Wharf de Lomé

monument historique au Togo

L’ancien débarcadère de Lomé est une ancienne jetée de débarquement construite à Lomé, dans l'actuel Togo, pendant la période du Togo allemand. Inauguré en 1904, il constitue alors le principal point de transbordement maritime de la colonie allemande, avant la construction d'un nouveau débarcadère sous l'administration française.

Le débarcadère de Lomé entre 1904 et 1911.
Chargement de balles de coton au moyen d'une grue à vapeur.
Vue du débarcadère de Lomé pendant la période coloniale allemande.

Informations essentielles

Wharf allemand au Togo
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Estacade, quai, monument, statut patrimonial (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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(Voir situation sur carte : Togo)

Contexte et planification

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La planification de la construction du débarcadère commence en . Du point de vue de l'administration allemande, les limites géographiques du Togo allemand rendent nécessaires de nouvelles liaisons de transport entre la côte et l'intérieur. Les comptoirs commerciaux établis sur la côte réclament également un ouvrage permettant de faciliter les opérations de débarquement et d'embarquement[1].

La côte togolaise ne dispose pas de port naturel et est exposée à une forte houle atlantique, appelée localement kalema. Avant la construction du débarcadère, les cargaisons sont débarquées au moyen d'embarcations légères, dans des conditions dangereuses. Une partie des marchandises est régulièrement perdue et les passagers peuvent être contraints d'attendre plusieurs jours avant de pouvoir accoster ou repartir[1].

Le débarcadère est conçu comme une infrastructure maritime et ferroviaire. Il doit permettre le déchargement du matériel lourd nécessaire à la construction des voies ferrées et servir de point de départ au réseau de transport colonial. L'ouvrage est donc prévu pour recevoir des wagons reliés directement à la gare de Lomé et aux futures lignes de chemin de fer[1].

Construction

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La construction commence le et se poursuit en 1902. Le coût total de l'ouvrage est estimé à environ 800 000 marks. Le débarcadère est inauguré le , jour du 45e anniversaire de l'empereur Guillaume II[2].

L'ouvrage mesure à l'origine un peu plus de 300 m de long. Cette longueur lui permet de franchir la zone de brisants située près du rivage. En 1909, il est prolongé d'environ 50 m[1].

Le débarcadère est construit en fer, avec des piles protégées par du béton. Il mesure environ m de large, sauf à son extrémité côté mer, où une plateforme d'environ 15 m de large permet les opérations de transbordement. Plusieurs grues à vapeur y assurent la manutention des marchandises et le transfert des passagers. Leur capacité de levage varie d'environ trois à six tonnes[1],[2].

Les navires de haute mer ne peuvent toutefois pas accoster directement au débarcadère en raison de l'état de la mer. Ils restent à une ou deux longueurs de navire de l'extrémité de l'ouvrage. Le transport entre les navires et la tête du débarcadère se fait au moyen de barges sans propulsion propre, d'une capacité d'environ trois tonnes. Les passagers, sauf certains fonctionnaires des postes et du gouvernement, achètent un billet pour la courte traversée[1].

Deux voies ferrées permettent aux wagons de marchandises d'atteindre l'extrémité du débarcadère. Elles sont reliées à la gare de Lomé et au réseau ferroviaire colonial. Les manœuvres sont assurées par une locomotive-tender Borsig de type B n2T. Un bâtiment des douanes est établi du côté terrestre de l'ouvrage[1].

Rôle dans la colonie allemande

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L'ancien débarcadère joue un rôle majeur dans le développement de Lomé. Les villes côtières du Togo allemand ne disposent alors que de rades ouvertes, ce qui rend les opérations maritimes difficiles. Après l'inauguration du débarcadère, la plupart des lignes de navigation à vapeur cessent de desservir Anecho et les autres points côtiers pour concentrer leur trafic sur Lomé[2].

