Wikipédia:Sélection/Entomologie

Aphidoidea

Colonie de pucerons.
Colonie de pucerons.

Les pucerons sont de petits insectes suceurs de sève qui représentent la super-famille des Aphidoidea.

Le cycle de vie type des pucerons implique des femelles incapables de voler donnant naissance à des nymphes femelles sans la participation des mâles (parthénogenèse) ; les nouveau-nées peuvent être déjà gravides, un comportement nommé « développement télescopique ». La reproduction étant prolifique, le nombre de ces insectes se multiplie rapidement, et une fois la population bien développée, des femelles ailées naissent afin de coloniser de nouveaux milieux. Dans les régions tempérées, une phase de reproduction sexuée a lieu à l'automne, les insectes passant souvent l'hiver sous forme d'œufs.

Le cycle de vie de certains pucerons implique une alternance entre deux espèces de plantes hôtes, par exemple entre une culture et une plante ligneuse. Certaines espèces se nourrissent d'un seul type de plante, tandis que d'autres sont généralistes et colonisent de nombreux groupes de plantes. Environ 5 000 espèces de pucerons ont été décrites, toutes comprises dans la famille des Aphididae. Environ 400 d'entre elles se trouvent sur des cultures vivrières et des plantes à fibres, et beaucoup sont de sérieux parasites pour l'agriculture et de la sylviculture, ainsi qu'une gêne pour les jardiniers. Certaines familles de fourmis ont construit une relation mutualiste ayant mené à une coévolution avec les pucerons, les élevant et les protégeant des prédateurs afin de récolter leur miellat.

Les pucerons sont parmi les insectes nuisibles les plus destructeurs pour les plantes cultivées dans les régions tempérées. En plus d'affaiblir la plante en aspirant sa sève, ils agissent comme vecteurs de virus végétaux et défigurent les plantes ornementales en y déposant du miellat et par la croissance ultérieure de fumagine. En raison de leur capacité à augmenter rapidement leur nombre par reproduction asexuée et développement télescopique, ils constituent un groupe d'organismes très performant d'un point de vue écologique.

La lutte contre les pucerons n'est pas facile. Les insecticides ne donnent pas toujours des résultats fiables, étant donné leur résistance à plusieurs classes d'insecticides et le fait que les pucerons se nourrissent souvent sur la face inférieure des feuilles. À l'échelle du jardin, des jets d'eau et des pulvérisations de savon sont assez efficaces. Les ennemis naturels du puceron sont les coccinelles prédatrices, les larves de syrphes, les guêpes parasitoïdes, les larves de cécidomyie du puceron, les araignées-crabes, les larves de névroptères et les champignons entomopathogènes. Une stratégie de lutte intégrée contre les parasites utilisant des moyens biologiques peut fonctionner, mais elle est difficile à réaliser, sauf dans des environnements fermés comme les serres.

Chrysolopus spectabilis

Chrysolopus spectabilis.
Chrysolopus spectabilis.

Chrysolopus spectabilis est une espèce d'insectes de l'ordre des coléoptères appartenant à la famille des Curculionidae, laquelle regroupe les espèces souvent nommées « charançons ». L'insecte vit dans le Sud-Ouest de l'Australie, et est connu dans l'histoire naturelle du pays pour être le premier insecte australien à avoir été décrit scientifiquement, en 1775. Les adultes comme les larves sont phytophages, se nourrissant sur certains acacias et mimosas, auxquels ils peuvent infliger de sérieuses déprédations.

Colilodion schulzi

Holotype déposé au muséum d'histoire naturelle de Genève.
Holotype déposé au muséum d'histoire naturelle de Genève.

