Wilhelm Gustloff
Wilhelm Gustloff, né le à Schwerin (Allemagne), est un militant nazi allemand actif en Suisse, assassiné le à Davos par David Frankfurter, jeune étudiant juif yougoslave.
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Sépulture | |
| Nationalité | |
| Domicile |
Davos (à partir de ) |
| Activité | |
| Conjoint |
Hedwig Schoknecht (d) (à partir de ) |
| Date de baptême | |
|---|---|
| Parti politique |
Parti national-socialiste des travailleurs allemands (à partir de ) |
| Membre de |
Biographie
modifierWilhelm Gustloff reçoit une formation d'employé de banque. Souffrant d'une maladie pulmonaire, il n'est pas mobilisé durant la Première Guerre mondiale ; venu en 1917 à Davos dans le canton suisse des Grisons pour se soigner, il s'y installe ensuite définitivement, y travaillant dans les services météorologiques.
Membre du Deutschvölkischer Schutz- und Trutzbund (« Alliance de protection et de défense des Nationaux allemands ») à partir de 1921, il adhère au Parti nazi en 1929 et devient Landesgruppenleiter (« dirigeant de groupe territorial ») en Suisse dans le cadre de la NSDAP-Auslandsorganisation (« Organisation extérieure du NSDAP »).
Après l'arrivée au pouvoir de Hitler en Allemagne, Gustloff renforce son implantation avec des « bases » (Berne, Glaris, Lausanne et Zuoz dans le canton des Grisons) et des « groupes locaux » (Bâle, Davos, Lugano, Zürich), dont le nombre augmente assez vite. Il se livre à une propagande antisémite notoire, diffusant Les Protocoles des Sages de Sion.
Ses activités pro-allemandes et antisémites aboutissent à des interpellations au Parlement suisse dès , sans résultat ; mais en 1935, Gustloff est tout de même sérieusement menacé d'expulsion du territoire suisse après la publication d'un ouvrage, Der Reichsdeutsche, dans lequel il reconnait avoir prêté serment d'obéissance à Hitler. Les Allemands essayant de lui fournir une immunité diplomatique, il s'ensuit des débats qui permettent de surseoir à cette expulsion.
Parti pour Berlin pour le 3e anniversaire de l'avènement au pouvoir de Hitler (), il est assassiné dans son appartement le suivant, peu après son retour à Davos, par un étudiant yougoslave, David Frankfurter, fils d'un rabbin, qui souhaitait par ce geste « réveiller son peuple ». À la fin de l'année, Frankfurter est condamné à 18 ans de prison (il sera libéré en 1945, puis réhabilité par la Confédération suisse dans les années soixante, alors qu'il réside en Israël).
Le paquebot Wilhelm-Gustloff
modifierAdolf Hitler décide d'honorer Wilhelm Gustloff, martyr de la cause du national-socialisme, en donnant son nom à un paquebot en cours de finition dans les chantiers navals Blohm + Voss de Hambourg. Le lancement du Wilhelm Gustloff a lieu en présence d'Hitler et de la veuve de Gustloff. Ce navire qui servira avant-guerre de vitrine sociale du Troisième Reich en proposant des croisières aux travailleurs allemands méritants, finira torpillé en mer Baltique par un sous-marin soviétique le — ironiquement jour-anniversaire de l'accession d'Hitler au pouvoir et jour de l'anniversaire de Gustloff — alors qu'il évacuait des militaires et des civils de la Prusse-Orientale face à l'avancée des Soviétiques. Le nombre de victimes varie entre 5 300 et 9 343 personnes à bord, ce qui en ferait la plus grande catastrophe maritime de l'histoire.
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Matthieu Gillabert, La Propagande nazie en Suisse. L'affaire Gustloff 1936, Lausanne, Presses polytechniques et universitaires romandes, 2008
- En allemand
- Peter Bollier, 4. Februar 1936: das Attentat auf Wilhelm Gustloff, dans Roland Aergerter (dir.), Politische Attentate des 20. Jahrhunderts, Zurich, NZZ Verlag, 1999
- Emil Ludwig, Peter O. Chotjewitz et Helmut Kreuzer (Hrsg.), Der Mord in Davos, Herbstein, 1986
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- « Wilhelm Gustloff », dans la base de données Dodis des Documents diplomatiques suisses