Wooly Bully
Wooly Bully est une chanson initialement enregistrée par le groupe de rock 'n' roll américain Sam the Sham and the Pharaohs en 1964. Basée sur une progression standard de blues à 12 mesures[1], elle est écrite par le chanteur du groupe, Domingo « Sam » Samudio. Les paroles sont volontairement un peu absurdes. Mélange de rock, de rhythm and blues et d'influences tex-mex, Wooly Bully est devenue une chanson emblématique des années 1960, souvent associée à l’énergie brute du garage rock[2].
| Face B | Ain't Gonna Move |
|---|---|
| Sortie | |
| Enregistré |
Sam Phillips Recording Studio, Memphis, Tennessee, |
| Durée | 2:20 |
| Genre | Garage rock |
| Format | 45 tours |
| Auteur-compositeur | Domingo Samudio |
| Producteur | Stan Kesler |
| Label | XL, MGM |
Singles de Sam the Sham and the Pharaohs
Pistes de Wooly Bully
La chanson est classée no 2 aux États-Unis dans le palmarès Hot 100 du magazine Billboard[3] et reçoît un Grammy Hall of Fame Award en 2009[4].
Historique
modifierTitre et paroles
modifierÀ l’origine, la chanson s'appelle Hully Gully, en référence au hully-gully, une danse en ligne très populaire du début des années 1960, notamment grâce au titre (Baby) Hully Gully du groupe The Olympics en 1959. Le nom est déjà fortement associé à plusieurs chansons existantes. Wooly Bully est une réinterprétation du morceau Hully Gully Now de 1962 interprété par Big Bo & The Arrows (avec Little Smitty au chant)[5], lui-même inspiré de Feelin' Good de Junior Parker. Le producteur craint des poursuites pour violation de copyright. La chanson est validée après que Samudio ait réécrit les paroles, remplaçant Hully Gully par Wooly Bully et apportant quelques autres modifications. Samudio conserve le refrain « watch it, watch it now » de la version originale[6].
Les paroles ineptes de Wooly Bully sont difficiles à comprendre ; de ce fait, certaines stations de radio interdisent sa diffusion[6]. Le texte décrit une conversation entre « Mattie » et « Hattie » où chaque couplet semble n'avoir aucun rapport avec le précédent. Dans le premier, Mattie dit avoir vu « une chose avec deux grandes cornes et une mâchoire laineuse » (peut-être un bison), dans le second Hattie dit « apprenons à danser » et « Let's not be L-7 », qui signifie « ne soyons pas carrés » (ou « ringards »), en référence à la forme que forment les doigts en L sur une main et en 7 sur l'autre[7]. Le troisième est plus énigmatique encore. Sam the Sham souligne l'influence tex-mex de la chanson en comptant le rythme en espagnol et en anglais (« Uno ! Dos ! One, two, tres, quatro ! »)[8], et grâce à un riff d'orgue simple et caractéristique, ponctué d'un solo de saxophone ténor au milieu[6]. Selon Samudio, « le décompte de la chanson n'était pas prévu. Je plaisantais et j'ai fait le décompte en tex-mex. Ça a complètement bluffé tout le monde, et en fait, je voulais qu'on le retire du disque. On a fait trois prises, toutes différentes, et ils ont gardé la première pour la sortir »[9].
Parution et réception
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La chanson est enregistrée à l'automne 1964[10] à Memphis, Tennesse, au Sam C. Phillips Recording Studio, le nouveau studio de Sam Phillips après celui de Sun Records, situé au 639 Madison Avenue[11],[12],[13]. Elle est d'abord publiée en single sur le petit label XL de Memphis (no 906) en et est rééditée en par MGM Records pour une diffusion nationale. Sur la pochette, comme sur scène, le groupe porte des tenues excentriques : smokings à paillettes, gandouras, keffiehs et autres turbans[14].
