Willem Holleeder

criminel néerlandais

Willem Frederik Holleeder est un criminel néerlandais, né le à Amsterdam, surnommé dans le milieu de Neus (en français : le nez). Il est connu pour sa participation dans l'enlèvement de Freddy Heineken et de son chauffeur Ab Doderer en 1983.

Willem Holleeder
Willem Holleeder au Palais de justice d'Amsterdam en 1987.
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (68 ans)
AmsterdamVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Willem Frederik Holleeder
Surnom
De NeusVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Fratrie
Astrid Holleeder
Sonja Holleeder (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Parentèle
Miljuschka Witzenhausen (en) (nièce)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Sport
Lieux de détention

Après avoir purgé sa peine de prison, il gravit les échelons du milieu criminel d'Amsterdam. Il est suspecté dans plusieurs affaires et est de nouveau incarcéré en 2006.

Le , il est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité par le tribunal d'Amsterdam pour avoir commandité six assassinats entre 2002 et 2006.

Biographie

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Jeunesse

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Son père Wim Holleeder (1927-1990) est cycliste professionnel avant d'être employé dans les brasseries Heineken où il est, notamment, le chauffeur personnel de Freddy Heineken (en), jusqu'à ce que des problèmes d'alcoolisme le conduisent au licenciement et au suicide[1],[2].

Débuts dans la criminalité (années 1970)

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Dans les années 1970, Willem Holleeder intègre une bande, qu'ils appellent Epancratius, qui sévit à Amsterdam. Dans le quartier de Kinkerbuurt à Amsterdam, ils se font notamment payer par des propriétaires et des promoteurs pour expulser les occupants de squats[1].

La bande fonde l'entreprise de construction Epan B.V. et gèrent plusieurs établissements de restauration. L'entreprise fait finalement faillite suite à une mauvaise gestion et ils se lancent alors dans le trafic de main-d'œuvre avec une agence de placement clandestine, démantelée au bout d'un an[2].

Enlèvement de Freddy Heineken

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L'enlèvement

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En 1983, il fait partie d'un gang de cinq petits malfrats (dirigé par son copain d'enfance, beau-frère et acolyte Cor van Hout (en)) qui kidnappe Freddy Heineken et son chauffeur Ab Doderer. Ceux-ci sont détenus dans des conditions épouvantables dans un entrepôt du quartier des docks ouest d'Amsterdam. L'affaire captive l'attention du pays tout entier[2].

Les gangsters obtiennent la rançon exigée de 35 millions de florins par la société Heineken, l'équivalent de 16 millions d'euros. Ils se savent démasqués et suivis par les services de police presque aussitôt après[3],[4].

Arrestations et condamnations

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Jan Boellaard et Martin Erkamps sont arrêtés presque immédiatement. Une chasse à l'homme est lancée pour retrouver les trois autres auteurs. Frans Meijer se présente volontairement au commissariat d'Amsterdam[2].

Dans la nuit du , à peine quelques heures avant le coup de filet de la police néerlandaise, Willem Holleeder et son complice Cor van Hout, en fuite, parviennent à déjouer les enquêteurs en passant la frontière française à bord d'une Golf GTI. Arrivés à Paris à l'insu des autorités néerlandaises qui les cherchent dès lors activement aux quatre coins des Pays-Bas, Willem Holleeder et Cor van Hout louent un appartement au 2, rue de Penthièvre (8ème arrondissement) appartenant à Sylvia Winter, une professionnelle de l'immobilier qui s'était liée d'amitié avec Willem Holleeder. N'étant pas au courant du kidnapping, la jeune femme se fait entendre dire par Willem Holleeder que son ami et lui ont rejoint la France en raison de problèmes avec le fisc néerlandais[5].

Le , Willem Holleeder et Cor van Hout sont arrêtés par la police à Paris. S'en suivent plusieurs mois en prison et en résidence surveillée dans des hôtels de la région parisienne. En 1985, il échappe de peu à une extradition dans la partie française de l'île franco-néerlandaise de Saint-Martin avec Cor van Hout[6]. Les deux hommes sont finalement extradés vers les Pays-Bas le . Condamnés à 11 ans de prison l'année suivante, ils sont libérés au début des années 1990[7],[2].

Après leur libération, Willem Holleeder et Cor Van Hout, auraient replongé dans le milieu criminel et seraient impliqués dans un vaste trafic de drogue et des extorsions, mais aucune preuve n'a pu être présentée contre eux[2].

La rançon payée pour la libération de Freddy Heineken est en grande partie retrouvée mais les deux hommes auraient récupéré huit millions de florins de la rançon cachée dans le bois de Boulogne, l'argent étant réinvesti à Amsterdam pour former un empire immobilier, avec notamment plusieurs maisons de passe dans le quartier d'Alkmaar[2],[8].

Affaire Endstra

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Willem Holleeder s'associe au conseiller financier et agent immobilier Willem Endstra (nl), considéré comme le « banquier » du milieu néerlandais[2]. Celui-ci est abattu en [2].

