Il est engagé volontaire en 1881 puis entre à Saint-Cyr, promotion des Pavillons noirs (1882-1884). Colonel pendant la Première Guerre mondiale, il mènera ensuite une carrière politique marquée par le soutien aux gueules cassées, les vétérans mutilés.
Citation à l'ordre du 18e Corps d'Armée: «Le commandant Picot, du 57erégiment d'infanterie, a conduit son bataillon à l'attaque du village de Corbény, le , avec une décision et un sens tactique remarquable. A réussi, grâce à ses habiles dispositions et à la vigueur de son attaque, à enlever le village presque sans perte.»
Durant la Première Guerre mondiale, dans la forêt de Verdun en 1916, le colonel est proche de ses hommes. Il regimbe devant certains ordres de ses supérieurs; à un général qui trouvait «amusant» son secteur, il répond: «Ceux qui se battent sont de braves gens qui ne s'amusent pas; ils meurent pour la France.»
Il ne cesse de demander des permissions pour ses soldats; devant les refus, il organise des soirées théâtrales et musicales dans son propre PC.
Il disait: «Qu'importe les rebuffades et l'égoïsme. C'est pour les braves gens et pour la France que je travaille».
Il est présent en Argonne et dans la Somme, à Belloy-en-Santerre. Le , Picot sort sous les bombes dans la plaine de Corbery avec ses hommes. Il est blessé, l'œil gauche est crevé, une partie du front et la base du nez sont arrachées. Il est transporté au Val-de-Grâce.
Il est cité à l'ordre de la 10e Armée, le : «Chef de corps plein de bravoure, de vigueur et d'entrain, se dépensant sans compter. A été grièvement blessé par un éclat d'obus au visage, lui arrachant un œil, au cours d'une des nombreuses reconnaissances qu'il avait dû faire, pour étudier et arrêter les détails de l'organisation de son secteur, dont il venait de prendre le commandement.»[1]
Nommé colonel, il est promu au grade de commandeur de la Légion d'honneur en 1917.
Picot fut le premier président de l'association. Il aurait inventé l'expression «gueules cassées», désignant les mutilés de la Première Guerre mondiale[2],[3]. Il sera surnommé «le Père des Gueules Cassées».
«Yves Picot», dans le Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), sous la direction de Jean Jolly, PUF, 1960 [détail de l’édition]
Raymond-Noël Bréhamet, Noëlle Roubaud et Union des blessés de la face et de la tête (France), Le colonel Picot et les gueules cassées, Paris, Éditions le Casque et la plume, (1reéd. 1960), 111p., [Nouvelle éd.] (ISBN978-2-957-95720-0)