La zabiba ou zebiba (arabe : زَبِيبَة, litt. « raisin »), ou tabaâ (du bambara[1] ou de l'arabe, litt. « tampon »[2]), aussi appelée seere en bambara ou seede en peul (dérivés de chahada)[3], est une marque qui apparaît sur le front de certains musulmans au contact quotidien du tapis de prière. Spontanée ou artificielle, elle peut être perçue comme un témoignage de piété ou au contraire une manifestation religieuse ostentatoire, et est notamment portée par certains politiciens du monde musulman à tendance traditionaliste[4].

Un pèlerin présentant une zabiba à la sortie de la mosquée al-Harâm, à La Mecque.

Origine

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Cette marque résulte d'une forme d'hyperkératose, due à la friction générée par la friction régulière du front avec le tapis de prière ou le sol lors du sujud (prosternation) qui a lieu au moins 38 fois par jour en effectuant les cinq prières quotidiennes obligatoires[5] (deux fois par rak'ah, ou unité de prière), et davantage en effectuant des prières surérogatoires. Son existence traduit donc une certaine assiduité religieuse[6].

Interprétation

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Certains voient cette marque évoquée dans le Coran au verset 29 de la sourate al-Fath[7] : « Leurs visages sont marqués par la trace laissée par la prosternation ».

À l'inverse, la sourate Al-Ma'un prévient « Malheur à ceux qui font la prière […] par ostentation », l'ostentation (riyaa) étant considérée comme un péché d'hypocrisie[8].

Jurisprudence

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En France, un candidat à la fonction de policier est exclu du concours à cause de la présence d'une tabaâ sur son front en 2021, car l'enquête administrative préalable a conduit l’administration de la Préfecture de police de Paris à qualifier ce signe de contraire à la laïcité. D'abord rejetée par le tribunal administratif, la contestation du candidat est validée par le Cour administrative d'appel puis le Conseil d’État, qui reconnaît que la pratique religieuse en dehors du temps de travail ne saurait être une entrave à la qualité de fonctionnaire, sauf à entraver la liberté de conscience[9].

Exemples notables

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Notes et références

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  1. Pierre Prud'homme (sous la dir. de Jacky Bouju et Gilles Holder), La trace de Dieu : Une anthropologie des régimes d'orthodoxie au Mali (thèse pour l'obtention du titre de docteur en anthropologie), Université d'Aix-Marseille, Institut des mondes africains, , 520 p. (présentation en ligne), p. 94 et 359.
  2. « Pourquoi la marque sur le front de Chérif Chekatt intrigue autant », sur Le HuffPost, .
  3. Soares 2004, p. 206.
  4. 1 2 3 Pierre Sautreuil, « La « tabaâ », une marque de piété ostensible », La Croix, .
  5. Abdelhadi 2008.
  6. (en) Marloes Janson, Islam, Youth and Modernity in the Gambia : The Tablighi Jama'at, New York, Cambridge University Press, coll. « The International African Library » (no 45), , 303 p. (ISBN 978-1-107-04057-1), p. 147, n. 20 [lire en ligne].
  7. Soares 2004, p. 220.
  8. « Al-Mâ'ûn (L'ustensile) », sur islamweb.net, .
  9. Thomas Rideau, « Refusé comme policier à Paris à cause d’une marque de prière sur le front, il obtient enfin gain de cause », sur leparisien.fr, (consulté le )
  10. Élodie Auffray, « Tunisie : Hamadi Jebali (Ennahda), le nouvel homme fort », Le Journal du dimanche, (version du sur archive.org).
  11. Isabelle Mandraud, « Un trio au pouvoir à Tunis, ou la revanche de trois opposants obstinés », Le Monde, .
  12. (en) Anthony McDermott, Egypt from Nasser to Mubarak : A Flawed Revolution, London/New York, Routledge, coll. « Routledge Library Editions: Egypt », (1re éd. 1988), 311 p. (ISBN 978-0-415-63747-3 et 978-0-415-81116-3), p. 188 [lire en ligne].
  13. « L'échec de l'islam politique était-il prévisible ? », sur Leaders, .
  14. Stéphane Lacroix et Ahmed Zaghloul Shalata, « Le maréchal et les cheikhs : les stratégies religieuses du régime et leurs complications dans l'Égypte de al-Sissi », Critique internationale, no 78, , p. 21–39 (DOI 10.3917/crii.078.0021).
  15. (en) Marina Ottaway, « Egyptians uncertain about future under President Sisi », BBC News, .
  16. (en) Peter Bergen, « Al Qaeda leader's 'I told you so' on Egypt », CNN, (consulté le ).

Bibliographie

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Liens externes

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