Le parquet d'Amsterdam perquisitionne le domicile de Willem Holleeder ainsi que ceux de sa compagne et de son conseiller financier, dans le cadre de l'enquête sur le meurtre d'Endstra[2].

Le , Willem Holleeder est arrêté, soupçonné de possession illégale d'arme à feu, sa voiture est saisie[2].

En mai 2004, son permis lui est aussi confisqué après un excès de vitesse. Il réussit à le récupérer avec l'argument qu'il est en danger de mort et que se déplacer autrement lui rendrait la vie impossible. Le banquier de la pègre néerlandaise Willem Endstra (en) aurait en effet ordonné son exécution. Le , le juge lui restitue son permis.[réf. nécessaire]

En , il est arrêté, avec treize autres suspects, pour chantage et extorsion de fonds de plusieurs propriétaires immobiliers, dont Willem Endstra, assassiné en 2004. Lors d'interrogatoires avec la police effectués entre le et le , Willem Endstra aurait accusé Willem Holleeder de 25 assassinats et d'avoir prévu de faire assassiner sa propre sœur, Sonia[9].

Willem Holleeder entame une grève de la faim du au pour protester contre des conditions de détention dans la prison de Vught, qu'il considère comme trop strictes[10].

Le , le tribunal le condamne à une peine d'emprisonnement de neuf ans pour extorsion de fonds à l'encontre des deux hommes d'affaires, Willem Endstra et Kees Houtman, tous deux abattus[11]. Le tribunal reconnaît également l'extorsion de fonds à l'encontre du promoteur immobilier Rolf Friedlander et la participation de Willem Holleeder à une organisation criminelle. La Cour suprême rejette son appel le , ce qui rend la condamnation définitive[9],[12].

Le , il est libéré pour bonne conduite après avoir purgé les deux tiers de sa peine[13],[9].

Affaire des menaces contre Peter R. de Vries

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Willem Holleeder est à nouveau arrêté le , alors qu'il est en liberté conditionnelle, pour avoir menacé de mort le journaliste d'investigation Peter R. de Vries. Son procès s'ouvre le . Ses deux sœurs Sonja et Astrid Holleeder témoignent contre lui. Astrid Holleeder déclara au parquet que son frère a prévu d'assassiner huit personnes après sa libération en 2014, dont sa sœur Sonja et Peter R. de Vries[14]. Willem Holleeder est reconnu coupable de menaces. Comme les faits se sont produits pendant sa période de probation, il doit également purger les trois dernières années de sa peine pour extorsion envers Endstra et d'autres personnes[15].

Procès Passage

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En , Astrid Holleeder, sa sœur Sonja, une ex-petite amie de Willem Holleeder et la veuve de son ancien partenaire Sam Klepper, témoignent à charge contre lui dans le procès dit « Passage ». Elles l’accusent, entre autres, de plusieurs assassinats : Sam Klepper en 2000, son beau-frère Cor van Hout et le marchand de bateaux Robert ter Haak en 2003, le marchand immobilier Willem Endstra en 2004, le criminel John Mieremet (en) et le trafiquant de haschich Kees Houtman (nl) en 2005 et un propriétaire de café Thomas van der Bijl (nl) en 2006[16],[17].

Le Ministère public fait savoir que Willem Holleeder a commandité, les meurtres d’Astrid, de sa sœur Sonja, de son ex-petite amie et du journaliste Peter R. de Vries depuis l'établissement pénitentiaire ultra-sécurisé de Vught où il est incarcéré, à raison de 35 000  par personne[17],[18],[19].

Le , le tribunal condamne Willem Holleeder à la réclusion à perpétuité pour avoir commandité cinq meurtres entre 2002 et 2006. Selon le tribunal, il s'agissait d'assassinats de sang-froid, commis sur commande, de manière organisée et en échange de fortes sommes d'argent. Le tribunal juge fiables les déclarations des témoins, notamment celles des sœurs et de l'ex-petite amie de Holleeder[20],[21].

Le jugement en appel de la Cour d'appel confirme, le , la condamnation de Willem Holleeder à la prison à vie[22].

Popularité

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Pendant un long moment, Willem Holleeder semble apprécié de certains médias[23],[13]. De à , Willem Holleeder tient une chronique hebdomadaire dans l'hebdomadaire Nieuwe Revu (nl)[24].

En , il est invité à l'émission de radio de Ruud de Wild (nl) sur Radio 538, avec le rappeur Lange Frans (nl) qui lui a dédié une chanson, intitulée « Willem is terug » (Willem est de retour)[25].

Le , il participe à l'émission College Tour (en), un programme de la télévision publique NPO qui reçoit des célébrités[23],[26],[27].

La popularité de Willem Holleeder dans les médias lui vaut le surnom de « knuffelcrimineel » (criminel câlin), un terme qui devient un néologisme en néerlandais[28],[13],[23].

Un (faux) compte Twitter à son nom compte 74 000 abonnés en 2012[29].

