Yelü Yilie, aussi connu sous son nom de temple Renzong, né vers 1134 et mort en 1163, est un Gurkhan Liao du Kanat Kara-Khitan. Il règne de 1150 à 1163.

Yēlǜ Yíliè
Fonction
Empereur
Kara-Khitans
-
Biographie
Naissance
Décès
Père
Mère
Fratrie
Enfant

Biographie

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Pièces de monnaie Xuxing découvertes à Balasagun

Yelu Yilie est le fils de Yelü Dashi et Xiao Tabuyan. Après la mort de son père, sa mère assure la régence car il est encore mineur en 1143 et il lui succède en 1151. Son règne est marqué par une attitude moins actives dans les actions militaires[1],[2]. Pourtant, son ascencion s'inscrit dans un contextes d'importantes perturbations en Asie centrale[2].

En effet, d'importants troubles secouent le Khorassan entre les Oghouzes et les Seldjoukides dès 1151 et jusqu'en 1153. Les sources ne mentionnent aucune intervention Kara-Khitan, mais l'affaiblissement Seldjoukide permet la consolidation du pouvoir de Yelu Yilie sur la Transoxiane. En 1156, les Karlouks se soulèvent contre le souverain karakhanide occidental, et le tuent[3]. Yelü Yilied nomme un Khan de Samarcande qui marche contre les Karlouks avec le soutien des karakhanides orientaux[4].

En parallèle, en 1156, il tente, sans succès, d'établir la paix avec la dynastie Jin[5]. Cependant, à l'ouest, le pouvoir de l'Empire khwarezmien s'affirme sous Il-Arslan mais il reste tributaire des Kara-Khitans[6]. Durant son règne, un recensement dénombrerait 84 500 hommes en âge de servir dans l'armée, ou familles[7],[8].

Yelü Yilie meurt en 1163. Selon les sources, ses fils étant encore mineurs, il aurait désigné sa sœur, Yelü Pusuwan, pour lui succéder. Celle-ci monte sur le trône en 1164 sous le nom d’impératrice Chengtian. La succession par une sœur constitue un cas exceptionnel, même si la régence féminine et la place élevée des femmes dans la société khitane étaient des traits caractéristiques de la tradition politique des Liao et des Kara-Khitan[9].

Titre de règne

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L'Histoire des Liao indique qu'il change le nom de son ère en Shaoxing en 1151 ; cependant, la découverte entre 2008 et 2011 de quatre monnaies coulées de type sapèque portant la légende 續興元寶 (Xu-xing yuan-bao) amène à réviser cet élément historiographique. Ces monnaies présentent des caractéristiques techniques compatibles avec des émissions officielles et constituent les premiers exemplaires connus de monnaies de type chinois attribuables avec certitude aux Kara-Khitans[10].

L’aire restreinte de découverte, centrée autour de l’ancienne capitale, ainsi que les critères paléographiques et métrologiques, conduisent à attribuer ces émissions au règne de Yelü Yilie. La divergence entre la légende monétaire (Xu-xing, 續興) et le titre transmis par les sources (Shao-xing, 紹興) est expliquée par l’hypothèse d’une altération postérieure dans la tradition historiographique, possiblement liée à la pratique du tabou onomastique, phénomène attesté dans l’histoire impériale chinoise[10].

Si cette interprétation est retenue, le titre de règne original de Yelü Yilie aurait été Xu-xing (續興) plutôt que Shao-xing (紹興). Ces découvertes confirment par ailleurs l’adoption, par les Liao occidentaux, de formes institutionnelles et symboliques héritées de la tradition impériale chinoise, notamment l’usage d’un titre de règne et la frappe de monnaies à légende chinoise[10].

Notes et références

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(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Yelü Yilie » (voir la liste des auteurs).
  1. ↑ (en) Christoph Baumer, History of Central Asia, The: 4-volume set, Bloomsbury Publishing, (ISBN 978-1-83860-868-2, lire en ligne)
  2. 1 2 Biran 2005, p. 48-50.
  3. ↑ Biran 2005, p. 51-53.
  4. ↑ Akhbār al-dawla al-'Abbāsiyya wa fīhi akhbār al-'Abbās wa waladihi : a history of the Abbasid movement, reflecting Abbasid trends and ideas before the time of al-Mahdi, , 148 p. (OCLC 150425481)
  5. ↑ Pikov, G. G., Zapadnye kidani, Novosibirsk, Izd-vo Novosibirskogo univ, (ISBN 5761500205, OCLC 29818909)
  6. ↑ Biran 2005, p. 53-55.
  7. ↑ Wittfogel, Karl August, History of Chinese society : Liao, 907-1125, Lancaster Press, , 643–654 p. (OCLC 729089896)
  8. ↑ Biran 2005, p. 50.
  9. ↑ Biran 2005, p. 54-55.
  10. 1 2 3 Sergey Sidorovich et Vladimir A. Belyaev, « The coinage of qara khitay: a new evidence (on the reign title of the Western Liao Emperor Yelü Yilie) », www.academia.edu,‎ (lire en ligne, consulté le )

Bibliographie

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  • Michal Biran, The Empire of the Qara Khitai in Eurasian History: Between China and the Islamic World, Cambridge, England, Cambridge University Press, coll. « Cambridge Studies in Islamic Civilization », (ISBN 978-0521842266)

Liens externes

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