Yves Renouard
Yves Renouard, né le à Paris (10e arrondissement)[1], mort le à Paris (14e arrondissement), est un historien français.
| Président Comité français des sciences historiques | |
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| Directeur Maison du Maroc | |
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| Doyen Faculté des lettres de Bordeaux (d) | |
| à partir de | |
| Membre de l'École française de Rome | |
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| Directeur École des hautes études hispaniques et ibériques (d) |
| Naissance | |
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| Décès | |
| Nom de naissance |
Yves Léon Marcel Émile Adrien Renouard |
| Nationalité | |
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| Famille |
Famille Renouard (d) |
| Enfant |
François Renouard (d) |
| A travaillé pour |
École française de Rome (- Université de Paris Université de Bordeaux (d) |
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| Membre de | |
| Distinctions |
Biographie
modifierYves Renouard est issu de la bourgeoisie commerçante. Son père, Robert Renouard, né en 1870 à Boulogne-sur-Mer (département du Pas-de-Calais), est négociant. Durant la Grande Guerre, il est mobilisé dans les trains sanitaires puis dans un hôpital militaire de Tours[2].
En 1932, il épouse, à Paris (10e arrondissement), Françoise Lheureux[3]. De leur union naît le diplomate François Renouard (époux d'Isabelle Renouard et père de Cécile Renouard).
En 1929, Yves Renouard est admis à l’École normale supérieure, au sein de la même promotion que Victor-Henry Debidour, que Henri Queffelec et que Jacques Soustelle[4]. En 1932, il est reçu, le premier, à l'agrégation d'histoire[5].
Après cinq années en Italie, dont deux à l'École française de Rome (1933-1934) et trois à l'Institut français de Florence (1935-1937), il arrive en 1937 à la Faculté de lettres de Bordeaux[6] où il enseignera jusqu'en — sauf deux courtes interruptions, en 1939-40, pour s'engager et, en 1943-44, pour une suppléance à la Sorbonne — et dont il sera doyen de 1946 à 1955[7]. En 1948, il refonde avec Joseph Calmette (université de Toulouse) la revue archéologique, historique et philologique, les Annales du Midi.
En 1942, il soutient ses thèses à la Sorbonne : sa thèse principale, qui porte sur Les relations des papes d'Avignon et des compagnies bancaires de 1316 à 1378, est complétée par une thèse complémentaire présentant ses Recherches sur les compagnies commerciales et bancaires utilisées par les papes d'Avignon avant le grand Schisme. Il poursuit par la suite ses recherches sur l'histoire de la papauté et de l'Italie médiévale et en tire de nombreuses publications, y compris à destination d'un public plus large, comme les courts volumes de la collection "Que sais-je ?" consacrés à La papauté à Avignon (1954) et à l'Histoire de Florence (1962). Il avait aussi, dès 1949, fait paraître un ouvrage de synthèse sur Les hommes d'affaires italiens au Moyen Age, rapidement "devenu un 'classique' de l'histoire économique médiévale"[8] (qui a connu plusieurs rééditions jusqu'au début du XXIe siècle).
Parallèlement à ses travaux sur l'Italie médiévale, son intérêt se porte, après sa nomination à la Faculté des lettres de Bordeaux, à l'histoire de la Gascogne et au Sud-Ouest[7]. Ce chantier donne lieu à de nombreux articles ainsi qu'à plusieurs ouvrages : il se charge de l'édition du tome IV des Rôles gascons (1307-1317) parus en 1958 et dirige le troisième tome de l'Histoire de Bordeaux consacré à Bordeaux sous les rois d'Angleterre qui paraît en 1965.
Ses thèses, son ouvrage de 1949 et ses autres publications l'avaient installé comme l'un des spécialistes français de l'histoire de l'économie médiévale, et c'est à ce titre qu'il est appelé en 1955 à la Sorbonne : nommé à la chaire nouvellement créée d'Histoire économique du Moyen Âge, il succède ensuite en 1958 à son ancien professeur Robert Fawtier à la chaire d'histoire du Moyen Âge qu'il occupe jusqu'à sa mort prématurée le [9].
En 1956, il prend la succession de Lucien Febvre à la présidence du Comité français des sciences historiques et la conserve jusqu'à son décès en 1965. De 1955 à 1958, il est également directeur de la Maison du Maroc à la Cité internationale universitaire de Paris[10]. A partir de 1961, il est co-directeur de la revue Le Moyen Âge et dirige en 1963-64 le jury d'agrégation masculine d'histoire[7].
