Vrille (botanique)

organe spécialisé d'une plante de forme filamenteuse à laquelle s'accrocher

Une vrille, en botanique, est une pièce foliaire correspondant à un organe spécialisé permettant à certaines plantes grimpantes de s'accrocher à des supports divers.

Vrille de Grenadille

Histoire

modifier
Étude de vrille, par Charles Darwin

L'étude la plus complète fut réalisée par Charles Darwin dans sa monographie On the Movements and Habits of Climbing Plants (1865), dans laquelle il invente le terme de circumnutation pour désigner le mouvement d'hélice effectué par la vrille.

Biologie

modifier

Les vrilles, généralement de section circulaire, sont capables de s'enrouler en spirale serrée. Cet enroulement au contact du support est dû à un tropisme de contact (thigmotropisme) et n'intervient qu'en certaines zones précises de la vrille. L'enroulement peut se faire dans le sens horaire ou dans le sens contraire. Chez la bryone dioïque, les vrilles forment deux enroulements de sens contraire.

Les vrilles résultent de la transformation de divers organes et peuvent avoir la structure interne d'une racine, d'une tige ou d'une feuille. Dans ce dernier cas, elles peuvent soit remplacer le limbe, cas de la gesse aphylle espèce chez laquelle le rôle chlorophyllien du limbe est dévolu aux stipules très développées, soit être des folioles modifiées, cas de nombreuses Fabacées comme le petit pois ou la Vesce craque (Vicia cracca), soit des stipules, cas de la salsepareille.

Mécanique de l'enroulement

modifier

Après leur fixation à un support, de nombreuses vrilles développent spontanément une courbure naturelle qui provoquent leur enroulement. Dès la fin du XIXe siècle, les travaux de Daniel MacDougal[1] ont relié cette courbure à une activité asymétrique des tissus situés de part et d'autre de la vrille. Des études biomécaniques ultérieures ont montré qu'une différence de longueur entre les deux côtés de l'organe suffit à engendrer une telle courbure intrinsèque[2].

Lorsque les deux extrêmités de la vrille sont contraintes et ne peuvent pas tourner librement, cette courbure ne peut généralement pas être accommodée par une hélice unique. La vrille forme alors deux régions hélicoïdales de chiralité opposées, reliées par une ou plusieurs perversions. Cette organisation permet à la vrille de se raccourcir et de tirer sur son support[3].

Des expériences récentes sur des vrilles de concombre[2] ont montré que leur courbure intrinsèque résulte notamment d'une croissance différentielle à travers leur section. Cette croissance est influencée par les contraintes mécaniques : lorsqu'une vrille est maintenue sous une traction suffisamment forte, son enroulement est inhibé.

Dispositifs comparables

modifier

Certaines plantes grimpantes utilisent d'autres moyens d'accrochage à leurs supports :

Voir aussi

modifier

Articles connexes

modifier

Liens externes

modifier

Notes et références

modifier
  1. D. T. Mac Dougal, « The Mechanics of Curvature », Botanical Gazette, University of Chicago Press, vol. 21, no 3, , p. 160–161 (ISSN 0006-8071, lire en ligne, consulté le )
  2. 1 2 (en) Émilien Dilly, « Hélices, perversions et vrilles : de la mécanique des tiges inspirée par les plantes à la génération de courbure chez les plantes à vrilles », DOI.org (Crossref), Université Paris Cité, (DOI 10.70675/3e45ac2fz374bz4f67z907bz0ccd5e65802a, lire en ligne, consulté le )
  3. Charles Darwin, On the movements and habits of climbing plants, Cambridge University Press, (ISBN 978-1-108-00359-9, OCLC 759877297, lire en ligne)