Örtöö

système postal de l'Empire mongol
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L'örtöö (mongol bichig : ᠥᠷᠲᠡᠭᠡ mongol cyrillique : өртөө, translittération : örtöö, littéralement : relais de poste) ou yam (russe : ям) est un système postal mis en place dans l'Empire mongol sous le règne de Gengis Khan (qui a duré de 1206 à 1227). Des relais de poste étaient placés dans tout l'empire permettant aux postiers de changer de chevaux ou de se reposer. Il permettait de transmettre très rapidement le courrier, les informations des éclaireurs et espions, ainsi que de s'informer sur la sécurité de voyageurs dignitaires importants, tels que Marco Polo ou Jean de Plan Carpin.

Description

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Au début du XIIIe siècle, l'Empire mongol n'a que des messagers (elci). Il copie le système chinois et l'étend à tous les endroits conquis[1].

C'est Gengis Khan qui met en place un système de courriers sur les axes principaux de l'Empire, mais c'est Ögedeï qui complète et étend le service. Il met en place des relais dédiés pour éviter que les courriers réquisitionnent des montures et des provisions, ce qui provoquait des désagréments. Une personne sur mille et un mouton sur mille étaient dédiés aux relais. Des puits sont creusés dans les zones arides de l'Empire. Un relais de poste compte environ vingt courriers[2].

L'ensemble du réseau de routes et de parcours équipés en relais de poste de l'Empire mongol, au meilleur moment de celui-ci et d'après différents éléments, a dû représenter près de 60 000 km. On peut supposer l'existence de 2 500 à 3 000 relais de poste, la présence d'environ 125 000 à 150 000 chevaux (Marco Polo dit 200 000), et peut-être 7 000 à 8 000 personnes affectées à ces relais. Cette organisation de la transmission des nouvelles a sans aucun doute été un des facteurs décisifs des victoires foudroyantes des armées mongoles à une telle échelle et de l'assujetissement rapide des populations[1].

Selon les sources perses, plusieurs relais postaux existaient : le morin yâm, la poste régulière, le tergen yâm pour les chariots, une poste spéciale pour les communications les plus importantes narin yâm, dont les coursiers pouvaient parcourir 300 km à 450 km en 24 h. Un système temporaire, le tâyân yâm, reliait un système destiné aux armées en campagne au système classique[1].

Les stations de ce réseau jalonnaient la steppe tous les 30-35 km. Ce réseau était constitué de plusieurs itinéraires et certaines portions étaient tenues secrètes car réservées aux messagers impériaux. Les étrangers n'avaient pas accès au yam, à l'exception des marchands travaillant pour les Mongols et des diplomates. On sait par exemple que le franciscain Guillaume de Rubrouck put emprunter un des itinéraires du yam grâce à l'intervention d'un chef mongol qui le guida d'une station à l'autre jusqu'à Karakorum[3].

La mise en place des relais de poste mamelouk en 1260-1261 a probablement été inspirée par le système mongol[1].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 Didier Gazagnadou, « Les postes à relais de chevaux chinoises, mongoles et mamelouks au XIIIe siècle, un cas de diffusion institutionnelle ? », Actes des congrès de la Société des historiens médiévistes de l'enseignement supérieur public, 1993, p. 243-250, lire en ligne
  2. (en) Sinan Meriç et Derya Derin Paşaoğlu, « Postal organisation (yam) in the Golden Horde », Golden Horde Review, vol. 11(1):37-61, (DOI 10.22378/2313-6197.2023-11-1.37-61, lire en ligne).
  3. Marie Favereau, « La horde, administrer un empire nomade »., L'Histoire, N° 483, mai 2021; Marie Favereau : La Horde. Comment les Mongols ont changé le monde., 2023, Éd. Perrin, (ISBN 978-2262099558)

Voir aussi

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