Wooly Bully est le premier et le plus grand succès du groupe. Ce titre connaît un succès mondial, avec trois millions d'exemplaires vendus[14] et une deuxième place au classement américain Hot 100 du magazine Billboard du au [3]. Il est devancé dans les charts par Help Me, Rhonda des Beach Boys[3] et Back in My Arms Again des Supremes[15]. Wooly Bully se classe 31e dans le palmarès Top Selling Rhythm & Blues Singles[16]. La chanson atteint également la deuxième place du classement canadien CHUM[17] et est classée no 1 dans plusieurs pays.
Premier disque américain à franchir le cap du million d'exemplaires vendus en pleine British Invasion[9], ce titre est influencé par le rock britannique mêlé aux rythmes traditionnels du conjunto mexicain-américain[8]. Il reste 18 semaines dans le Hot 100, un record pour l'année 1965, et est nommé aux Grammy Awards[18]. Il est désigné chanson numéro 1 de l'année par Billboard[9], bien qu'il n'ait jamais atteint la première place du Hot 100, une première dans l'histoire de ce classement. Le , le single est certifié disque d'or par la RIAA[19]. Le titre figure ensuite en ouverture de l'album Wooly Bully, sorti en juin de la même année. Sam the Sham et ses Pharaohs interprètent Wooly Bully au Ed Sullivan Show[11].
Influence et postérité
modifierSelon Richie Unterberger d'AllMusic, Wooly Bully fait partie du « panthéon des classiques du garage rock américain trash et simpliste du milieu des années 1960, avec ses trois accords rudimentaires ». Bien qu'il donne « l'impression d'un morceau improvisé sur le champs », que « le trio orgue-saxo-guitare pose un rythme bancal » et « approximatif », ce titre possède une spontanéité et « un groove unique et irrésistible »[20].
La version originale de la chanson figure dans la liste des « 500 chansons qui ont façonné le rock and roll » du Rock and Roll Hall of Fame[21]. En 2009, elle est intronisée au Grammy Hall of Fame[4].
Bruce Springsteen affirme que « tout groupe de bar digne de ce nom se doit de connaître ce morceau ». Le E-Street Band l'interprète de nombreuses fois[6].
De nombreux artistes font des reprises de la chanson de Sam the Sham, dont Canned Heat en 1971, Eddie and the Hot Rods en 1976, Bad Manners, Joan Jett et Nine Below Zero en 1980, Wilko Johnson en 1984, Dave Edmunds en 1987, The Smithereens en 1992, Los Lobos en 1995 et Ry Cooder en 2013[5],[22]. Des version instrumentales sont enregistrées par The Ventures en 1965, Ace Cannon et Charles Chalmers (en) en 1967 et The Memphis Horns en 1970[5]. Il existe des versions en espagnol, allemand, néerlandais, portugais, italien, catalan, chinois, suédois, hongrois, grec, finnois, tchèque, persan, khmer, etc. En 1965, Henri Salvador, avec Jacques Denjean et son orchestre, enregistre une version française intitulée Bouli-bouli. En 1988, le groupe Au Bonheur des dames l'adapte avec le titre Roulez Bourrés[5].
Wooly Bully figure dans de nombreuses compilations rétro, dont Nuggets: Original Artyfacts from the First Psychedelic Era, 1965-1968 (disque 4 du coffret Rhino), Rockin' USA (PolyGram) et 25 All-Time Greatest Bubblegum Hits (Varèse Sarabande).
Au cinéma, la chanson apparaît dans les films Full Metal Jacket (1987), American Graffiti, la suite (1979), Les Copains d'abord (The Big Chill) (1983), Splash (1984), Le Gang des champions (1993), US Go Home (1994) et Écarts de conduite (2001). Elle est présente dans les séries télévisées Les Simpson, Mariés, deux enfants, Alf, Les Griffin, Bienvenue en Alaska, The Office et L'Enfer du devoir.
En 2000, Wooly Bully est utilisée dans un spot publicitaire pour McDonald's avec les footballeurs Laurent Blanc et Fabien Barthez. La version ska de Bad Manners figure dans un spot pour EasyJet en 2015[23].
