Zarat
Zarat (arabe : الزارات) est une ville littorale du sud-est de la Tunisie située à une trentaine de kilomètres au sud de Gabès.
| Zarat | |
Vue du port de Zarat. | |
| Administration | |
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| Pays | |
| Gouvernorat | Gabès |
| Délégation(s) | Mareth |
| Code postal | 6026 |
| Démographie | |
| Population | 9 439 hab. (2022) |
| Géographie | |
| Coordonnées | 33° 40′ 04″ nord, 10° 21′ 02″ est |
| Localisation | |
| Liens | |
| Site web | www.commune-zarat.gov.tn |
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Rattachée administrativement au gouvernorat de Gabès, elle constitue une municipalité comptant 9 439 habitants en 2022[1].
Étymologie
modifierGéographie
modifierZarat se trouve dans le prolongement de l'oasis de Mareth en direction du golfe de Gabès, à trois kilomètres à l'est.
Une source d'eau chaude (38,5 °C) de type sulfato-chlorurée alimente un hammam et donne une petite activité thermale à la ville. Abdellatif Mrabet estime qu'il est difficile de souscrire à l'interprétation de Jules Toutain, selon laquelle Aïn Zarat n'aurait pas été une source, mais un puits artésien aménagé à l'époque romaine. Cette hypothèse diverge notamment des observations de Charles-Joseph Tissot et, antérieurement, de celles d'Abdallah al-Tijani (en) qui, lors de sa visite à Zarat au XIVe siècle, mentionne l'existence d'une source dont l'écoulement s'est maintenu jusqu'à l'époque contemporaine[3].
Histoire
modifierPréhistoire et Antiquité
modifierPlusieurs stations préhistoriques ont été découvertes, dont une attribuée au Néolithique, livrant une industrie lithique composée notamment de lamelles, burins, microlithes et éclats de silex, ainsi que des coquillages et des éléments de parure. Une autre station, découverte en 1981 au sud de la localité, a également été attribuée au Néolithique[4].
Durant l'Antiquité, la station de Fulgurita est mentionnée dans l'Itinéraire d'Antonin comme étant située au sud-est de Tacape (actuelle Gabès), une localisation qui correspondrait à un emplacement proche de l'actuelle Zarat[5].

En 1896, l'historien Charles Diehl émet l'hypothèse que Zarat pourrait être mentionnée dans les écrits du poète Corippe. Celui-ci décrit une ville fortifiée située au bord d'une rivière et entourée d'une oasis fertile, sans toutefois lui attribuer de nom. Selon lui, compte tenu de la localisation décrite, il pourrait s'agir de la ville d'Agma ou Fulgurita[6].
En effet, sur le site de Henchir Medina à l'est de Zarat, des vestiges datant de la fin de l'époque romaine ont été mis au jour, laissant supposer qu'il s'est agi d'une agglomération relativement étendue[7].
Moyen Âge et époque moderne
modifierAu XIIe siècle, le géographe Al Idrissi mentionne les ksour de Zarat (قصور الزارات) dans sa description de la route côtière reliant Gabès à Tripoli, témoignant de l'existence d'établissements dans la région au Moyen Âge[8].
En 1306, Abdallah al-Tijani (en) se rend à Zarat, qu'il décrit comme un village berbère kharidjite[9] entouré d'une importante palmeraie ; il mentionne également la présence d'une source hydrothermale ainsi que d'une mare de grand diamètre aux eaux profondes[10].
En 1587, Zarad, correspondant à l'actuelle Zarat, est décrit par deux membres de l'ordre de Malte comme un village situé dans le golfe de Gabès, à quatre milles du rivage, et facilement pillable[11].
Les Aalaya, installés principalement dans les régions de Zarat et de Chott El Ouamer, appartiennent à l'aire d'influence des Beni Zid, qui occupent le nord de la plaine de la Djeffara. Ils s'inscrivent ainsi dans un espace marqué par les rivalités entre les Beni Zid et les Ouerghemma, dont la progression repousse les Beni Zid au nord de l'oued Zeuss[12].