La ville devient ainsi la principale porte d'entrée maritime de la colonie. Les lignes de chemin de fer partant du débarcadère sont progressivement prolongées vers l'intérieur. La première ligne mise en service est la ligne de chemin de fer Lomé-Aného, longue de 44 km, dont l'un des objectifs est de compenser le déclin des autres villes côtières[3].

Le débarcadère et les voies ferrées appartiennent à l'État colonial allemand et sont loués à la Compagnie allemande de construction et d'exploitation des chemins de fer coloniaux, basée à Berlin. L'ouvrage devient rapidement l'un des symboles de Lomé et du développement colonial allemand au Togo[1].

Tempête de 1911

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Le , le débarcadère est gravement endommagé par une violente tempête, parfois décrite dans les récits contemporains comme un séisme sous-marin. La partie centrale de l'ouvrage s'effondre dans la mer. Trois grues rotatives, une douzaine de wagons et des marchandises, notamment du caoutchouc, du coton et de l'ivoire, sont emportés. Une maison du pontier et une barge de débarquement sont également détruites[4].

La catastrophe perturbe les opérations de débarquement pendant plus d'un an. Le transport des passagers et du courrier doit temporairement être effectué depuis la plage. Malgré ces difficultés, 74 000 passagers empruntent le débarcadère en 1911 et 1912. Les marchandises transportées représentent alors une valeur de plus de 650 000 marks[4].

La reconstruction est achevée le . La section reconstruite contourne la partie effondrée, ce qui donne à l'ouvrage deux courbes et porte sa longueur totale à environ 360 m[4].

Période française et abandon

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Vestiges du débarcadère allemand en 2006.
Vestiges du débarcadère français en 2006.

Après la reddition de Lomé le , au début de la Première Guerre mondiale, le débarcadère passe sous le contrôle des puissances de l'Entente. Après la guerre, Lomé est intégrée au Togo français, administré sous mandat de la Société des Nations.

En 1928, l'ancien débarcadère est de nouveau détruit par un phénomène marin violent. L'administration française fait alors construire, à proximité immédiate, un nouveau débarcadère plus long et plus moderne[5]. Ce second ouvrage est lui aussi aujourd'hui hors service. Ses vestiges sont mieux conservés que ceux du débarcadère allemand, dont il ne reste principalement que les fondations.

Entre 1965 et 1968, le port en eau profonde de Lomé est construit par un consortium d'entreprises allemandes. Il remplace définitivement les anciens débarcadères comme infrastructure maritime principale de la capitale togolaise[1].

En 1984, l'ancien débarcadère figure sur une série de timbres-poste commémorant le centenaire de l'histoire germano-togolaise[6].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 « Le wharf de Lomé », sur Que faire à Lomé ?, (consulté le )
  2. 1 2 3 (de) « Die Landungsbrücke von Lomé », sur Goethe-Institut Togo (consulté le )
  3. « Les chemins de fer au Togo », sur Togo Tourisme, (consulté le )
  4. 1 2 3 « 1890-1924 », sur Port autonome de Lomé (consulté le )
  5. (de) Willi A. Boelcke, So kam das Meer zu uns : Die preußisch-deutsche Kriegsmarine in Übersee 1822 bis 1914, Francfort-sur-le-Main, Berlin, Vienne, Ullstein, (ISBN 3-550-07951-6), p. 140
  6. Paul-W, « Lomé - Vue du wharf - 1903 », sur Flickr, (consulté le )

Voir aussi

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Articles connexes

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Bibliographie

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  • (de) Arthur Koppel (de), Vorarbeiten für eine Landungsbrücke und Küstenbahn von Lome nach Klein-Popo, Berlin, Baensch, (lire en ligne)
  • (de) Peter Sebald (de), Togo 1884–1914 : Eine Geschichte der deutschen « Musterkolonie » auf der Grundlage amtlicher Quellen, Berlin, Akademie-Verlag, (ISBN 3-05-000248-4)

Liens externes

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