Îles Zaffarines

îles espagnoles revendiquées par le Maroc
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Les îles Zaffarines, îles Jaafarines ou îles Chafarines (en espagnol islas Chafarinas, en arabe جزر إشفارن) sont un groupe de trois petites îles espagnoles situées en mer Méditerranée au large des côtes africaines, à 3,3 km au large du village marocain de Ras El Ma (Cap de l’eau) et à 46 km à l'est-sud-est de la ville espagnole de Melilla.

Îles Zaffarines
Islas Chafarinas (es) (mul)
Vue satellitaire des îles Zaffarines
Vue satellitaire des îles Zaffarines
Géographie
Pays Drapeau de l'Espagne Espagne
Localisation Mer Méditerranée
Coordonnées 35° 11′ 00″ N, 2° 26′ 00″ O
Superficie 0,525 km2
Nombre d'îles 3
Île(s) principale(s) Île du Congrès, Île Isabelle II,
Île du Roi
Point culminant Cerro Nido de las Águilas (137 m sur Île du Congrès)
Administration
Administration Plazas de soberanía
Démographie
Population 200 hab. (2006)
Densité 380,95 hab./km2
Autres informations
Découverte Préhistoire
Fuseau horaire UTC+1
Géolocalisation sur la carte : Espagne
(Voir situation sur carte : Espagne)
Îles Zaffarines
Îles Zaffarines
Géolocalisation sur la carte : plazas de soberanía
(Voir situation sur carte : plazas de soberanía)
Îles Zaffarines
Îles Zaffarines
Île en Espagne

Les Zaffarines sont l'un des territoires espagnols revendiqués par le Maroc, tout comme les villes de Ceuta et Melilla, les rochers de Vélez de la Gomera, Persil et d'Alhucemas. Ces îles, situées à 3 kilomètres de la côte marocaine[1] sont sous contrôle de l'Espagne depuis 1848.

Les 200 habitants de l'archipel sont des militaires et des garde-côtes espagnols. Le chiffre peut évoluer d'une année à une autre, mais cette population est essentiellement stationnée dans une caserne et quelques maisons situées sur l'ile Isabelle II (Isabel II). Par ailleurs, il peut y avoir quelques météorologues et scientifiques[2].

Situation

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Description

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Superficie terrestre : 52,5 ha

Sur l'île Isabelle II, l'Espagne dispose d'une base militaire.

Étymologie

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Leur nom latin était Tres Insulae (« trois îles »). Leur nom actuel est la transcription espagnole du mot amazigh ichfaren qui signifie les îles des Voleurs.

Histoire

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Sur l’île du Congrès a été découvert un gisement néolithique de type cardial, que les procédures de datation font remonter à la deuxième moitié du Ve millénaire av. J.-C.[3]

Les îles Zaffarines appartiennent officiellement à l’Espagne depuis le , c’est-à-dire dès après que, sous le règne d'Isabelle II, une expédition militaire embarquée à bord de plusieurs vaisseaux de guerre au départ de Malaga et commandée par le général Serrano se fut emparée de l’archipel. Jusque-là, les îles avaient été catégorisées comme terra nullius. Le hasard joua un rôle important dans cet épisode, un officier espagnol du corps du génie, qui accompagnait les troupes françaises en Algérie, ayant en effet eu vent fortuitement de l’intention de la France d’occuper ce territoire, pour disposer d’une position stratégique face à la vallée du fleuve Moulouya et à peu de distance du Rif. Aussi le gouvernement espagnol décida-t-il de prendre les devants et d’envoyer une flottille pour prendre possession des îles quelques heures seulement avant l’arrivée des Français. Pour l’Espagne, l’archipel représentait un point d’appui pour la liaison maritime entre Melilla et la métropole[4]. Ainsi, la petite expédition placée sous le commandement du maréchal MacMahon, qui s’était mise en marche à partir d’Oran, par terre et par mer, pour mettre la main sur les îles, allait les trouver déjà occupées au nom de la reine Isabelle II. La même année, une garnison espagnole de 650 soldats fut établie sur l’île Isabelle II.

En 1860, à l’issue de la guerre hispano-marocaine, le Maroc reconnut, par sa signature du traité de Wad-Ras, la souveraineté de l’Espagne sur l’archipel. En 1884, plusieurs canons Elorza en fer forgé de 24 cm, modèle 1881, furent installés sur l’île Isabelle II, mais enlevés en 2017 et transférés à Melilla[5],[6].

