Xanten
Xanten est une ville d'Allemagne, située en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, dans l'arrondissement de Wesel et le district de Düsseldorf. Son territoire s'étend sur la rive gauche du Rhin, dans la région du Rhin inférieur. Elle compte 21 179 habitants au pour une superficie de 72,43 km2[1].
| Xanten | |||
Vue de la basilique Saint-Victor. | |||
Armoiries |
Drapeau |
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| Administration | |||
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| Pays | |||
| Land | |||
| District (Regierungsbezirk) |
Düsseldorf | ||
| Arrondissement (Landkreis) |
Wesel | ||
| Nombre de quartiers (Ortsteile) |
6 arrondissements municipaux | ||
| Bourgmestre (Bürgermeister) Mandat |
Rafael Zur (FoX) 2025-2030 |
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| Code postal | 46509 | ||
| Code communal (Gemeindeschlüssel) |
05 1 70 052 | ||
| Indicatif téléphonique | 0 28 01 et 0 28 04 | ||
| Immatriculation | WES | ||
| Démographie | |||
| Population | 21 179 hab. (2026) | ||
| Densité | 292 hab./km2 | ||
| Géographie | |||
| Coordonnées | 51° 40′ 01″ nord, 6° 27′ 00″ est | ||
| Altitude | 24 m Min. 24 m Max. 75 m |
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| Superficie | 7 243 ha = 72,43 km2 | ||
| Localisation | |||
| Géolocalisation sur la carte : Allemagne
Géolocalisation sur la carte : Rhénanie-du-Nord-Westphalie
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| Liens | |||
| Site web | www.xanten.de | ||
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L'histoire de Xanten est notamment marquée par l'importante présence romaine sur son territoire. Les camps militaires de Vetera et la ville de la Colonia Ulpia Traiana comptent parmi les principaux sites romains du Rhin inférieur. Le site de la colonie est aujourd'hui occupé par le parc archéologique de Xanten. Les vestiges romains de la région s'inscrivent dans le Limes de Germanie inférieure, inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco en 2021[2].
Municipalité
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Le territoire communal est divisé en six arrondissements municipaux (Stadtbezirke) : Birten, Lüttingen, Xanten, Wardt, Marienbaum et Vynen/Obermörmter[3].
Rafael Zur, candidat de la liste locale Forum Xanten (FoX), est élu maire lors du second tour du , avec 63,61 % des suffrages exprimés[4].
Histoire
modifierAntiquité
modifierL'histoire romaine de Xanten commence avec l'installation de légions sur le Rhin inférieur sous le règne d'Auguste. Vers 13 ou 12 av. J.-C., un premier camp légionnaire est établi sur le Fürstenberg, près de l'actuel quartier de Birten. Au Ier siècle, le camp de Vetera I, pouvant accueillir deux légions, devient l'une des principales bases militaires romaines de la région. Une agglomération civile se développe à proximité[5].
Le camp de Vetera I et l'établissement civil sont détruits pendant la révolte des Bataves de 69-70. Un nouveau camp, Vetera II, est édifié sur un autre emplacement. Environ trente ans plus tard, sous l'empereur Trajan, l'agglomération civile reçoit le statut de colonie sous le nom de Colonia Ulpia Traiana. La nouvelle ville couvre environ 73 hectares et connaît son apogée au IIe siècle. La Legio XXX Ulpia Victrix est stationnée à Vetera II à partir d'environ 122 et y demeure pendant près de deux siècles[5].

La stèle funéraire du centurion Marcus Caelius, découverte près de Vetera I, commémore sa mort lors de la bataille de Teutobourg en l'an 9. Elle constitue le seul témoignage épigraphique connu mentionnant directement le bellum Varianum[6].
À la fin du IIIe siècle, la Colonia Ulpia Traiana et Vetera II sont envahies et partiellement détruites par les Francs. Une agglomération fortifiée beaucoup plus petite est ensuite aménagée à l'intérieur de l'ancienne ville ; elle portait probablement le nom de Tricensimae. Les découvertes archéologiques indiquent un déclin progressif de la vie urbaine au cours du IVe siècle[5].
Après la fin de la présence romaine, des populations franques s'installent dans la région. Le nom de Xanten dérive de l'expression latine ad sanctos (« auprès des saints »), qui renvoie aux tombes de martyrs chrétiens que la tradition locale situait dans une nécropole de l'Antiquité tardive. Des édifices commémoratifs y sont attestés à partir du Ve siècle, puis un établissement religieux est fondé au VIIIe siècle[5].
Moyen Âge et époque moderne
modifierUne agglomération médiévale se développe autour de l'établissement religieux qui précède la collégiale Saint-Victor. Le , l'archevêque de Cologne Henri Ier de Müllenark accorde à Xanten les droits urbains sur le modèle de Neuss[7].
La tradition littéraire médiévale associe également la ville à Siegfried : la Chanson des Nibelungen, composée autour de 1200, situe à Xanten la patrie du héros[8].
