Renard roux de Corée
Vulpes vulpes peculiosa
Le Renard roux de Corée (Vulpes vulpes peculiosa) est une sous-espèce du Renard roux (Vulpes vulpes) originaire de la péninsule coréenne, de l’Extrême-Orient russe et du Nord-Est de la Chine.
Physionomie
modifierCe renard roux présente un corps élancé, adapté à la course et à l’exploration de son territoire. Les adultes mesurent généralement entre 57 et 60 cm de long, avec une queue touffue de 35 à 45 cm qui sert d’équilibre et de signal visuel. La hauteur au garrot atteint environ 38 cm, et le poids varie de 3,5 à 4,7 kg, les femelles étant légèrement plus légères que les mâles[1].
Son pelage montre une grande variation de tons, du rouge clair au brun-roux, avec le ventre et la gorge plus clairs. Les oreilles, relativement grandes, sont sombres sur le dessus, tandis que les babines et le bas du visage restent clairs. Les membres inférieurs sont plus foncés, donnant un contraste marqué avec le reste du corps. Les yeux des adultes sont jaunes et la truffe oscille entre le brun foncé et le noir. La queue, souvent blanche à l’extrémité, peut parfois présenter une pointe sombre[1].
La dentition, typique des canidés, comprend 42 dents, et le caryotype comporte 34 chromosomes. L’ensemble de ces caractéristiques lui confère une silhouette légère et agile, adaptée à ses déplacements fréquents et à la chasse de petites proies dans des habitats variés[1].
Répartition
modifierJusqu’aux années 1960, le renard roux de Corée était abondant sur l’ensemble de la péninsule. On le trouvait dans une grande variété d’habitats : zones nord-est, nord-ouest, centrales et méridionales.
À partir du début des années 1960, il a quasiment disparu de Corée du Sud. Ses populations déclinent également dans les régions du nord et du nord-est, où il ne subsiste plus que dans des zones montagneuses isolées.
L’espèce est plus fréquente dans les forêts de plaine, préférant les habitats de lisière, à proximité de rivières ou de cours d’eau. On l’a aussi observée dans des cimetières coréens, souvent situés en bordure de forêt[2].
Mode de vie
modifierLe renard roux de Corée est essentiellement un animal solitaire, mais il peut former de petits groupes familiaux composés d’un couple reproducteur et de leur progéniture. Occasionnellement, des renards adultes non reproducteurs restent avec le groupe pour aider à l’élevage des jeunes. Contrairement aux canidés sociaux comme le loup, cette sous-espèce ne forme pas de meutes étendues, et chaque groupe possède un territoire bien délimité[1].
C’est un prédateur opportuniste et omnivore. Son alimentation comprend de petits mammifères, des oiseaux, des reptiles et des insectes, ainsi que des fruits, baies et restes végétaux selon la disponibilité. Les renards peuvent cacher leurs surplus alimentaires dans des terriers ou sous des amas de végétation pour les consommer ultérieurement. En moyenne, un individu consomme entre 0,5 et 1 kg de nourriture par jour[1].
Il est principalement nocturne, mais adapte ses heures d’activité en fonction de ses proies et de la présence humaine. Très mobile, il peut parcourir plus de 10 km par jour et se disperser sur plusieurs centaines de kilomètres depuis sa tanière natale. Le domaine vital s’étend généralement de 5 à 12 km2 dans des habitats favorables, et peut atteindre 20 à 50 km2 dans des zones plus difficiles ou fragmentées. Les renards marquent leur territoire et utilisent plusieurs terriers, dont un terrier principal et des tanières secondaires pour se reposer et élever leurs jeunes[1].
Les habitats fréquentés sont variés : lisières de forêts, zones agricoles, pelouses, rives de cours d’eau et zones semi-urbaines. Cette flexibilité écologique leur permet de survivre dans des environnements fragmentés ou modifiés par l’homme, bien que la pression humaine et la perte d’habitat limitent actuellement leur répartition[1].