Colilodion schulzi est une espèce de coléoptères de la famille des Staphylinidae. Ce petit staphylin brun-rougeâtre, robuste, est connu d'un unique spécimen, une femelle de 2,37 mm de long. Dans le genre Colilodion, il se rapproche des espèces C. concinnus et C. inopinatus par ses antennomères III élargis, mais s'en distingue aisément par la largeur plus importante et constante de ceux-ci, ainsi que par d'autres caractères morphologiques. Il ressemble plus encore à C. colongi, qui ne porte cependant pas autant de soies, notamment. Bien que son mode de vie soit inconnu, la présence de trichomes et la connaissance des espèces apparentées laissent supposer que cet insecte est myrmécophile. L'holotype est collecté en 2009 sur Palawan, aux Philippines, lors d'un tamisage de débris végétaux en forêt de conifères. L'espèce est décrite en 2016 par les coléoptérologues Zi-Wei Yin, de la Shanghai Normal University, et Giulio Cuccodoro, du muséum d'histoire naturelle de Genève, où est déposé le matériel type. La dénomination spécifique du taxon est dédiée au myrmécologue allemand Andreas Schulz, collecteur du spécimen. Sous le nom de « coléoptère lapin », Colilodion schulzi est élu « espèce de l'année 2017 de la Société suisse de systématique ».

Doryphore

Doryphore adulte.
Doryphore adulte.

Le doryphore (Leptinotarsa decemlineata), ou doryphore de la pomme de terre, est une espèce d'insectes de l'ordre des coléoptères et de la famille des chrysomélidés aux élytres jaunes rayés de noir. Ce phytophage, spécialisé dans les plantes de la famille des Solanaceae, est un ravageur important, tant à l'état adulte qu'à l'état larvaire, des cultures de pommes de terre qu'il peut anéantir en cas de défoliation totale. Il peut aussi s'attaquer à d'autres solanacées cultivées comme la tomate et l'aubergine. S'il reste un problème sérieux dans certaines régions (nord-est des États-Unis, Canada, Europe orientale), il est moins redouté de nos jours en Europe occidentale et notamment en France.

Jean-Henri Fabre

Portrait de Jean-Henri Fabre.
Portrait de Jean-Henri Fabre.

Jean-Henri Fabre, né le à Saint-Léons (Aveyron), mort le à Sérignan-du-Comtat (Vaucluse), est un homme de sciences, un humaniste, un naturaliste, un entomologiste éminent, un écrivain passionné par la nature et un poète français et de langue d'oc (et à ce titre félibre), lauréat de l'Académie française et d'un nombre élevé de prix.

Il peut être considéré comme l'un des précurseurs de l'éthologie, science du comportement animal, et de l'écophysiologie.

Ses découvertes sont tenues en haute estime en Russie, aux États-Unis, en Corée et surtout au Japon où Jean-Henri Fabre est considéré comme le modèle accompli de l'homme de sciences et de l'homme de lettres réunis et, à ce titre, est au programme des enseignements de l'école primaire. Il est aussi mondialement connu pour ses Souvenirs entomologiques, qui ont été traduits en quinze langues.

« Un grand savant qui pense en philosophe, voit en artiste, sent et s'exprime en poète », c'est ainsi que Jean Rostand qualifie Jean-Henri Fabre.

Leptodirus hochenwartii

Le flash fausse la coloration : l'insecte parait brun mais sa cuticule est en fait presque transparente.
Le flash fausse la coloration : l'insecte parait brun mais sa cuticule est en fait presque transparente.

Leptodirus hochenwartii est une espèce de coléoptères de la famille des Leiodidae, la seule du genre Leptodirus. Son nom latin est très souvent orthographié L. hohenwarti. C'est une espèce troglobie, remarquablement adaptée à son environnement : elle est endémique de la partie occidentale des Alpes dinariques et habite les grottes karstiques de Croatie, de Slovénie ainsi que d'une petite partie de l'Italie. Elle mesure près d'un centimètre de longueur et son écologie est globalement très mal connue.

Collectée en 1831 et officiellement décrite l'année suivante, Leptodirus hochenwartii fut la première espèce d'insectes cavernicoles connue. Elle a marqué l'entomologie slovène et fut même un tournant pour la zoologie tout entière, puisqu'elle initia une nouvelle discipline scientifique : la biospéléologie.

Migration des papillons

Nuée de monarques préparant leur migration.
Nuée de monarques préparant leur migration.

La migration des papillons est, avec celle des criquets, l'un des types les plus visibles et les plus connus de migration d'insectes. Comme toute migration animale, il s'agit d'un déplacement, souvent sur de longues distances, à caractère périodique et impliquant un retour (sinon, il s'agit d'une colonisation ou d'une invasion).

