Yves-Charles Châtel

administrateur colonial français

Yves-Charles Châtel, né le à Rennes et mort le à Lisbonne, est un administrateur colonial français, résident supérieur du Laos (1931), de l'Annam (1931-1934), du Tonkin (1937-1940), gouverneur général de l'Algérie en 1941-42.

Yves Châtel
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Biographie

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Yves-Charles Châtel naît le à Rennes dans un milieu d'universitaires et devient docteur en droit. Il effectue l'essentiel de sa carrière en Indochine qu'il rejoint dès 1909, après avoir terminé sa formation au sein de l'école coloniale. Il obtient, en 1918, la Croix de guerre et gravit les échelons de l'administration indochinoise[1].

Après la mutinerie de Yên Bái, il devient résident supérieur en Annam et y mène une politique de soutien à l'empereur Bảo Đại. Le gouverneur général Pierre Pasquier parle de lui en soulignant sa « grande activité, son esprit pratique, son sens des réalités »[1].

Il est nommé secrétaire général du gouvernement de l'Indochine, puis résident supérieur au Tonkin, lorsque le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale le mobilise en tant que capitaine d'infanterie coloniale jusqu'à l'Armistice. En , il est recommandé par Marcel Peyrouton auprès du général Maxime Weygand[1].

En , lorsque Weygand remplace l'amiral Abrial au poste de gouverneur général de l'Algérie, Châtel, Secrétaire général de la Délégation générale, est nommé gouverneur général adjoint[2].

Du 6 au , il participe aux fêtes du centenaire de la création des tirailleurs et des spahis, présidées par les généraux Huntziger et Weygand[3].

Le , après le départ sous la pression allemande du général Weygand, Yves Châtel le remplace au poste de gouverneur général de l'Algérie[2],[4]. Châtel rend visite à la communauté berbère Deni Abram le pour la cérémonie de renommage de la ville Deni Abram en Village Maréchal Pétain[4].

La politique menée par Yves-Charles Châtel diffère sur plusieurs points de celle de Weygand. Contrairement à ce dernier, hostile au Parti populaire français, il cherche à vivre en bonne intelligence avec les partisans de Jacques Doriot et multiplie les signes de bonne volonté. En matière de politique musulmane, il constitue un réseau d'informateurs et d'agents dont l'action est de diffuser une propagande française et d'infiltrer le mouvement doriotiste afin de lutter contre l'influence des Allemands. Dans ce cadre, il rencontre à plusieurs reprises Mohamed el-Maadi et manifeste de l'intérêt quant à la création d'un comité musulman représentatif[1].

En , avec Charles Noguès et Jean Bergeret, il rencontre l'amiral François Darlan à l'hôtel Saint-Georges à Alger. Là, il est convenu que Darlan deviendrait haut-commissaire de l'Afrique du Nord et formerait ensemble le "Conseil impérial"[4]. Le , Châtel est nommé par Darlan membre du Conseil impérial, avec Henri Giraud, Noguès, Bergeret[4]. Mais Darlan est assassiné le . Le , Châtel démissionne de son poste de gouverneur général de l'Algérie et part à Lisbonne où, sa santé ayant été dégradée par des maladies contractées en Indochine, il meurt en 1944[1].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 Jacques Cantier, L' Algérie sous le régime de Vichy, Odile Jacob, (ISBN 978-2-7381-8290-6, lire en ligne)
  2. 1 2 « L'Algérie après le départ du général Weygand », sur Bab el Oued Story (consulté le )
  3. L'armée d'Afrique : fête du centenaire de la création des tirailleurs et des spahis à Alger
  4. 1 2 3 4 « Principal Dates and Time Line of History of Algeria 1914-1944 », sur www.marxists.org (consulté le )
  • Anne-Marie Briat, Des chemins et des hommes: la France en Algérie, 1830-1962 J. Curutchet/Editions Harriet, 1995

Liens externes

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