En 1392, l'archevêque de Cologne et le comte de Clèves se partagent l'administration de Xanten. En 1444, dans le contexte de la faide de Soest, la ville passe entièrement sous l'autorité du duché de Clèves[8],[9].
Le déplacement progressif du cours du Rhin vers l'est prive ensuite Xanten d'une importante voie de communication et contribue à son déclin économique à partir du XVIe siècle[8].
Le , le traité de Xanten intervient dans le règlement de la guerre de succession de Juliers. Il attribue notamment Clèves, et donc Xanten, à l'électeur de Brandebourg, tandis que Juliers et Berg passent au Palatinat-Neubourg[10].
Époque contemporaine
modifierXanten est placée sous administration française de 1794 à 1814. En 1802, les établissements religieux de la ville, dont le chapitre de Saint-Victor, sont supprimés dans le cadre de la sécularisation[8].
En 1891, le meurtre de Johann Hegmann, un garçon de cinq ans, provoque l'affaire de Xanten. Le boucher juif Adolf Buschhoff est accusé sans fondement de « meurtre rituel », dans un contexte d'importante agitation antisémite. Il est finalement acquitté en juillet 1892[11]. Sous le régime national-socialiste, les Juifs de Xanten sont victimes de persécutions, d'expulsions et de déportations ; plusieurs anciens habitants de la ville sont assassinés pendant la Shoah[12].
En 1937, l'église Saint-Victor, communément appelée le « Xantener Dom », reçoit du pape Pie XI le titre de basilique mineure[13].
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, Xanten se trouve sur l'axe de l'offensive alliée vers le Rhin. Après de violents combats, la ville est prise le par des unités canadiennes et britanniques. Environ 85 % de la ville est alors détruite. La conquête du secteur précède les opérations Plunder et Varsity, au cours desquelles les Alliés franchissent le Rhin les 23 et 24 mars[14].
Dans le cadre de la réforme territoriale de 1969, les communes de Birten, Marienbaum et Wardt sont incorporées à Xanten[15]. Cette réorganisation fait passer la superficie communale d'environ 8 à plus de 72 km2[8].
Le , le parc archéologique de Xanten ouvre officiellement au public sur une partie du site de la Colonia Ulpia Traiana. Sa création avait été engagée par un accord conclu en octobre 1973 entre le Landschaftsverband Rheinland et le groupement chargé de l'acquisition des terrains archéologiques[16].
Patrimoine et archéologie
modifierLe principal ensemble archéologique de Xanten est constitué par le site de la Colonia Ulpia Traiana, aujourd'hui conservé dans le parc archéologique. La ville romaine présente un intérêt scientifique particulier car elle est l'une des rares grandes agglomérations romaines au nord des Alpes dont le site n'a presque pas été recouvert par des constructions postérieures. Moins de 20 % de sa superficie a été fouillée[17].
Le parc conserve et présente notamment les vestiges de l'amphithéâtre, des thermes et d'autres édifices de la colonie, ainsi que des reconstructions fondées sur les recherches archéologiques. Il est associé au LVR-RömerMuseum, consacré à l'histoire de la ville romaine et des camps légionnaires de Vetera[5].
Le principal monument médiéval de la ville est la basilique Saint-Victor, ancienne église collégiale dont la construction et les transformations s'étendent sur plusieurs siècles. Son développement est étroitement lié à celui de l'établissement religieux autour duquel s'est formée la ville médiévale[5].
Jumelages
modifierLa ville de Xanten est jumelée avec quatre villes[18] :
Geel (Belgique), depuis le ;
Saintes (France), depuis le ;
Salisbury (Royaume-Uni), depuis le selon la ville de Xanten[18] ;
Beit Sahour (Palestine), depuis le .
Les relations avec Saintes remontent à 1978. Cette année-là, le prêtre catholique Hans Hüneborn, alors doyen du doyenné de Xanten, se rend à Saintes à la recherche d'une ville française susceptible d'établir un partenariat avec Xanten. Il y est reçu à l'hôtel de ville par Bernard Thiébaud, adjoint au maire chargé du secteur culturel[19]. Les premiers contacts, initialement développés dans un cadre ecclésial, s'élargissent progressivement ; les deux villes mettent notamment en avant leur patrimoine gallo-romain et religieux[18],[19].
Après près de vingt-cinq ans d'échanges, le jumelage est officiellement fondé à Xanten le , puis solennellement scellé à l'hôtel de ville de Saintes le [18],[19].
Le partenariat avec Salisbury découle directement de ce réseau de jumelages. Salisbury était jumelée avec Saintes depuis 1990 lorsque Xanten se rapprocha de la ville anglaise ; Saintes étant alors partenaire des deux villes, la création d'un lien entre Xanten et Salisbury fut conçue comme le prolongement logique de ces relations et comme la constitution d'un réseau tripartite[20]. La ville de Saintes présente elle-même le jumelage Xanten-Salisbury comme ayant suivi celui conclu avec Xanten[19].
