Wassoulou

région historique d'Afrique de l'ouest

Le Ouassoulou (ou Wassulu, Wassalou, Wasolon, ou Wassoulou : translitération anglophone) est une région historique et une aire culturelle d'Afrique de l'Ouest, centrée autour de la ville de Yanfolila et à cheval sur le Mali, la Guinée et la Côte d'Ivoire d'aujourd'hui.

Ouassoulou
Pays Mali, Guinée, Côte d'Ivoire
Zone géographique Afrique occidentale
Coordonnées 10° 34′ 17″ nord, 8° 23′ 00″ ouest
Cours d'eau Niger, Bafing

Image illustrative de l’article Wassoulou
Localisation
Géolocalisation sur la carte : Afrique
(Voir situation sur carte : Afrique)
Ouassoulou

Il donna son nom à un empire de l'Afrique de l'Ouest précoloniale à la fin du XIXe siècle : l'empire wassoulou.

Géographie

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Le Ouassoulou constitue une aire géographique naturelle étendue du Bafing au nord au fleuve Niger, aux confins de trois états modernes : le Mali avec une grande partie des cercles de Bougouni, et Yanfolila ; la Côte d'Ivoire avec la région du Folon ainsi que la Guinée avec la préfecture de Mandiana.

Histoire

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La région du Wassoulou est un espace de rencontre et de brassage entre plusieurs groupes ethniques d'Afrique de l'Ouest. Selon certaines traditions historiques, une partie des populations peules, réfractaires à l'islamisation de l'ancien Empire du Ghana, aurait migré vers le sud, en compagnie d'autres populations issues de cet empire. Ces mouvements migratoires se seraient poursuivis au fil des siècles. Par la suite, plusieurs de ces peuples, aux côtés de leurs voisins et alliés, avaient participé à la coalition dirigée par Soundiata Keïta contre Soumaoro Kanté lors de la bataille de Kirina (vers 1235), qui marqua la fondation de l'Empire du Mali.

Le Wassoulou est également une terre d'origine et d'installation de nombreuses populations mandingues. Au fil des générations, les échanges, les alliances et les mariages entre les différentes communautés ont favorisé un important métissage culturel et linguistique. Ainsi, de nombreux Peuls du Wassoulou ne parlent plus le fulfulde comme langue maternelle, ayant adopté principalement le malinké, tout en conservant leur identité peule, leurs traditions et certaines de leurs pratiques culturelles.

Certains noms de famille peuls courants du Wassoulou sont Diallo, Diakite, Sidibe et Sangare[1].

Pendant quelques années et jusqu'en 1778, le Wassoulouké Kondé-Bréma Diakité lance une croisade anti-musulmane. Il menace le Fouta-Djallon et soumet la ville de Kankan.

À la fin du XVIIIe siècle, le Wassoulou connaît une longue guerre à l'ouest avec le Dioma héritier de l'ancien empire du Mali dirigé par Kassa-Moussa. Ce dernier est allié au nord avec les Diarra de Ségou. Les Wassoulounké réagissent vigoureusement et sous la houlette des Dyakité de Samayana et prennent le contrôle du bas Manding et du pays de Bamako. Mais dès 1808, ils sont expulsés par le nouveau fama de Ségou : Da Diarra.

Au milieu du XIXe siècle, le Wassoulou subi les attaques d'Alpha Mamoudou de Kankan. Les Wassoulounké réagissent rapidement en se plaçant sous la direction d'un jeune chef : Dyèri Sidibé d'Ouloundou. Un rêve lui donne le moyen de trouver des guerriers invincibles. Les élus sont ceux qui entrent en transe lors d'une danse au rythme d'un orchestre composé d'une harpe arquée, d'un résonateur et de clochettes. Le mouvement prend le nom de "Sougo-Dén-Kèlè" : la guerre des Fils du Rêve. Vers 1855, Dyèri meurt lors du siège de Kankan et son armée se sépare.

Dans l'anarchie et les guerres civiles qui suivent, émergent deux chefs : Kodyé-Sory et Adyigbè. Ce dernier résistant à une nouvelle attaque d'Alpha Mamoudou sur le Wassoulou[2].

Notes et références

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  1. Pascal Reysset et Cécile Van Den Avenne, « Le Dire Et Le Dit Dans Les Entretiens: Elements Pour Le Traitement De La Complexite Du Langage », BMS: Bulletin of Sociological Methodology / Bulletin de Méthodologie Sociologique, no 70, , p. 23–52 (ISSN 0759-1063, lire en ligne, consulté le )
  2. Yves Person, Samori : Une révolution Dyula, t. 1, FeniXX réédition numérique (Barnier), , 628 p. (ISBN 978-2-307-65453-7, lire en ligne), partie II, chap. 1 (« Précurseurs et émules »)

Annexes

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Bibliographie

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  • Louis-Gustave Binger, Du Niger au Golfe de Guinée, Librairie Hachette, 1892.
  • Ibrahima Camara, Le cadre rituel de l'éducation au Mali : l'exemple du Wassoulou, L'Harmattan, Paris, Budapest, Turin, 2002, 223 p. (ISBN 2-7475-3319-0) (texte remanié d'une thèse à l'Université de Strasbourg)
  • Dapleu Lazare Gbale, Images de l'Afrique : Samory et l'empire du Ouassoulou vus par la presse française, 1882-1898, Université de Paris 12, 1985 (thèse de 3e cycle)
  • E. Peroz, L'empire de l'Almamy-Emir Samory ou Empire du Ouassoulou, Dodivers & Cie, Besançon, 1888, 32 p.

Articles connexes

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