D'après Jean Servonnet et Fernand Lafitte, sa population est estimée en 1888 entre 400 et 500 habitants d'origine berbère[13].
Économie
modifierUn port de pêche est implanté. Il a été choisi comme site d'installation de récifs artificiels afin d'offrir un site protégé pour le développement d'alevins et de posidonies face à la pêche industrielle pratiquée par les chalutiers dans le golfe.
Personnalités
modifier- Ahmed Laghmani, poète
Références
modifier- ↑ Office de développement du Sud, « Gouvernorat de Gabès en chiffres… » [PDF], sur Office de développement du Sud, (consulté le ).
- ↑ Emmanuel Plantade, « Zarath ou les arcanes du sophiste », Eruditio Antiqua, vol. 5, , p. 115 (ISSN 2105-0791, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Abdellatif Mrabet, « Prospection archéologique dans le pays de Mareth : l'occupation du sol dans l'Antiquité », Africa : revue des études et recherches préhistoriques, antiques, islamiques et ethnographiques, vol. XIV, , p. 135 (ISSN 0330-8235, lire en ligne [PDF], consulté le ).
- ↑ Jamel Zoughlami, Mounira Harbi-Riahi, Abderrazak Gragueb et Gabriel Camps, Atlas préhistorique de la Tunisie, vol. 23, Rome, École française de Rome, , 31 p. (lire en ligne), p. 23-25.
- ↑ Victor Guérin, La France catholique en Tunisie, â Malte et en Tripolitaine, Tours, Alfred Mame, , 238 p. (lire en ligne), p. 161-162.
- ↑ Charles Diehl, L'Afrique byzantine : histoire de la domination byzantine en Afrique (533-709), Paris, Ernest Leroux, , 644 p. (lire en ligne), p. 231.
- ↑ Hédi Slim, Pol Trousset et Ameur Oueslati, Le littoral de la Tunisie : étude géoarcheologique et historique, Paris, CNRS Éditions, , 308 p. (ISBN 978-2271062604, lire en ligne), p. 109.
- ↑ (ar) Al Idrissi, نزهة المشتاق في اختراق الآفاق [« Tabula Rogeriana »], 521 p. (lire en ligne), p. 306.
- ↑ (ar) Ibrahim Bahaz (en), « الاباضية عند الجغرافيين وأصحاب الرحلات (البلدانيون) » [« Les ibadites chez les géographes et les auteurs de récits de voyage (auteurs de littérature géographique) »], Revue des sciences humaines, vol. 14, no 2, , p. 141 (ISSN 1111-505X, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Plan de développement participatif de l'oasis de Zarat (gouvernorat de Gabès) » [PDF], sur Ministère de l'Environnement, (consulté le ), p. 7-8.
- ↑ Francesco Lanfreducci et Giovanni Otho Bosio (trad. Pierre Grandchamps), Costa e Discorsi di Barberia [« Rapport maritime, militaire et politique sur la côte d'Afrique, depuis le Nil jusqu'à Cherchell »], 549 p. (lire en ligne), p. 507.
- ↑ Henri Guillaume et Habiba Nouri, « Sociétés, dynamiques de peuplement et mutations des systèmes de production traditionnels », dans Didier Genin, Henri Guillaume, Mohamed Ouessar, Azaiez Ouled Belgacem, Bruno Romagny, Mongi Sghaïer et Houcine Taâmallah, Entre diversification et développement : la Jefarra tunisienne, Tunis/Médenine, Institut de recherche pour le développement/Cérès/Institut des régions arides, (OCLC 494211593, lire en ligne), p. 83-84.
- ↑ Jean Servonnet et Fernand Lafitte, Le golfe de Gabès en 1888, Paris, Challamel et Cie, , 434 p. (lire en ligne), p. 243.