Walkíria Afonso Costa

activiste brésilienne communiste victime de la dictature militaire

Walkíria Afonso Costa (Uberaba, -  ?) est une enseignante et militante communiste brésilienne (PCdoB), active dans la lutte armée pendant la période de la dictature militaire. Elle a disparu en décembre 1973, lors d'une action menée contre la guérilla d'Araguaia, dans la région de Xambioá, au Tocantins. La date de sa disparition et de sa mort restent inconnues. Ses restes n'ont jamais été retrouvés. Son cas a fait l'objet d'une enquête de la Commission nationale brésilienne de la vérité, l'organisme présidé par Dilma Rousseff chargé d'enquêter sur les décès et les disparitions forcées de la dictature militaire et elle fait partie des 62 disparus pour lesquels le Brésil a été condamné par la Cour Interaméricaine des Droits de l'Homme.

Walkíria Afonso Costa
Biographie
Naissance
Disparition
(Xambioá)Voir et modifier les données sur Wikidata (à 26 ans)
Décès
Lieu inconnuVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Père
Edwin Costa (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mère
Odete Afonso Costa (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Membre de

Biographie

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Walkíria Afonso Costa est née le à Uberaba, dans le Minas Gerais. Elle est décrite comme une fille douce et intelligente[1]. Après son baccalauréat, Walkíria suit des études d'enseignante à l'école São João Batista de Pirapora. Peu après, elle commence à exercer dans certains groupes scolaires de cette ville[2].

Un an après la fin de ses études, en 1966, elle se présente à un concours de la fonction publique qu'elle réussit. Elles est nommée à Belo Horizonte, où elle travaille comme enseignante. Elle est reçue au programme de pédagogie de l'Université fédérale du Minas Gerais (UFMG)[3], mais ne suit que les trois premières années de ce cursus. En 1968, Walkíria participe à la fondation du Centre académique de pédagogie, qui milite contre les coupes budgétaires et la fermeture des restaurants universitaires, tout en défendant d'autres intérêts étudiants[4].

Elle épouse Idalísio Soares Aranha FIlho en 1970, militant communiste[2]. Elle adhère elle-même membre du Parti communiste du Brésil (PCdoB). Or depuis fin 1968 et le décret AI-5 promulgué par le gouvernement du Général Garrastazu Médici, la répression contre les groupes d'opposition s'est intensifiée et le pays est entré dans la période des « Années de plomb »[5]. Le couple s'installe en 1971 dans la région de Gameleira[4], et rejoint la guérilla rurale de l'Araguaia, au sud de l'État du Pará[6]. Walkíria fait partie du détachement B commandé par Osvaldo Orlando da Costa (pt)[2], également connu sous le nom d'Osvaldão. Walkíria rompt dès lors tout contact avec sa famille qui reste sans nouvelle jusqu'en 1973[note 1],[7].

Le jour de Noël 1973, après une attaque des forces armées lors de l'opération Marajoara, Walkíria se perd et se réfugie dans la forêt pendant une dizaine de mois. Elle est capturée par un paysan auprès duquel elle est allée mendier de la nourriture, ce dernier la remet aux forces de l'armée régulière : des récompenses sont en effet offertes pour l'arrestation ou la mort des guérilleros en fuite[8]. Auparavant, Walkíria n'avait jamais été arrêtée[1].

La date précise de sa disparition reste inconnue[9] ; selon la Commission de la vérité, elle aurait disparu entre le et le , année où le président du Brésil, le général Ernesto Geisel, autorise l'exécution d'opposants politiques, selon un document publié par la CIA[10]. Les archives du ministère de la marine mentionnent également la date du , comme date de décès[4]. Elle meurt à l'âge de 27 ans, étant la dernière des 69 guérilleros[11] capturés par l'armée brésilienne[12],[3].

Selon le témoignage d'un sergent de l'armée régulière brésilienne, lors d'une audience de la Commission nationale de la vérité (CNV), du à Belém, elle a été exécutée par injection létale le même jour que la militante communiste brésilienne d'origine japonaise Suely Yumiko Kanayama. Ce témoin a ajouté qu'« elles n'avaient pas seulement été tuées, mais aussi étranglées »[4].