Cinéma

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Sam Worthington l'interprète dans le film Kidnapping Mr. Heineken (2015).

Bibliographie

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  • (nl) John van den Heuvel et Bert Huisjes, Tijdperk Willem Holleeder. Na de Heinekenontvoering beginnen de liquidaties, Amsterdam, Uitgeverij Carrera, (ISBN 9789048826285)
  • Astrid Holleeder (trad. du néerlandais par Brigitte Zwerver-Berret et Yvonne Pétrequin), Judas, Éditions du sous-sol,

Notes et références

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  1. 1 2 (nl) Paul Vugts, « Willem Frederik Holleeder: van de Jordaan tot College Tour », Het Parool, (lire en ligne Accès limité)
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 (nl) « Willem Holleeder: invloedrijk crimineel », NOSjournaal, (lire en ligne)
  3. (nl) « Graven naar de miljoenen van Freddy Heineken - archief nrc.nl » [archive du ], sur vorige.nrc.nl (consulté le )
  4. « Willem Holleeder, dit “Le nez”, plus grand criminel des Pays-Bas, condamné à la perpétuité », sur 7sur7.be, (consulté le )
  5. Peter R De Vries, De ontvoering van Alfred Heineken, De Fontein Tirion, , 421 p. (ISBN 978-90-261-1951-4).
  6. (nl) Corine Bossink, Anne Verwaaij, Mirjam Gulmans, « Holleeder op de vlucht », sur Andere Tijden (consulté le )
  7. (nl) « Heineken-ontvoerders: 11 jaar », Limburgsch Dagblad, (lire en ligne)
  8. (nl) Jan Meeus, Verraad: de misdaadbiografie van Willem Holleeder, Nieuw Amsterdam, , p. 57.
  9. 1 2 3 (nl) « Holleeder vrijgelaten », Nu, (lire en ligne)
  10. (nl) « Willem Holleeder in hongerstaking », De Telegraaf, (lire en ligne)
  11. (nl) « Holleeder veroordeeld tot negen jaar voor afpersingen » [archive du ], sur www.rechtspraak.nl (consulté le )
  12. (nl) « Hoge Raad verwerpt cassatieberoep Holleeder », NOS, (lire en ligne)
  13. 1 2 3 (nl) Harry Lensink, « Waarom zijn we zo gefascineerd door Willem Holleeder? », sur NPO Kennis, (consulté le )
  14. (nl) « 'Acht namen op dodenlijst Willem Holleeder' », sur nos.nl, (consulté le )
  15. (nl) Menno Sedee Redacteur Profiel Menno Sedee et Menno Sedee Redacteur Profiel Menno Sedee, « Strafzaak tegen Holleeder januari 2018 van start », NRC, (lire en ligne, consulté le )
  16. (nl) Paul Vugts, « Zussen beschuldigen Willem Holleeder van zeven liquidaties », Het Parool, (lire en ligne)
  17. 1 2 Stephane Loignon, « Willem Holleeder, le célèbre mafieux néerlandais trahi par ses sœurs », Le Parisien, (lire en ligne Accès limité)
  18. (nl) « OM: Holleeder beraamde vanuit cel moord op zussen en Peter R. de Vries », sur nos.nl, (consulté le )
  19. Nathalie Crom, « Astrid Holleeder, auteure de “Judas” : “J’ai trahi mon frère, et ça ne se fait pas, même si on n’a pas d’autre choix” », sur telerama.fr, .
  20. (nl) « Levenslange gevangenisstraf voor uitlokken 6 moordaanslagen »,
  21. « «Le Nez», criminel le plus célèbre des Pays-Bas, condamné à la perpétuité », Le Figaro, (lire en ligne, consulté le ).
  22. (nl) « Holleeder ook in hoger beroep veroordeeld tot levenslang », sur nos.nl, (consulté le )
  23. 1 2 3 Jean-Pierre Stroobants, « Willem Holleeder, grand criminel et chouchou des médias aux Pays-Bas », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
  24. (nl) « Nieuwe Revu stopt met columns Willem Holleeder », Het Parool, (lire en ligne)
  25. (nl) Sanne Riepema, « 'Willem is terug', zo heet plaat Holleeder en Lange Frans », AD, (lire en ligne)
  26. « College Tour pareert kritiek optreden Willem Holleeder », sur totaaltv.nl, (consulté le )
  27. (nl) « Holleeder laat vragen in tv-programma onbeantwoord », sur NU.nl, (consulté le )
  28. (nl) Rob van Strien, « knuffelcrimineel » [archive du ], sur www.inl.nl (consulté le )
  29. (nl) Coen Brandhorst et Matthias Van den Bossche, « 'Willem Holleeder' heeft ruim 74.000 volgers op Twitter », De Morgen, (lire en ligne)

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Astrid Holleeder, Judas, Sous-sol, , 496 p. (lire en ligne)
  • Peter De Vries, Le Kidnapping, Archipoche, , 384 p. (lire en ligne)

Articles connexes

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Liens externes

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