Vorarephilie
La vorarephilie ou voraphilie (du latin vorare, « avaler », et du grec φιλία, « aimer ») est un fantasme sexuel ou une paraphilie, qui consiste en une excitation à l'idée de manger, généralement entier et vivant, un autre individu, humain ou non humain, d'être mangé(e) par lui, et/ou d'observer un individu qui en mange un autre, ou encore d’être absorbé et fusionner avec un autre.
Spécificités
modifierLa vorarephilie regroupe plusieurs fantasmes. On distingue les soft-vores, qui n'incluent aucun passage à l'acte, et fantasment le plus souvent à partir de littérature ou productions artistiques[1] ; des hard-vores qui peuvent inclure des passages à l'acte, y compris cannibales[2]. Les vorarephiles se distinguent en « prédateurs », « proies » et « observateurs », selon leur type de fantasme, ce qui en pratique les rapproche du sado-masochisme, par une soumission ou domination extrême. Le fantasme peut inclure d'être avalé par une créature non humaine, ce qui peut se traduire en jeux de rôle furry ou mursuit où les relations de prédation et de proie sont rendues explicites par l'utilisation les costumes et les mises en scène animales[2]. Le fantasme peut inclure la digestion, qui sera souvent imaginée comme étant indolore, et laissera souvent la proie se « reformer » indemne ; l'inclusion de la conscience de la proie au sein d'une conscience collective développée par le prédateur ; ou une conclusion scatophile.
Agnès Giard définit la vorarephilie comme « une pratique sexuelle qui consiste à se masturber en imaginant qu’on se fait ingurgiter, si possible par une bouche suceuse, glaireuse et pompeuse qui vous aspire tout rond à la façon d’une huître. La voraphilie n’est d’ailleurs qu’une sous-catégorie d’un fantasme plus vaste nommé endosomaphilie (du grec : endos, à l’intérieur, soma corps et philia amour)[3]. »
Le fantasme de « non-naissance » (unbirth) est également rattaché aux vorarephilies. Il ne s’agit pas ici d’être dévoré ou avalé, mais de l’idée de régresser jusqu’à un retour dans l’utérus[2].
Internet a permis le développement de communautés vorarephiles, et notamment de communautés d'artistes amateurs qui expriment et partagent leur imaginaire par le dessin ou encore la fiction écrite. Dans de rares cas, certains publient leurs productions.
Causes
modifierLes causes du développement d’une sexualité paraphilique sont plurielles et varient selon les individus, mais la recherche en psycho-trauma établit une forte corrélation entre paraphilies et violences subies durant l’enfance, en particulier les abus émotionnels, la négligence et les violences sexuelles[4],[5].
Criminologie
modifierPlusieurs tueurs en série ont fait état de fantasmes sexuels reliés à l'action de manger leurs victimes, comme Jeffrey Dahmer, Richard Chase, Joachim Kroll ou Albert Fish[6].
Cadre légal
modifierNotes et références
modifier- ↑ (en) Amy D Lykins, James M Cantor, « Vorarephilia: a case study in masochism and erotic consumption », sur pubmed, (consulté en )
- 1 2 3 (en) John Staughton, « What Is Vorarephilia? », sur Science ABC, (consulté en )
- ↑ Agnès Giard, « Avale-moi », Libération, 28 septembre 2010
- ↑ (en) Courtney Burdis Galiano, Jean-Pierre Guay, Nicholas Longpré, « The impact of childhood trauma, personality, and sexuality on the development of paraphilias », sur Science Direct, (consulté en )
- ↑ Jennie G. Noll et al, « A prospective investigation of the impact of childhood sexual abuse on the development of sexuality. », sur APA PsycNet, (consulté en )
- ↑ (en) Abbie Marono, David A. Keatley, « An investigation into the association between cannibalism and serial killers », sur PubMed, (consulté en )
- ↑ Légifrance, « Art. 16-1 du Code civil », sur Gouvernement, dernière modification 2021 (consulté en )
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Agnès Giard, Le sexe bizarre : Pratiques érotiques d'aujourd'hui, 2004, (ISBN 2749102863). (Contient un chapitre sur la vorarephilie.)