En 2010, la Cour inter-américaine des droits de l'homme condamne le Brésil pour la disparition de 62 personnes dans la région d'Araguaia et Walkíria fait partie de ces personnes disparues[4].

Souffrances psychologiques liées à la disparition

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Dans un article publié sur le site G1 le , la sœur de Walkíria, Valéria Costa Couto, a déclaré ne pas croire que la dépouille de sa sœur puisse être retrouvée et a affirmé qu'« il n'y a nulle part où chercher »[7]. Elle se souvient des souffrances de la famille pendant la période où la guérillera était porté disparu. Valéria a déclaré lors de l'interview que sa mère, Odete Afonso Costa, pensait que tous ceux qui sonnaient à sa porte était sa fille disparue. Elle a également expliqué qu'elle ne s'était pas impliquée contre la dictature, en disant qu'elle ne voulait pas faire souffrir ses parents, aujourd'hui décédés : « Si j'avais fait cela, mes parents seraient morts prématurément. »[7].

Hommages

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Plusieurs rues portent le nom de Walkíria. L'une d'elles se trouve à Campinas, dans le quartier de Vila Esperança ; une autre à Belo Horizonte, à Braúnas ; et une autre encore dans le Minas Gerais, à Pirapora. Le centre académique de pédagogie dont elle était vice-présidente s'appelle désormais « Direction académique Walkíria Afonso Costa »[2].

Avant de mourir, son mari Edwin Costa a écrit un message à placer sur la tombe de Walkíria au cas où ses restes seraient retrouvés et enterrés : « Pensez-vous m'avoir tuée ? Vous avez ressuscité un idéal. Pensez-vous m'avoir enterrée ? Vous avez planté une graine»[7].

Notes et références

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  1. Selon Lucila Scavone, en entrant dans la clandestinité, les communistes brésiliennes n'étaient pas uniquement hors la loi, mais transgressaient également les usages de l'époque qui voulaient que les femmes se consacrent à leur foyer et n'apparaissent pas dans la vie publique malgré le droit de vote obtenu en 1932.

Références

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  1. 1 2 (pt-BR) Jornal GGN, « Nascidos em 02 e 21 de agosto. Walkíria Afonso Costa e Idalisio Soares Aranha Filho, presentes! », GGN, (consulté le )
  2. 1 2 3 4 (pt-BR) « Brasil | Mortos/Desap. Categoria | Grupo Tortura Nunca Mais RJ » (consulté le )
  3. 1 2 Fauré, Scavone et al 2010, p. 964.
  4. 1 2 3 4 5 (pt-BR) « Walkíria Afonso Costa », sur Memorial da Resistência (consulté le )
  5. Fauré, Scavone et al 2010, p. 960.
  6. « Relatório Final da Comissão da Verdade em Minas Gerais », (consulté le )
  7. 1 2 3 4 (pt-BR) « Irmã de mineira morta no governo Geisel não acredita que restos mortais serão encontrados », G1 (consulté le )
  8. « Época - EDG ARTIGO IMPRIMIR - Fantasmas do Araguaia », revistaepoca.globo.com (consulté le )
  9. « Mortos e Desaparecidos Políticos », www.desaparecidospoliticos.org.br (consulté le )
  10. (pt-BR) « Em memorando, diretor da CIA diz que Geisel autorizou execução de opositores durante ditadura », G1 (consulté le )
  11. (pt-BR) « Walk, a trajetória de uma guerrilheira - História de vida enviada por Amélia », sur Museu da Pessoa (consulté le )
  12. (pt-BR) admin, « MDH », Mulher, da Família e dos Direitos Humanos (consulté le )

Voir aussi

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Articles connexes

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Bibliographie

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  • Christine Fauré (dir.), Lucila Scavone et al., Nouvelle encyclopédie politique et historique des femmes, Paris, Les Belles Lettres, , 1216 p. (ISBN 978-2-251-44380-5), « Féminisme contemporain et démocratie au Brésil », p. 958-979. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article