L'existence de migrations est confirmée pour plus de 300 espèces de papillons, principalement tropicaux. Chez le papillon, cette migration est, pour certaines espèces, effectuée aller et retour par le même imago (papillon), mais, le plus souvent, étant donné la faible longévité des imagos, elle est constituée d'une migration primaire, et ce sont les descendants de ces migrateurs qui effectuent la migration de retour (mouvement « pendulaire »).

Selon les espèces, les papillons peuvent réaliser des migrations plus ou moins importantes : elles peuvent être annuelles ou occasionnelles, et se faire sur de grandes distances, ou se limiter à une dispersion à partir de l'aire de naissance. Les papillons ne sont pas tous migrateurs, loin de là : nombre d'espèces ne s'éloignent pas de l'endroit où elles ont été pondues, puis ont vécu leur temps larvaire.

Phylloxéra

Le terme de phylloxéra désigne, d'une part un minuscule insecte homoptère, sorte de puceron ravageur de la vigne, et, d'autre part la maladie de la vigne causée par cet insecte. Le phylloxéra, originaire de l'Est des États-Unis, a provoqué une grave crise du vignoble européen à partir de 1863. Il a fallu plus de 30 ans pour la surmonter, en utilisant des porte-greffes issus de plants américains, naturellement résistants au phylloxéra.

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Stegobium paniceum

Stegobium paniceum, minuscule coléoptère long de quelques millimètres, sur l'extrémité d'un doigt.
Stegobium paniceum, minuscule coléoptère long de quelques millimètres, sur l'extrémité d'un doigt.

Stegobium paniceum, en français la vrillette du pain, vrillette boulangère ou stégobie des pharmacies, est une espèce de coléoptères de la famille des Anobiidae, la seule du genre monotypique Stegobium. Elle fut décrite pour la première fois, en 1758, par Carl von Linné, sous le protonyme de Dermestes paniceus. Les anglophones l’appellent communément « coléoptère des drugstores » (Drugstore beetle).

Cosmopolite, Stegobium est présent surtout dans les climats chauds et dans les bâtiments chauffés. Il peut infester une grande variété de produits secs alimentaires, d'origine végétale ou animale, et non alimentaires, comme des livres, des collections biologiques ou des œuvres d'art, avec une préférence pour les substances amylacées. Des traitements physiques, chimiques ou biologiques peuvent être appliqués, à titre curatif, pour l'éliminer ou, à titre préventif, pour réduire les risques d'infestation en contrecarrant son accès aux endroits susceptibles d'accueillir les pontes.

La vrillette du pain est une espèce proche de la petite vrillette (Anobium punctatum), insecte ravageur du bois, qui s'en distingue par sa teinte nettement plus foncée et sa tête capuchonnée. Elle est parfois confondue avec la vrillette du tabac (Lasioderma serricorne) qui s'attaque également aux stocks de denrées alimentaires ; ces deux espèces peuvent être différenciées par l'aspect de leurs antennes et de leurs élytres.

Nicolas Théobald

Le géologue et paléontologue Nicolas Théobald à Besançon en 1976.
Le géologue et paléontologue Nicolas Théobald à Besançon en 1976.

Nicolas Théobald, né à Montenach (Alsace-Lorraine) le et mort à Obernai (Bas-Rhin) le (à 77 ans), est un géologue, paléontologue et entomologiste français.

Il est surtout connu pour l'orientation nouvelle de sa thèse d'État sur Les Insectes fossiles des Terrains oligocènes de France (1937). Il a découvert plusieurs genres et plus de 300 espèces d'insectes ; toutefois, ces fossiles étant souvent très proches des espèces actuelles, ce n'est pas leur valeur stratigraphique qui est mise en avant, mais leur signification biogéographique, permettant de déterminer les caractères climatiques et environnementaux de leurs milieux de vie et de décrire les paysages de la « France » oligocène.

Il est aussi un spécialiste de l'histoire géologique de tout le bassin du Rhin moyen et de la Moselle. Il insiste sur les preuves de mouvements tectoniques quaternaires principalement dans le fossé rhénan.

Agrégé de sciences naturelles, il a très tôt la vocation d'enseigner et, comme professeur de géologie à l'Université de Sarrebruck, puis à l'Université de Besançon, forme de nombreux chercheurs, tout en attirant l'attention sur la nécessaire protection des ressources en eau potable et des milieux naturels fragiles.