Depuis la conquête de Melilla par l’Espagne en 1497, les îles Zaffarines étaient utilisées par la population de cette ville comme carrière de pierre et comme source d’autres matériaux, d’abord périodiquement, puis de façon permanente à partir du XVIIe siècle. Outre sa fonction militaire, l’archipel servit aussi vers la fin du XIXe siècle de lieu de quarantaine pour les navires d’immigrants qui arrivaient d’Amérique et comme centre de convalescence pour les soldats blessés lors d’escarmouches avec les Rifains. À la fin du siècle, l’hôpital de l’île Isabelle II hébergeait plus de 450 patients. De 1880 à 1898, les îles faisaient office de lieu de confinement, de préside, pour quelques indépendantistes cubains, dont notamment Emilio Bacardí Moreau[7]. À partir de 1927, la population civile quitta peu à peu l’archipel, pour aller se fixer sur le littoral rifain, en particulier à Ras el Ma (Cap-de-l’Eau en français, Cabo de Agua en espagnol), qui relevait alors du Protectorat espagnol au Maroc.

Depuis lors, les seuls habitants des îles sont des militaires, sous l’autorité de la comandancia de Melilla. En plus d’assurer la sécurité des eaux territoriales espagnoles, ils veillent à l’application du décret royal (Real Decreto) 1115/82, du , lequel accorde à l’archipel le statut de réserve naturelle.

Population

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Les îles Zaffarines n’ont pas de population stable. Sur l’île Isabel II se trouve casernée une petite garnison militaire appartenant au Tercio (bataillon) Gran Capitán no 1 de la Légion espagnole[8], composée d’une trentaine de militaires sous le commandement d’un lieutenant, et complétée des effectifs des Transmissions, de ceux de la Compañía de Mar et d’un officier infirmier du Corps sanitaire. Outre ce personnel militaire, une équipe de civils y séjourne au nom de l’Organisme autonome des Parcs nationaux (anciennement ICONA), lequel relève du ministère espagnol de l’Agriculture, de l’Alimentation et de l’Environnement.

Notes et références

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  1. ↑ « Les Îles Jaafariya/Chafarinas », sur www.sebtamlilya.net
  2. ↑ Islas Chafarinas, La geología de un archipiélago deseado por todos
  3. ↑ (es) Antonio Bravo Nieto et Juan Antonio Bellver Garrido, « Una estación neolítica al aire libre en las Islas Chafarinas, El Zafrín: Primera datación radiocarbónica », Akros. La revista del museo, Melilla, Ciudad Autónoma de Melilla, Consejería de Cultura, no 2,‎ , p. 79-86 (ISSN 1579-0959, lire en ligne).
  4. ↑ (es) María Rosa de Madariaga, Historia de Marruecos, Madrid, Los Libros de la Catarata, , 320 p. (ISBN 978-84-9097-290-8), « 6: De la ofensiva colonial del siglo XIX y principios del XX al establecimiento del Protectorado », p. 99.
  5. ↑ (es) « Cañones de Islas Chafarinas » [archive du ], sur melillamedioambiente via Internet Archive, Melilla (consulté le )
  6. ↑ (es) Paqui Sánchez T., « La Ciudad instala dos cañones de más de un siglo trasladados desde Chafarinas », Melilla Hoy, Melilla,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  7. ↑ (es) Roberto Jesús Quiñones Haces, « 170 aniversario del natalicio de Emilio Bacardí », sur Cubanet, Coral Gables (Floride), (consulté le ).
  8. ↑ (es) Antonio Navarro, « Las plazas españolas en el norte de África, sin definir », La Razón, Madrid, Audiovisual Española S.A.,‎ (ISSN 1576-7078, lire en ligne, consulté le ).

Bibliographie

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  • (es) Francisco Mir Berlanga, « Las Islas Chafarinas. Historia del archipiélago de Chafarinas », Jábega, Malaga, Centro de Ediciones de la Diputación de Málaga (CEDMA), no 32,‎ , p. 51-54 (ISSN 0210-8496, lire en ligne).
  • (es) María del Carmen Lechado Granados, « Sociedad y vida cotidiana en las Islas Chafarinas », Aldaba: revista del Centro Asociado a la UNED de Melilla, Melilla, UNED, no 38,‎ , p. 89-128 (ISSN 0213-7925, lire en ligne) (avec nombreuses photographies anciennes).
  • (es) Francisco Quirós Linares, « Los Peñones de Vélez de la Gomera y Alhucemas y las Islas Chafarinas », Ería: Revista cuatrimestral de geografía, Oviedo, université d'Oviedo, Departamento de Geografía / Ediciones de la Universidad de Oviedo, no 45,‎ , p. 54-66 (ISSN 0211-0563, lire en ligne).

Voir aussi

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Articles connexes

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