Les sources institutionnelles divergent toutefois sur la date de formalisation du jumelage entre Xanten et Salisbury. La ville de Xanten retient le [18], tandis que le conseil municipal de Salisbury indique qu'un accord formel de jumelage avait été signé par les maires des deux villes au Guildhall en 2005[21].
Geel est la première ville avec laquelle Xanten a établi un jumelage. Les liens entre les deux villes font notamment référence à une tradition médiévale selon laquelle des « voleurs de Xanten » auraient dérobé à Geel la châsse de sainte Dymphne, avant que les habitants de Geel ne la récupèrent[18].
Les relations avec Beit Sahour précèdent également leur formalisation. En décembre 2010, le conseil municipal de Xanten décide d'œuvrer à la création d'un partenariat avec la ville palestinienne, qui est officiellement conclu le [18],[22].
Dans les arts
modifierPeinture
modifier- Jan van der Heyden, Place et église Saint-Victor à Xanten am Rhein, (après 1692), huile sur bois, 45 × 56 cm, musée du Louvre[23].
Notes et références
modifier- ↑ (de) « Xanten, Stadt », sur Gemeindeverzeichnis, Statistische Ämter des Bundes und der Länder (consulté le )
- ↑ (de) « Grenzen des Römischen Reiches – Niedergermanischer Limes », sur Deutsche UNESCO-Kommission (consulté le )
- ↑ (de) « Besetzung der Bezirksausschüsse » [PDF], Ville de Xanten, (consulté le )
- ↑ (de) « Bekanntmachung des Ergebnisses der Bürgermeisterwahl am 28.09.2025 » [PDF], sur Amtsblatt der Stadt Xanten, (consulté le ), p. 2
- 1 2 3 4 5 6 (de) « Die Colonia Ulpia Traiana », sur LVR-Archäologischer Park Xanten, Landschaftsverband Rheinland (consulté le )
- ↑ (de) « Zeittafel 0010 », sur Portal Rheinische Geschichte, Landschaftsverband Rheinland (consulté le )
- ↑ (de) « Zeittafel 1228 », sur Portal Rheinische Geschichte, Landschaftsverband Rheinland (consulté le )
- 1 2 3 4 5 (de) « Integriertes kommunales Entwicklungskonzept Xanten » [PDF], Ville de Xanten (consulté le ), p. 28
- ↑ (de) « Adolf II. von Kleve », sur Portal Rheinische Geschichte, Landschaftsverband Rheinland (consulté le )
- ↑ (de) « 1609 bis 1794 – Vom jülisch-klevischen Erbfolgestreit bis zum Ende des Ancien Régime », sur Portal Rheinische Geschichte, Landschaftsverband Rheinland (consulté le )
- ↑ (en) « Blood Libels and Host Desecration Accusations », sur The YIVO Encyclopedia of Jews in Eastern Europe (consulté le )
- ↑ (de) « Sonderausstellungen – Spuren jüdischer Geschichte in Xanten », sur StiftsMuseum Xanten (consulté le )
- ↑ (de) « Kevelaers Wallfahrtskirche feiert 100 Jahre „Basilica minor“ – Was ist das? », sur Kirche+Leben (consulté le )
- ↑ (de) « Xanten im März 1945 », sur Université de Duisbourg-Essen, (consulté le )
- ↑ (de) « Gesetz zur Neugliederung von Gemeinden des Landkreises Moers », sur RECHT.NRW.DE, (consulté le )
- ↑ (de) « 8. Juni 1977: „Der Landschaftsverband Rheinland lädt ein zum ersten Rundgang durch den Archäologischen Park Xanten“ », sur Archive im Rheinland, Landschaftsverband Rheinland (consulté le )
- ↑ (de) « Ausgrabungen », sur LVR-Archäologischer Park Xanten, Landschaftsverband Rheinland (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 7 (de) « Bürgerinformation Xanten – Unsere ausländischen Partnerstädte » [PDF], sur Ville de Xanten (consulté le ), p. 48-49
- 1 2 3 4 « Xanten, en Allemagne » [PDF], sur Votre magazine, Ville de Saintes, (consulté le ), p. 16
- ↑ (en) « About the Twinning – Why Xanten? », sur Salisbury-Xanten Twinning Association (consulté le )
- ↑ (en) « Twinning & Sister Cities », sur Salisbury City Council (consulté le )
- ↑ (de) « Genehmigung einer Dienstreise – Partnerschaften mit Beit Sahour und einer israelischen Stadt » [PDF], sur Ville de Xanten, (consulté le )
- ↑ « Place et église Saint-Victor à Xanten am Rhein », sur Collections du musée du Louvre (consulté le )
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierLiens externes
modifier- Site officiel
- Ressource relative aux beaux-arts :
- Ressource relative à la musique :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- LVR-Archäologischer Park Xanten