Yvonne Knibiehler
Yvonne Knibiehler, née Azaïs le à Montpellier et morte le à Aix-en-Provence, est une universitaire, essayiste, historienne et féministe française, spécialiste de l'histoire des femmes et de la maternité.
| Naissance | |
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| Nom de naissance |
Yvonne Andrée Agnès Azaïs |
| Nationalité | |
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| Père |
Eugène Azaïs (d) |
| Mère |
Marie Azaïs (d) |
| Conjoint |
Jean Knibiehler (d) |
| A travaillé pour |
Lycée de jeunes filles de Nîmes (d) (- Université de Provence Aix-Marseille-I |
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| Distinctions |
Biographie
modifierYvonne Knibiehler naît dans famille de petite bourgeoisie provinciale catholique [1]et fait ses études supérieures à Montpellier de 1940 à 1944. Elle obtient l'agrégation d'histoire et géographie en 1945, puis enseigne au lycée de jeunes filles de Nîmes (futur collège Feuchères)[2]. En 1948, elle obtient une bourse de recherches à la bibliothèque vaticane, pour une thèse sur Bernard de Clairvaux.
En 1949, elle épouse un ingénieur Jean Knibiehler qui a intégré le Centre de recherches atomique de Cadarache[2]. Elle abandonne la recherche, enseigne dans le secondaire, à Nimes et élève trois enfants[3],[4]. Elle vit au Maroc de 1949 à 1954 et enseigne au lycée de garçons à Oujda[4] pendant 5 ans. Puis elle enseigne à Enghien, puis au lycée de filles Théodore-Aubanel à Avignon jusqu'en 1964[5].
En 1962, elle entreprend une thèse d'État à l'université d'Aix-en-Provence. Elle soutient sa thèse de doctorat d'État en sur François-Auguste Mignet. Elle est engagée comme assistante par son directeur de thèse Pierre Guiral, titulaire de la chaire d'histoire contemporaine à l'université d'Aix, puis devient maîtresse de conférences en 1970. Elle est professeure en 1972 à l'université d'Aix-Marseille, à l'âge de 50 ans. Elle prend sa retraite de l'enseignement en 1984, après s'être spécialisée sur l'histoire des femmes, de la famille et de la santé[5],[6].
En 1971, elle anime avec Christiane Souriau, une collègue sociologue, un groupe de réflexion sur la condition féminine. Ses ateliers rencontrent un franc succès qui sont le prélude à le reconnaissance officielle par l'université d'un centre de recherches (le premier en France) qui deviendra le CEFUP (Centre d'études féminines de l'université de Provence)[1].Elle organise un premier colloque en 1975 intitulé Les femmes et les sciences humaines[5].
En 1989, elle fait partie des fondatrices de l'Association des femmes et la ville, qui soutient les femmes dans leurs activités professionnelles, maternelles et politiques[5].
Elle est l'autrice de Histoire des mères et de la maternité en Occident, ouvrage classé parmi « les 25 livres féministes qu'il faut avoir lus » par le quotidien suisse Le Temps[7].
Elle meurt, à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), le , à l’âge de 102 ans[2],[8].
Décorations
modifierŒuvres
modifier- Naissance des sciences humaines : Mignet et l’histoire philosophique au XIXe siècle, Paris, Flammarion, 1973.
- L'Histoire des mères du Moyen Âge à nos jours (avec Catherine Fouquet), édition illustrée Montalba, 1980 ; Hachette Pluriel, 1982.
- La femme et les médecins (avec Catherine Fouquet), Hachette littératures, 1983.
- Cornettes et blouses blanches. Les infirmières dans la société française 1880-1980 (avec Véronique Leroux-Hugon, Odile Dupont-Hesse, Yolande Tastayre), Hachette, 1984.
- La femme au temps des colonies (avec Régine Goutalier), Stock, 1985, (2e édition 1990).
- Les pères ont aussi une histoire, Hachette, 1987.
- Histoire des femmes (sous la direction de Georges Duby et Michelle Perrot), Plon, 1991, participation au tome IV.
- Des Français au Maroc : la présence et la mémoire, 1912-1956 (avec Geneviève Emmery et Françoise Leguay), Denoël, 1992.
- La Révolution maternelle depuis 1945 : femmes, maternité, citoyenneté, Perrin, 1997[9].
- Germaine Poinso-Chapuis. Femme d'État, Edisud, Aix-en-Provence, 1998.
- Direction de l'ouvrage collectif Repenser la maternité, Panoramiques no 40, 1999.
- Histoire des mères et de la maternité en Occident, PUF, 2000, coll. « Que sais-je ? », no 3539.