Statut écologique
modifierLe renard roux de Corée est considéré comme menacé dans son aire de répartition. Sa raréfaction est due à plusieurs facteurs :
- une forte demande de fourrure, utilisée notamment pour fabriquer des écharpes, entraînant un braconnage intensif[2] ;
- un vaste programme national de lutte contre les rongeurs ayant provoqué des empoisonnements secondaires ;
- la perte et la fragmentation de l’habitat[3].
Une étude génétique publiée en 2012 a montré que V. v. peculiosa est étroitement apparenté aux renards roux eurasiens et nord-pacifiques. Les programmes de réintroduction devraient donc privilégier des individus issus de Corée du Nord, de Chine ou de Russie, les lignées originelles sud-coréennes étant perdues[3].
En 1976, un mâle a été capturé dans la zone coréenne démilitarisée, et en 1987 un autre individu a été trouvé dans le parc national de Jirisan[4].
En 2004, une carcasse a été découverte dans la province de Gangwon-do, suggérant la présence résiduelle de l’espèce dans cette région[4].
Depuis 2012, un programme de réintroduction est mené au parc national de Sobaeksan avec des individus issus du zoo de Séoul, visant à rétablir une population d’une cinquantaine d'individus à l’horizon 2020[5].
Une réintroduction expérimentale a aussi été conduite dans la zone démilitarisée, nécessitant une gestion continue de l’habitat et des réintroductions répétées[6].
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 Castellò 2018-2020, p.256
- 1 2 (en) Changman Won et Kimberly G. Smith, « History and current status of mammals of the Korean Peninsula », Mammal Review, vol. 29, no 1, , p. 3–36 (DOI 10.1046/j.1365-2907.1999.00034.x)
- 1 2 (en) Jeong-Nam Yu, Sang-Hoon Han, Bang-Hwan Kim, Alexey P. Kryukov, Soonok Kim, Byoung-Yoon Lee et Myounghai Kwak, « Insights into Korean Red Fox (Vulpes vulpes) Based on Mitochondrial Cytochrome b Sequence Variation in East Asia », Zoological Science, vol. 29, no 11, , p. 753–760 (PMID 23106560, DOI 10.2108/zsj.29.753)
- 1 2 (en) Hwa-Jin Lee, Bae-Keun Lee, Gu-Hui Kwon et Chul-Un Chung, « Release Strategy for the Red Fox (Vulpes vulpes) Restoration Project in Korea Based on Population Viability Analysis », Korean Journal of Environmental Ecology, vol. 27, no 4, , p. 417–428 (ISSN 1229-3857, lire en ligne)
- ↑ (en) Lee Sun-young, « Foxes released into wild on Sobaeksan », The Korea Herald, (lire en ligne)
- ↑ « South Korean fox crossed into North Korea, Seoul says », sur UPI (consulté le )
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierBibliographie
modifier- José. R. Castelló (trad. Anne Saint Girons, préf. Claudio Sillero), Canidés du monde : Loups, chiens sauvages, renards, chacals, coyotes et apparentés [« Canids of the World: Wolves, Wild Dogs, Foxes, Jackals, Coyotes, and Their Relatives »] [« Canidés du monde : Loups, chiens sauvages, renards, chacals, coyotes et apparentés »], Delachaux et Niestlé, , 332 p. (ISBN 978-2-603-02695-3), p.256-257
Liens externes
modifier- (en) Catalogue of Life : Vulpes vulpes peculiosa Kishida, 1924 (consulté le )
- (fr + en) GBIF : Vulpes vulpes subsp. peculiosa Kishida, 1924 (consulté le )
- (fr + en) ITIS : Vulpes vulpes peculiosa Kishida, 1924 (consulté le )
- (en) Mammal Species of the World (3e éd., 2005) : Vulpes vulpes peculiosa Kishida, 1924 (consulté le )