À partir de la saison 2025-2026, l'Utah Mammoth, équipe de la Ligue nationale de hockey, utilise Wooly Bully comme hymne de victoire. Ce morceau est joué à la fin de chaque match à domicile remporté par les « Mammouths de l'Utah »[24].
Personnel
modifier- Sam “The Sham” Samudio – chant, orgue Farfisa
- Ray Stinnett – guitare
- David Martin – basse
- Jerry Patterson – batterie
- Stan Kessler – producteur
- Val Valentin – ingénieur du son
Classements et certification
modifierClassements
modifier| Pays | Palmarès (1980) | Meilleure position |
|---|---|---|
| Springbok Radio[25] | 2 | |
| Media Control Charts | 1 | |
| CAPIF[25] | 4 | |
| Kent Music Report[26] | 22 | |
| Top 40[27] | 3 | |
| Ultratop 50[28] | 1 | |
| Ultratop 50[29] | 3 | |
| Charts CHUM[17] | 2 | |
| Danmarks Radio[30] | 10 | |
| Billboard – Hot 100[3] | 2 | |
| Billboard – Best Selling Rhythm & Blues Singles[16] | 31 | |
| Cash Box – Top 100 Singles[31] | 2 | |
| Record World – 100 Top Pops[32] | 1 | |
| Suomen virallinen lista[33] | 18 | |
| SNEP[34] | 5 | |
| Audiomusica[25] | 1 | |
| VG-lista[35] | 7 | |
| Dutch Top 40[36] | 1 | |
| Single Top 100[37] | 1 | |
| DZBI[38] | 1 | |
| Lyons Maid[39] | 4 | |
| UK Singles Chart[40] | 11 | |
| Kvällstoppen | 2 | |
| Tio i Topp[41] | 3 | |
| Schweizer Hitparade[42] | 2 |
Certification
modifier| Pays | Certification | Ventes certifiées | Date |
|---|---|---|---|
| 500 000 | |||
Notes et références
modifier- ↑ (en) « Wooly Bully - Guitar Lessons », sur Guitar Tricks (consulté le ).
- ↑ (en) Nick Talevski, Rock Obituaries : Knocking On Heaven's Door, Omnibus Press, (ISBN 978-0-85712-117-2, lire en ligne), p. 398
- 1 2 3 4 (en-US) « Hot 100 », Billboard, vol. 77, no 23, , p. 20 (ISSN 0006-2510, lire en ligne).
- 1 2 (en) « Grammy Hall of Fame Award », sur Grammy.com (consulté le ).
- 1 2 3 4 (en) « Cover versions of Wooly Bully by Sam the Sham & The Pharaohs », sur SecondHandSongs (consulté le ).
- 1 2 3 4 (en) Paul Zollo, « Behind the Song: “Wooly Bully” by Sam The Sham & The Pharoahs », sur American Songwriter, (consulté le ).
- ↑ (en) « L-7 n. », sur Green’s Dictionary of Slang (consulté le ).
- 1 2 (en) Gary Hartman, The History of Texas Music, Texas A&M University Press, (ISBN 978-1603440028, lire en ligne), p. 206-207.
- 1 2 3 (en) « Sam The Sham And The Pharaohs », sur ClassicBands.com (consulté le ).
- ↑ Domingo Samudio dit novembre 1963
- 1 2 (en) Gary James, « Interview with Sam the Sham », sur ClassicBands.com (consulté le ).
- ↑ (en) « Sam Phillips Recording Service », sur ScottyMoore.net, (consulté le ).
- ↑ « D'autres sources indiquent plutôt le studio Sonic Recording Service à Memphis qui appartenait à Stan Kessler »
- 1 2 Patrick Betaille, « Sam the Sham and the Pharaohs – Wooly Bully », sur Rock the Bonnie, (consulté le ).
- ↑ (en-US) « Hot 100 », Billboard, vol. 77, no 24, , p. 24 (ISSN 0006-2510, lire en ligne [PDF]).