- Direction de l'ouvrage Maternité, affaire privée, affaire publique, Bayard, 2001.
- Histoire des mères et de la maternité en Occident, 2002
- La Sexualité et l'histoire, Paris, Odile Jacob, 2002, 267 p.[10],[11],[12]
- La Naissance en Occident (avec Paul Cesbron), Paris, Albin Michel, 2004.
- Direction de l'ouvrage Maternité et parentalité, (avec Gérard Neyrand), École nationale de la santé publique ENSP, 2004.
- Qui gardera les enfants ? Mémoires d'une féministe iconoclaste, Calmann-Levy, 2007, 318 p.[13],[14]
- Histoire des infirmières en France au XXe siècle, Hachette littérature, coll. « pluriel », 2008, 441 p.
- La virginité féminine, mythes, fantasmes, émancipation, Paris : Odile Jacob, 2012, 221 p.[15],[16]
- Accoucher. Femmes, sages-femmes et médecins depuis le milieu du XXe siècle. Presses de l'EHESP, 2e édition, 2016.
- Réformer les congés parentaux. Un choix décisif pour une société plus égalitaire, Paris, Éditions Hygée, 2019, 168p.
Hommage
modifier- Marcel Bernos et Michèle Bitton, Femmes Familles Filiations. Presses universitaires de Provence, 2004.
- Hommage à Yvonne Knibiehler à travers l'écoute de sa voix extraite des archives sonores de la phonothèque de la MMSH https://phonotheque.hypotheses.org/49714
Références
modifier- 1 2 Eliane Richard, « Yvonne Knibiehler et l’ancrage régional de l’histoire des femmes », Clio. Femmes, Genre, Histoire, no 62, , p. 217-228
- 1 2 3 Philippe-Jean Catinchi, « La mort d’Yvonne Knibiehler, pionnière de l’histoire des femmes », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Yvonne KNIBIEHLER », sur le Dictionnaire universel des créatrices (consulté le )
- 1 2 Nathalie LACUBE, « Yvonne Knibiehler, le féminisme pacifique », La Croix, (ISSN 0242-6056, lire en ligne, consulté le )
- 1 2 3 4 Christine Bard et Sylvie Chaperon, Dictionnaire des féministes : France, XVIIIe – XXIe siècle (ISBN 978-2-13-078720-4 et 2-13-078720-7, OCLC 972902161, lire en ligne)
- ↑ Henri Pascal et Paul Allard, « Les apports d’Yvonne Knibiehler à l’histoire du travail social », dans Femmes Familles Filiations : Société et histoire, Presses universitaires de Provence, coll. « Le temps de l’histoire », , 143–155 p. (ISBN 978-2-8218-8550-9, DOI 10.4000/books.pup.6967, lire en ligne)
- ↑ « Les 25 livres féministes qu’il faut avoir lus », Le Temps, (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Laurence MILDONIAN, « Décès à 102 ans de l’historienne féministe Yvonne Knibiehler, collaboratrice du "Dictionnaire des Marseillaises" », sur www.laprovence.com, (consulté le )
- ↑ Michelle PERROT, « Vues sur la mère », sur Libération, (consulté le )
- ↑ PHILIPPE-JEAN CATINCHI, « LA SEXUALITÉ ET L'HISTOIRE d'Yvonne Knibiehler », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Margareth Rago, « Yvonne KNIBIEHLER, La Sexualité et l'histoire, Paris, Odile Jacob, 2002, 267 p. », Clio. Femmes, Genre, Histoire, no 19, , p. 268–270 (ISSN 1252-7017, DOI 10.4000/clio.672, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Yannick Ripa, « Pas complètement égal », sur Libération, (consulté le )
- ↑ Catherine Vincent, « Yvonne Knibiehler : le refus de "choisir" », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Yannick Ripa, « Eloge des mères », sur Libération, (consulté le )
- ↑ « "La symbolique de la virginité reste très forte" », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Marie-Joëlle Gros et Catherine Mallaval, « La réapparition de la vierge », sur Libération, (consulté le )
Liens externes
modifier- Archives conservées par : Centre des archives du féminisme (PAF 6, Etat_fds%20f%C3%A9ministes_2026_07_03.pdf)
- Ressource relative à plusieurs domaines :
- Ressource relative à la recherche :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- Émission À voix nue, par Johanna Bedeau ; réalisation Isabelle Yhuel. Avec la collaboration de Claire Poinsignon (France Culture)
- Mathilde Dubesset et Françoise Thébaud, « Entretien avec Yvonne Knibiehler », in la revue Clio; dossier« Maternités », no 21, 2005, p. 247-268 art. en ligne.