Ying Chen
Ying Chen (en chinois : 应晨 ; pinyin : ) est une écrivaine sino-canadienne née à Shanghai en 1961[1].
Biographie
modifierYing Chen grandit à Shanghai où elle poursuit ses études universitaires jusqu'à l'obtention de sa licence ès lettres françaises de l'université Fudan. Outre le dialecte de sa région et le mandarin, elle apprend le russe, l'italien, l'anglais et le français. En 1989, elle vient étudier au département de langue française de l'université McGill[1]. Elle réside un temps à Magog et, depuis 2003, réside à Vancouver. Elle est mère de deux enfants[2],[3].
Pour tromper la nostalgie de sa Chine natale, elle se met à l'écriture jusqu'à y consacrer douze heures par jour. Lorsqu'elle commence ses journées, elle se laisse bercer par la musicalité des textes de Marcel Proust qu'elle lit à haute voix.
Son premier roman La Mémoire de l'eau (1992) suit l'évolution de la société chinoise pendant le XXᵉ siècle, à travers les yeux de femmes de plusieurs générations[1]. Son second, Lettres chinoises (1993), a pour sujet la correspondance d'un jeune immigrant à sa fiancée restée en Chine, et témoigne du choc des cultures, du déracinement et de l'impossibilité de l'amour[4],[5].
Sept ans après l'arrivée de Ying Chen au Québec, la parution de L'Ingratitude (1995) est chaleureusement accueillie par la critique et lui vaut le prix Québec-Paris, le Prix des libraires du Québec et le Grand prix des lectrices de Elle Québec[6]. Pour souligner son émergence dans le monde littéraire, le journal La Presse la nomme « Personnalité de la semaine » du [7]. Dans ce roman, l'auteur aborde les rapports mère-fille dans ce qu'ils peuvent avoir de plus cruellement destructeurs.
Dans son roman Immobile (1998), qui s'apparente dans le ton au conte de fées, elle offre une réflexion sur le temps et la mémoire. Un enfant à ma porte (2008) raconte les déboires d'une mauvaise mère[source secondaire nécessaire].
Œuvres
modifierRomans
modifier- 1992 : La Mémoire de l'eau, Montréal, Leméac ; Arles, Actes Sud ; réédition, Arles, Actes Sud, coll. « Babel » no 224, 1996
- 1993 : Les Lettres chinoises, Montréal, Leméac ; réédition, Arles, Actes Sud, coll. « Babel » no 353, 1998
- 1995 : L'Ingratitude, Montréal, Leméac / Arles, Actes Sud ; réédition, Arles, Actes Sud, coll. « Babel » no 386, 1999
- 1998 : Immobile, Montréal, Boréal / Arles, Actes Sud ; réédition, Boréal, coll. « Boréal compact » no 162, 2004
- 2002 : Le Champ dans la mer, Montréal, Boréal / Paris, Seuil
- 2003 : Querelle d'un squelette avec son double, Montréal, Boréal / Paris, Seuil
- 2006 : Le Mangeur, Montréal, Boréal / Paris, Seuil
- 2008 : Un enfant à ma porte, Montréal, Boréal ; réédition, Paris, Seuil, 2009
- 2010 : Espèces, Montréal, Boréal
- 2013 : La rive est loin, Montréal, Boréal
- 2016 : Blessures, Montréal, Boréal
- 2020 : Rayonnements, Montréal, Leméac
Théâtre
modifier- 2004 : L'Égarement, dans le recueil collectif Mère et Fils, Arles, Actes Sud
Essais
modifierPrix et distinctions
modifier- 1995 - Prix Québec-Paris, L'Ingratitude[8]
- 1996 - Prix des libraires du Québec, L'Ingratitude[9]
- 1996 - Grand prix des lectrices de Elle Québec, L'Ingratitude[10]
- 1999 - Prix Alfred-Desrochers, Immobile[11]
- 2009 - Finaliste au Prix littéraire des collégiens, Un enfant à ma porte[12]
Références
modifier- 1 2 3 Hans-Jürgen Greif, « La Mémoire de l'eau roman de Ying Chen », dans Dictionnaire des œuvres littéraires du Québec 1991-1995, Canada, FIDES, , 1042 p. (ISBN 978-2-7621-4230-3), p. 529-530
- ↑ Dominique Lemieux, « Ying Chen : Un brin de sagesse », sur Revue Les libraires, (consulté le )
- ↑ Xavier Houssin, « Un enfant à ma porte, de Ying Chen : mystère de la maternité », Le Monde, (lire en ligne)
- ↑ Irène Oore, « Les lettres chinoises de Ying Chen : un roman épistolaire », Voix plurielles, vol. 1, no 1, (lire en ligne [PDF])
- ↑ Janusz Przychodzen, « Les couleurs de la migration: Un regard phénoménologique et psychanalytique sur un classique de la littérature québécoise », International Journal of Canadian Studies, vol. 63, (lire en ligne [PDF])
- ↑ Hans-Jürgen Grief, « L'Ingratitude roman de Ying Chen », dans Dictionnaire des œuvres littéraires du Québec 1991-1995, Canada, FIDES, , 1042 p. (ISBN 978-2-7621-4230-3), p. 423-424
- ↑ Jean-Paul Soulé, « Ying Chen », La Presse, , A10 (lire en ligne [PDF])
- ↑ « Ying Chen remporte le 36ᵉ Prix Québec-Paris », Progrès-dimache, , p. C-7
- ↑ Delphine Le Roux, « Chen, Ying », sur L'Encyclopédie canadienne, (consulté le )
- ↑ Pierre Cayouette, « Le Grand Prix des lectrices Elle-Québec va à Ying Chen », Le Devoir, , A-3
- ↑ « Prix Alfred-DesRochers (depuis 1978) | L’Association des auteures et auteurs de l’Estrie » (consulté le )
- ↑ « Titres en lice « Prix littéraire des collégien·ne·s », sur prixlitterairedescollegiens.ca (consulté le )
Liens externes
modifier- Ressource relative à la littérature :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :