de l'approche. Il a ensuite été racheté par RRCS Air Services, puis par Jetstream Aircraft Sales en 1997. Il est ensuite entré en service sur le territoire népalais en 1998, pour le compte de Lumbini Airways, avant d'être acquis par Yeti Airlines en 1999. Au moment de l'accident, l'appareil était exploité par Tara Air depuis .

Il était équipé d'instruments de bord et d'un système de navigation de base. Par la suite, il a reçu des équipements avioniques modernisés tels que le GPS, le système d'avertissement et d'alarme d'impact (TAWS), le TCAS (système d'évitement des collisions), l'enregistreur phonique (CVR), l'AHRS (système de référence d'altitude et de cap) et un radar météorologique.

Déroulement des faits

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Le vol 197 a décollé de Pokhara à 9 h 55 heure locale et devait atterrir à l'aéroport de Jomsom à 10 h 15. Selon l'autorité de l'aviation civile du Népal (en) (CAAN), il a perdu le contact avec les contrôleurs aériens à 10 h 7, au-dessus de Ghorepani (en)[5], dans le district de Myagdi. Le vol transportait 22 occupants, dont 13 Népalais, quatre Indiens et deux ressortissants allemands.

Il y avait deux pilotes et une hôtesse de l'air parmi les 13 Népalais sur le vol. NDTV a déclaré que les quatre passagers indiens étaient membres de la même famille vivant à Bombay[6].

Intervention d'urgence

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Les efforts de recherche ont d'abord été entravés par de mauvaises conditions météorologiques. La CAAN a déclaré qu'un hélicoptère de recherche de Jomsom avait fait un aller-retour en raison des conditions météorologiques. Des efforts de recherche ont également été menés par Kailash Air mais ceux-ci n'ont pas permis de localiser l'avion. L'emplacement du téléphone du capitaine a été suivi par le personnel de recherche et de sauvetage avec l'aide de Nepal Telecom.

Un porte-parole de Yeti Airlines a déclaré que les données de suivi indiquent que le dernier emplacement du téléphone se trouvait dans les environs de Lete, un village du district de Mustang. La CAAC a déclaré qu'un émetteur de localisation d'urgence a réduit le dernier emplacement connu possible autour de la région de Khaibang.

Les habitants de Lete ont informé la police d'un « bruit inhabituel » près du village. Un policier a déclaré que la police enverrait un hélicoptère dans la région[7]. Un contrôleur de la circulation aérienne à l'aéroport de Jomsom a également rapporté avoir entendu un bruit fort à peu près au moment de la disparition[8].

Cinq heures après sa disparition, l'épave de l'avion a été retrouvée près de Kowang (en), un village du district de Mustang. Des habitants ont rapporté avoir vu l'avion en flammes au pied du mont Manapathi, près de l'embouchure d'une rivière. Un responsable de l'armée népalaise a déclaré que du personnel se rendait sur le site de l'accident.

Les efforts de recherche et de sauvetage ont été annulés plus tard dans la journée en raison de chutes de neige sur le site présumé de l'accident[7].

Réactions

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L'ambassade indienne au Népal a publié un tweet sur la disparition peu de temps après qu'elle a été signalée. Des responsables de l'ambassade ont déclaré qu'ils « restaient en contact » avec les familles des quatre ressortissants indiens passagers du vol[9].

Enquête

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Selon le rapport final, publié le , la cause probable de l'accident est l'incapacité de l'équipage à surveiller et à maintenir la trajectoire de vol appropriée, alors qu'il volait par inadvertance dans des conditions météorologiques de vol aux instruments (IMC) et avec le TAWS désactivé, ce qui a entraîné un accident de type impact sans perte de contrôle (CFIT).

Facteurs avioniques

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Les données enregistrées ont montré que la fonction « TAWS INHIBIT » avait été activée par l'équipage pour toute la durée du vol, désactivant ainsi les alertes prédictives de terrain (FLTA), d'impact imminent avec le sol (ITI) et de descente prématurée (PDA). Seules les alertes de l'avertisseur de proximité du sol (GPWS) étaient actives, l'une d'elles s'étant déclenchée environ 3 secondes avant l'impact.

Le TAWS ne recevait pas l'altitude du GPS comme source principale, malgré sa configuration. Sans cette désactivation, trois alertes TAWS auraient été émises durant le vol, laissant à l'équipage le temps nécessaire pour analyser la situation après la première alerte et effectuer les manœuvres correctives requises afin d'éviter l'accident. L'appareil était équipé d'une avionique de dernière génération et pouvait voler en conditions IMC.

L'Autorité de l'aviation civile du Népal (en) (CAAN) a rendu obligatoire l'installation de ces équipements de pointe et la formation des équipages à leur utilisation. Toutefois, elle n'autorise pas le vol en conditions IMC pour le vol à vue normal, même lors des phases critiques du vol.

Facteurs humains

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Le commandant de bord avait 62 ans et le copilote était relativement jeune et peu expérimenté. Il s'agissait du deuxième vol du copilote sur ce trajet, ce qui a accru la pression sur le commandant de bord. Ils volaient à haute altitude sur un itinéraire difficile, dans des conditions météorologiques défavorables. La composition de l'équipage n'était pas optimale compte tenu de la nature du vol et la hiérarchie au sein de l'équipage dans le cockpit était très marquée.

Le commandant assumait la quasi-totalité des responsabilités liées au vol, y compris le pilotage, la surveillance et les communications. De plus, le copilote n'avait aucun rôle opérationnel assigné et, selon l'enregistrement du CVR, le commandant de bord n'a pas réagi aux indications du copilote concernant l'écart de trajectoire. Il est ainsi intervenu trop tard pour rectifier le tir après avoir constaté le problème. La gestion des ressources de l'équipage et de la charge de travail était déficiente.

Le copilote n'a pas su surveiller, ni contester efficacement les décisions du commandant de bord, ce qui a contribué au crash. Ce dernier était surchargé de tâches dans le cockpit, tout en devant gérer les conditions météorologiques imprévues, ce qui a considérablement dégradé ses performances et l'a empêché de prendre les bonnes décisions face à cette situation anormale. De plus, il a cru à tort que la lumière qu'il avait vue depuis le cockpit constituait une zone de visibilité sûre vers laquelle se diriger.

Notes et références

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  1. ↑ (en) « Bad weather hampers search for missing Tara Air plane », sur The Kathmandu Post,
  2. ↑ (en) « Nepal: Plane goes missing with 22 people on board, officials say », sur Sky News,
  3. ↑ (en) « Last phone location of pilot of missing Nepal plane traced in Mustang's Lete area: Report », sur Hindustan Times,
  4. ↑ (en) « Tara Air plane with 22 people on board missing in Nepal », sur Channel News Asia,
  5. ↑ (hi) « प्रेस विज्ञप्ति -३ », sur Tribhuvan International Airport,‎
  6. ↑ (en) « Four Of Mumbai Family Among 22 People Onboard Plane That Crashed In Nepal », sur NDTV,
  7. 1 2 (en) « Search and rescue op for missing Nepal plane called off for day due to snowfall: Official », sur Hindustan Times, .
  8. ↑ (en) « Nepal Army To Resume Search For Missing Plane With 22 On Board Tomorrow », sur NDTV, .
  9. ↑ (en) « India on 4 aboard missing Nepal plane: Search ops on, in touch with families », sur Hindustan Times,