- 1 2 (en) Joel Whitburn, Top R&B/Hip-Hop Singles: 1942-2004, Record Research, Inc, (ISBN 978-0-89820-160-4), p. 510.
- 1 2 (en) « Chum Hit Parade - week of June 28, 1965 » [image], sur The Official CHUM Tribute Site (consulté le ).
- ↑ Dans la catégorie « Best Contemporary (R&R) Performance », (en) « 8th Annual Grammy Awards », sur Grammy.com (consulté le ).
- 1 2 (en) « Sam the Sham & the Pharoahs - Wooly Bully », sur RIAA Gold & Platinum (consulté le ).
- ↑ (en) Richie Unterberger, « Wooly Bully Song Review », sur AllMusic (consulté le ).
- ↑ (en) « 500 Songs That Shaped Rock », sur Infoplease (consulté le ).
- ↑ (en) « Wooly Bully by Sam the Sham & The », sur WhoSampled (consulté le ).
- ↑ (en) « Recherche : Wooly Bully », sur Musique de Pub (consulté le ).
- ↑ (en) « New Goal Song in Utah? », sur Instagram, (consulté le ).
- 1 2 3 (en-US) « Hits of the Word », Billboard, vol. 77, no 37, , p. 37 (ISSN 0006-2510, lire en ligne [PDF]).
- ↑ (en) David Kent, Australian Chart Book 1940–1969, Turramurra, Australian Chart Book, (ISBN 978-0646444390).
- ↑ (de) « Sam The Sham And The Pharaohs - Wooly Bully », sur Austrian Charts (consulté le ).
- ↑ (nl) « Sam The Sham And The Pharaohs – Wooly Bully », sur Ultratop (consulté le ).
- ↑ « Sam The Sham And The Pharaohs – Wooly Bully », sur Ultratop (consulté le ).
- ↑ (en-US) « Hits of the Word », Billboard, vol. 77, no 49, , p. 30 (ISSN 0006-2510, lire en ligne [PDF]).
- ↑ (en-US) « Cash Box », Cash Box Top 100, vol. XXVI, no 48, , p. 4 (ISSN 0008-7289, lire en ligne [PDF]).
- ↑ (en-US) « 100 Top Pops », Record World, vol. 19, no 940, , p. 4 (ISSN 0034-1622, lire en ligne [PDF]).
- ↑ (fi) Jake Nyman, Pekka Gronow et Jukka Lindfors, Suomi soi 3 : Ääniaalloilta parrasvaloihin, Helsinki, Tammi, (ISBN 978-9513125035).
- ↑ Fabrice Ferment, 40 ans de tubes 1960-2000 : Les meilleures ventes de 45 tours et CD singles, Éditions Larivière - SNEP, (ISBN 978-2914205603).
- ↑ (en) « Sam The Sham And The Pharaohs - Wooly Bully », sur Norvegian Charts (consulté le ).
- ↑ (nl) « Sam The Sham And The Pharaohs - Wooly Bully », sur Top40.nl (consulté le ).
- ↑ (nl) « Sam The Sham And The Pharaohs - Wooly Bully », sur Dutch Charts (consulté le ).
- ↑ (en-US) « Hits of the Word », Billboard, vol. 77, no 49, , p. 30 (ISSN 0006-2510, lire en ligne [PDF]).
- ↑ (en) Christopher Kimberley, Zimbabwe : Singles Chart Book 1965-1999, Harare, C. Kimberley, , p. 55.
- ↑ (en) « Chart history of Wooly Bully », sur Official Charts (consulté le ).
- ↑ (sv) Eric Hallberg, Eric Hallberg presenterar Kvällstoppen i P3 : Sveriges radios topplista över veckans 20 mest sålda skivor 10/7 1962-19/8 1975, Stockholm, Drift, (ISBN 978-9163021404).
- ↑ (en-US) « Hits of the Word », Billboard, vol. 77, no 45, , p. 51 (ISSN 0006-2510, lire en ligne [PDF]).
Liens externes
modifier- Ressource relative à la musique :