Citations
modifier« La ville médiévale commence avec la construction de la première muraille et cesse avec la destruction de la dernière muraille ». Cours d'Yves Renouard, coll. Regards sur l'histoire, dirigée par Victor L. Tapié, 1969
Publications
modifier- Les relations des papes d'Avignon et des compagnies bancaires de 1316 à 1378, Paris, E. de Boccard, 1941 (thèse de doctorat)
- Recherches sur les compagnies commerciales et bancaires utilisées par les papes avant le Grand schisme, Paris, PUF, 1942 (thèse de doctorat)
- Les Hommes d'affaires italiens du Moyen Âge, avec Bernard Guillemain, Paris, Colin, 1949
- Paris, fonctions d'une capitale sous la dir. de Yves Renouard, Paris, Hachette, 1962
- La banque dans Florence au temps de Laurent le Magnifique, Paris, Hachette, 1965
- Bordeaux sous les rois d'Angleterre sous la direction de Yves Renouard avec la collaboration de Jacques Bernard, Pierre Capra, Jacques Gardelles, Bernard Guillemain et Jean-Paul Trabut-Cussac ; 1965 ; 586 p. ; 18 pl. hors texte, cartes et plans ; Tome III d'Histoire de Bordeaux en 8 volumes ; publiée sous la direction de Charles Higounet ; édité par Fédération historique du Sud-Ouest [compte-rendu bibliographique]
- Études d'histoire médiévale, Paris, SEPVEN, 1968, 2 vol. (Publication posthume d'un recueil d'articles d'Yves Renouard)[11]
- Les villes d'Italie de la fin du Xe siècle au début du XIVe siècle, Paris, SEDES, rééd. 1969[12]
- « Information et transmission des nouvelles » dans L'histoire et ses méthodes, la Pléiade, Gallimard, 1969
- Memento d'histoire des civilisations du Néolithique à la fin du Moyen-Âge, Paris, Éditions Jean-Paul Gisserot, 2003
- La papauté à Avignon, Paris, coll. QSJ, PUF, 1954, rééd. Éditions Jean-Paul Gisserot, 2003 (ISBN 2-87747-748-7)
- Histoire médiévale d'Aquitaine, tome 1 : Institutions et relations franco-anglaises, Pau, PyréMonde-Princi, 2005
- Histoire médiévale d'Aquitaine, tome 2 : Vin et commerce du vin de Bordeaux, Pau, PyréMonde-Princi, 2005
- Histoire de Florence, Paris, coll. QSJ, PUF, 1962, rééd. Éditions Jean-Paul Gisserot, 2006
- Leçons sur l'unité française et les caractères généraux de la civilisation française, Bordeaux, François Renouard, 2003, (cours donnés à Pau en 1948), 114 p.
- Leçons sur l'unité et la civilisation française, Bordeaux, Confluences Sciences Po, 2008 (cours donnés à Bordeaux en 1936 et 1948)
Notes et références
modifier- ↑ Archives de Paris, « État civil du 10e arrondissement, registre des naissances du 18 février au 2 mars 1908, vue 4 / 31, 10N 373 »
, sur https://archives.paris.fr (consulté le ) - ↑ Archives de Paris, « Registres matricules militaires, 2e bureau de recrutement, classe 1888, matricule n°2816, Renouard, Robert Marcel Lionel Septine, D4R1 614 »
, sur https://archives.paris.fr (consulté le ) - ↑ Archives de Paris, « État civil du 10e arrondissement, registre des mariages du 29 septembre au 12 novembre 1932, vue 9 / 31, 10M 424 »
, sur https://archives.paris.fr (consulté le ) - ↑ Lucienne. Bibliothèque numérique de l'E.N.S. - P.S.L., « École normale supérieure. Promotion de 1929 : trombinoscope. »
, sur https://lucienne.ens.psl.eu (consulté le ) - ↑ André Chervel, « Les agrégés de l'enseignement secondaire. Répertoire 1809-1960 »
, sur http://rhe.ish-lyon.cnrs.fr, (consulté le ) - ↑ Charles Higounet, « Yves Renouard, Bordelais. Souvenirs », Annales du Midi, vol. 78, no 77, , p. 170 (DOI 10.3406/anami.1966.5029, lire en ligne, consulté le )
- 1 2 3 P. Tucoo-Chala, « Yves Renouard », Cahiers de civilisation médiévale, no 31, (lire en ligne, consulté le ) p. 448-451
- ↑ Jean Imbert, « Histoire Générale Du Droit Et Des Institutions », Revue historique de droit français et étranger (1922-), vol. 47, , p. 726–748 (ISSN 0035-3280, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Guy Fourquin, « Yves Renouard (1908-1965) », Revue du Nord, vol. 47, no 184, , p. 167–169 (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Guillaume Denglos et Pierre Vermeren, « Le Maghreb à la Cité internationale universitaire de Paris. Une histoire politique et sociale (1925-2011) », dans Dzovinar Kévonian et Guillaume Tronchet (dir.), Le Campus-monde. La Cité internationale universitaire de Paris de 1945 aux années 2000, Rennes, Presses universitaires de Rennes, (lire en ligne), p. 121-142
- ↑ Philippe Braunstein, « Yves Renouard, Études d'histoire médiévale, compte rendu », Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, no 5, (lire en ligne, consulté le ) p. 1183-1186
- ↑ Armando Sapori, « Les villes d'Italie de la fin du Xe au début du XIVe siècle, nouvelle éd. par Ph. Braunstein, compte rendu », Cahiers de civilisation médiévale, no 59, (lire en ligne, consulté le ) p. 243
Liens externes
modifier- Archives conservées par : Archives nationales (AB/XIX/4300-AB/XIX/4347, p-ydcnmj41-1udn4kyah2f3p)
- Ressources relatives à la recherche :
- Ressource relative à la vie publique :
- Base Léonore
- L'Italie au XIVe siècle, Yves Renouard, radio Sorbonne, 1963-64, podcast du , France Culture.