Yahya ben Ibrahim
Yahya ben Ibrahim est un chef berbère de la tribu Goudala originaire de l'Adrar en Mauritanie qui décide de convertir son peuple aux préceptes de l'islam après être revenu de La Mecque. Il fonde en 1042 avec Abdellah ben Yassin le mouvement Almoravides. La tradition en fait le premier souverain de la dynastie Almoravide et Émir des nomades sanhadja.
| Émir almoravide | |
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| - | |
| Décès | |
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| Activité |
Chef militaire |
| Famille |
| Maîtres |
Abdellah Ibn Yassine, Abu ʿImran al-Fasi (en) |
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Biographie
modifierNatif de l'Adrar en Mauritanie[1], Yahya ben Ibrahim serait le beau-fils de Tarashna al-Lamtuni, un chef Lamtuna qui aurait été nommé Émir des Sanhadja après une importante période de désunion des populations. À sa mort, il aurait fait nommer Yahya ben Ibrahim à sa succession[2]. Cependant, ce récit pourrait être une tentative postérieure de rationalisation de la période antérieure aux Almoravides, apparus dans un contexte de luttes dynastiques et d'anarchie de laquelle aucune confédération ne semble s'imposer[2].
Yahya ben Ibrahim est chef de la tribu berbère des Goudala[3]. En 1036, il effectue un pèlerinage à La Mecque et, sur le chemin du retour, il envisage de renforcer la foi religieuse des Sahraouis en enseignant un islam expurgé de toute influence kharijite et païenne[3],[4].
Entre 1036 et 1039, il rencontre Abu Imran al-Fasi (en), juriste malikite de Kairouan, et demande son assistance dans sa mission[3],[4]. Ce dernier, très âgé, ne peut lui trouver qui que ce soit désireux de l'accompagner dans le désert. Les Sanhadja sont alors perçu comme un peuple sauvage et dangereux[5]. L'érudit lui conseille de solliciter l'assistance de Waggag ibn Zallu al-Lamti (en), un de ses disciples chez les Lemtuna qui réside à Nafis, dans le Souss[3]. Ce dernier missionne alors son élève, Abdellah ben Yassin, à accompagner Yahya ben Ibrahim dans ce travail car sa mère est d'origine sahrahouite[6].
Une autre tradition sur les origines du mouvement Almoravide exclue complètement du récit Yahya ibn Ibrahim et Abu Imran al-Fasi. Le récit pointe comme élément originel un autre pèlerin, Djawhar ibn Sakkam, qui se serait adressé directement à Waggag. Ce dernier choisissant Abdellah ben Yassin pour mener la mission seul. Bien que les versions divergent, elles s'accordent sur un contexte d'islamisation faible au sein des populations du Sahara et l'impact du pèlerinage pour engendrer une prise de conscience[6].
Une fois arrivés dans l'Adrar, entre 1039 et 1042, Ibn Yasin et Yahya créent un ribat visant à former des élèves combattants qui prendront le nom de Murabitun ou Almoravides. Cette étape constitue l'élément fondateur du mouvement du même nom. Ibn Yasin ne parvient pas à fédérer l'ensemble des Goudala et se concentre sur la formation de plusieurs bataillons sous la protection de Yahya ben Ibrahim[3],[4]. La prédication radicale d'Ibn Yassin soulève des tensions. Lorsque Yahya ben Ibrahim meurt, son successeur, Yahya ben Omar, ne parvient pas à empêcher l'éclatement des tensions. Le ribat est pillé et Ibn Yassin et ses fidèles fuient et constituent la première armée du mouvement Almoravides avec le soutien de Yahya ben Omar[7].
Bien que traditionnellement considéré comme le premier émir almoravide, cette désignation est erronée. L'État almoravide, en tant qu'Émirat, n'apparait qu'en 1087 sous Youssef ben Tachfine[8].
Notes et références
modifier- ↑ (ar) العالم العربي وإفريقيا: تحديات الحاضر والمستقبل : أعمال ندوة، [15-17 أكتوبر 2003] : نصوص البحوث المقدّمة في الندوة أعلاه والتي نظمتها وزارة الثقافة أيام 15-16-17 أكتوبر 2003 بالرباط احتفاء بها عاصمة للثقافة العربية 2003, وزارة الثقافة،, (ISBN 978-9954-0-4043-0, lire en ligne), p. 90 :
« On attribue à Yahia Ben Ibrahim, chef des tribus lemtouna et Djoddala qui occupent respectivement les régions du Tagant et de l'Adrar mauritanien, l'origine du mouvement almoravide »
- 1 2 El Fasi 1990, p. 369.
- 1 2 3 4 5 Abitbol 2014, p. 53.
- 1 2 3 Fatima-Zohra Oufriha, « Chapitre II. Les Almoravides : l’ascension du Maghreb (1056-1147) », Hors collection, , p. 55–78 (lire en ligne, consulté le )
- ↑ El Fasi 1990, p. 366.
- 1 2 El Fasi 1990, p. 367.
- ↑ G. Camps, « Gudâla/Guezula », Encyclopédie berbère, no 21, , p. 3223–3224 (ISSN 1015-7344, DOI 10.4000/encyclopedieberbere.1788, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Pascal Buresi, « Les Almoravides », dans Gouverner en Islam, Xe-XVe s., Atlande, , 295 p. (lire en ligne)
Bibliographie
modifier- Michel Abitbol, Histoire du Maroc, Éditions Perrin, (ISBN 978-2-262-03816-8, lire en ligne).

- Mohammed El Fasi, « L'Afrique du VIIe au XIe siècle », dans Histoire générale de l'Afrique, vol. III, Jeune Afrique, (ISBN 978-92-3-201709-3).
