Wilhelm Kirschey, né le à Elberfeld et mort le à Berlin, est un responsable allemand du KPD, résistant au national-socialisme, directeur de publication et diplomate de la République démocratique allemande.

Wilhelm Kirschey
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Fonction
Ambassadeur de la République démocratique allemande (d)
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 100 ans)
BerlinVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Domicile
Wuppertal (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Gérant (à partir de ), consul général (-), chef de service, commissaire aux comptes, comptable, diplomateVoir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Walter Kirschey (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Partis politiques
Membre de
Freie sozialistische Jugend (d) ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Lieu de détention
Distinction

Biographie

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Origines et formation

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Wilhelm Kirschey est le fils de Wilhelm, maçon, et d'Auguste née Berghöfer. Les parents ont une fille aînée et quatre fils viennent ensuite au monde. Le père est cofondateur du syndicat de la construction d'Eberfeld et membre du Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD). Opposant à la guerre, il est enrôlé dans l'armée en 1915 et grièvement blessé à Verdun. Il meurt en 1917. Sa mère Auguste rejoint le Parti social-démocrate indépendant d'Allemagne (USPD) en 1917, et plus tard l'Association internationale des victimes de guerre et du travail. Elle parcourt l'Allemagne pour faire connaître les objectifs de cette organisation et rallier de nouveaux membres. En , le jeune Wilhelm Kirschey est témoin des combats de l'Armée rouge de la Ruhr contre les putschistes de Kapp[1].

À la fin de ses études primaires, il rejoint la Jeunesse prolétarienne socialiste, qui fusionne peu après avec la Jeunesse communiste d'Allemagne. Auguste Kirschey est élue au parlement de la ville en tant que membre du Parti communiste d'Allemagne (KPD). L'administration municipale social-démocrate refuse à Wilhelm Kirschey la formation de comptable qu'il avait envisagée. Apprenti chez un grossiste en fil, il est utilisé comme coursier. Il suit une formation de comptable auprès d'un professeur privé[1].

Engagement au KPD

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En 1923, il rejoint le KPD[2]. Il est employé comme comptable à la Roten Tribüne à Elberfeld. Il obtient son premier emploi commercial dans la maison d'édition Remscheid KPD de la Bergische Tageszeitung. Après l'interdiction du KPD, lui et douze de ses camarades sont emprisonnés pour distribution publications illégales[1].

De 1924 à 1926, Kirschey devint chef de sous-district du KJVD. En 1927, il part à Düsseldorf comme comptable à l'imprimerie du journal du KPD Freiheit dans le district du Bas-Rhin. Il est ensuite promu chef comptable et commissaire aux comptes chez Papier-Erzeugungs- und Verehrungs AG (PEUVAG) à Berlin. Sa tâche est de sécuriser les actifs du KPD, avec l'aide de sociétés du parti déguisées en sociétés privées. Pour garantir la propriété du KPD, la société Diligentia est créée en Suisse. L'imprimerie allemande est vendue à l'entreprise bâloise. La société fiduciaire et de révision Profunda remplace la PEUVAG, dissoute en 1932. En , le gouvernement nazi confisque toutes les imprimeries du parti. Kirschey s'occupe de la liquidation de Profunda. Cela signifie qu’aucune autre activité commerciale n’est possible[1].

Résistance et arrestation

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En 1933, il émigre à Bâle, en Suisse, avec du matériel dissimulé du parti. Il devient employé du Komintern. Il administre les imprimeries et maisons d'édition des partis communistes d’Europe occidentale. Son directeur, Hugo Eberlein, organise pour lui des voyages dans plusieurs villes d'Europe occidentale. En , il est nommé à la direction du Arbeiterzeitung dirigé à Sarrebruck (les précédents responsables ont démissionné devant la situation incertaine face au prochain référendum).

À Sarrebruck, il rencontre Karoline, qui travaille comme femme de ménage chez son hébergeur. Le travail de Kirschey consiste à acheminer des pièces de machines à imprimer en France. Karoline, enceinte, est accueillie chez la sœur de Wilhelm à Wuppertal et donne naissance à leur fils Walter.

En 1935, Kirschey s'enfuit en France et rejoint la représentation à l'étranger du comité central du KPD à Paris[2]. Il,s'occupe de trouver les adresses postales, les points de contact pour la correspondance des partis et les logements pour les coursiers.

Fin 1939, il est interné dans le camp de Vierzon, puis placé sous surveillance policière jusqu'en 1944[2]. Il est finalement arrêté et livré à la Gestapo, qui l'envoie à la prison militaire de Toulouse. Le , il est déporté au camp de concentration de Buchenwald. Le , les prisonniers débarquent à la rampe de la gare de Buchenwald. Il reçoit le numéro de prisonnier 69545[1].

Le , les prisonniers sont libérés par l'armée américaine. Avec les 21 000 autres prisonniers libérés, il participe à la cérémonie funéraire, le et récite le serment de Buchenwald aux personnes rassemblées. Le , il part dans la Hesse dans un omnibus, avec 20 autres anciens prisonniers. À Fritzlar, ils obtiennent qu'un GI les conduise à Düsseldorf. Il se retrouve à Elberfeld avec sa famille.

Responsabilités après-guerre

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En , il prend la direction de la maison d'édition Freier Verlag de Düsseldorf. Fin 1946, il s'installe dans la zone d'occupation soviétique et devient membre du Parti socialiste unifié d'Allemagne (SED). Il est directeur commercial du Sachsenverlag à Plauen, puis chef du département d'audit au sein du conseil d'administration du parti SED. De 1950 à 1959, il est chef de service au Zentrag. De 1959 à 1963, Kirschey est consul général de la mission commerciale de la RDA en Guinée, puis chef du département des cadres au ministère des Affaires étrangères. En 1976, il reçoit l'Étoile de l'amitié des peuples en or[2].

Après 1989, il qualifie le déclin de la RDA comme l'échec de la direction de son parti. Sa dernière apparition publique remonte au , au mémorial de Buchenwald, pour l'anniversaire de la libération. Lors de l'appel, il exhorte les jeunes générations à ne plus jamais accepter le fascisme[1].

Kirschey meurt le à Berlin, à 100 ans.

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 Buchenwald, ich kann dich nicht vergessen, Hrsg. Rosa-Luxemburg-Stiftung Peter Hochmuth und Gerhard Hoffmann. Lebensbilder, Karl Dietz Verlag Berlin, 2007 und 2015 (ISBN 978-3-320-02100-9)
  2. 1 2 3 4 (de) « Kirschey, Walter (Biographische Angaben aus dem Handbuch der Deutschen Kommunisten) », sur bundesstiftung-aufarbeitung.de (consulté le ).

Bibliographie

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  • (de) Hermann Weber, Andreas Herbst (éd.): Deutsche Kommunisten. Biographisches Handbuch 1918 bis 1945. Zweite, überarbeitete und stark erweiterte Auflage. Karl Dietz Verlag, Berlin, (ISBN 978-3-320-02130-6) [lire en ligne]
  • (de) Buchenwald, ich kann dich nicht vergessen, Hrsg. Rosa-Luxemburg-Stiftung Peter Hochmuth und Gerhard Hoffmann. Lebensbilder, Karl Dietz Verlag Berlin, 2007 et 2015 (ISBN 978-3-320-02100-9) p. 15-30