Zolta
Zoltan (ou Zoltá, Zoltas, également appelé Solt, Zsolt ou Zaltasz), né vers 896 et mort vers 949, issu de la dynastie des Árpád, fut grand-prince des Magyars de 907 jusqu'à sa mort.
| Zoltan | |
Grand-prince Zolta, lithographie par Josef Kriehuber, 1828. | |
| Titre | |
|---|---|
| Grand-Prince des Magyars | |
| – (42 ans) |
|
| Prédécesseur | Árpád |
| Successeur | Fausz |
| Biographie | |
| Dynastie | Árpád |
| Date de naissance | vers 896 |
| Lieu de naissance | inconnu |
| Date de décès | vers 949 |
| Lieu de décès | inconnu |
| Père | Árpád de Hongrie |
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Biographie
modifierZoltan était le plus jeune des quatre ou cinq fils d'Árpád, le premier grand-prince après la Conquête hongroise (en hongrois : honfoglalás) de la plaine de Pannonie. Déjà avant sa majorité, il gouvernait en tant que prince héritier de vastes domaines au confluent du Danube et de la Drave. À la mort de son père en 907, il était le seul fils survivant.
L'armée hongroise provoqua, pendant la première moitié du Xe siècle, l'effroi des royaumes issus de l'Empire carolingien: Francie orientale ou Germanie, Francie occidentale et Italie. Sous le règne de son grand-père, Álmos, les Magyars descendirent de l'Etelköz (« pays des deux fleuves ») à l'est et s'arrêtèrent dans la plaine de Pannonie, entre les monts Carpates et le Danube ; puis, ils se répandirent dans la Grande-Moravie sous le grand-prince Árpád, qui, à l'exemple de son père Álmos, présenta son fils Zoltan aux chefs des tribus, pour recevoir leur serment de fidélité.
Dès lors les Hongrois commencèrent à envahir et dévaster de grandes contrées de l'Europe. Après le décès de l'empereur Arnulf en 899, ils se jetèrent sur la Francie orientale. Le , le margrave Léopold de Bavière fut battu à la bataille de Presbourg, l'archevêque de Salzbourg et deux autres évêques restèrent sur le champ de bataille. Les années suivantes, les Magyars ravagèrent la Saxe, la Thuringe et la Franconie. Le roi Louis IV l'Enfant, fut défait sur le Lech, et s'engagea à leur payer un tribut annuel.
Après la bataille de Presbourg en 907, Zoltan succéda à son père. Les ravages des Magyars continuèrent, surtout après l'avènement de Conrad Ier de Germanie en 912 ; le royaume de Francie orientale s'en trouva fortement ébranlé. En 914, Zoltan conclut un pacte avec le duc Arnulf de Bavière qui sauva ainsi ses domaines. Les autres duchés de Francie orientale ont été touchés bien plus sévèrement : les cavaliers hongrois, ne rencontrant aucun obstacle, ravagèrent, en 916, les environs de Brême et de Hambourg en Saxe. L'année suivante, ils réduisirent en cendres la ville souabe de Bâle, ils pillèrent l'Alsace et la Lotharingie. En 919, ils écrasèrent près de Laybach, les troupes de la Carinthie; de cette bataille le patriarche d'Aquilée échappa comme par miracle. En 920, conduits par les chefs Bogat et Darsac, lieutenants du prince Zoltan, ils pénétrèrent en Italie, s'avançant sur Aquilée, Vérone et Pavie. Bérenger Ier, roi d'Italie et empereur (depuis 915), acheta la paix à des conditions honteuses et s'allia aux Hongrois pour opprimer ses voisins. Toutefois, après le décès de Conrad Ier en 918, un duc de valeur, Henri Ier de Saxe, fut élu roi de Germanie (janvier 919). En 922, les Hongrois défirent le nouveau souverain, qui fut obligé de se réfugier dans une forteresse près de Wurzen en Saxe. Après avoir ravagé cette province, la Franconie et la Souabe et jusqu'aux bords du lac de Constance, ils se jetèrent sur la Suisse, l'Alsace, la Lorraine ; de là ils revinrent sur la Thuringe et la Saxe où Henri s'enferma dans son château de Werla. Un des chefs ennemis ayant été pris au cours d'une sortie, les Hongrois offrirent pour sa rançon une somme très considérable. Le roi, plutot que de l'argent, demanda une trêve de neuf ans, et le prisonnier fut rendu à cette condition.
A l'invitation de Bérenger, les Hongrois vinrent, en 924, mettre le siège devant Pavie ; la ville fut prise, réduite en cendres, et les habitants massacrés. Les évêques de Pavie et de Verceil restèrent parmi les morts. Pour revenir en Hongrie, les troupes se dirigèrent sur la Provence, et s'avancèrent jusqu'à Nîmes (925). Zoltan donna alors à ses troupes quelques moments de repos ; il en profita pour répartir dans les provinces de sa principauté les nombreux esclaves que ses armées poussaient devant elles.
En 932, il rentra dans le duchéde Saxe ; mais il fut complètement battu devant Mersebourg, où il perdit 36 000 hommes[1]. Il s'en vengea sur l'empire d'Orient, qui, voyant les Hongrois approcher de Constantinople, acheta la paix au poids de l'or. En 935, Zoltan parcourut encore une fois la Souabe, l'Alsace, la Lorraine et la Bourgogne ; à l'approche du roi Rodolphe II, il se jeta sur l'Italie, et pénètra jusqu'aux portes de Naples.
Il revint à travers la Bourgogne, la Thuringe, la Franconie et la Bavière ; et en 937, il alla encore dévaster la Lorraine, la Bourgogne, et revint par la Savoie et l'Italie. Deux ans plus tard, Hugues, roi d'Italie, acheta la paix en lui donnant dix boisseaux d'argent. En 943, Zoltan était encore aux portes de Constantinople. Les Grecs, selon leur usage, lui donnèrent de l'or, et ils obtinrent une trêve de cinq ans.
Chaque année les troupes de Zoltan changeaient de direction. En 947, elles s'avancèrent à travers l'Italie. (…)
Un annaliste, décrivant la consternation générale, dit :
« Ces Hongrois tombent partout à l'improviste ; la terre gémit sous les pieds de leurs chevaux qui vont avec la vitesse de leurs flèches ; les campagnes sont pareilles à un gouffre qu'ils couvrent avec leurs lances et leurs casques. »
(…) »[2]
Notes et références
modifierSource
modifier- « Zoltan ou Zultan », dans Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne : histoire par ordre alphabétique de la vie publique et privée de tous les hommes avec la collaboration de plus de 300 savants et littérateurs français ou étrangers, 2e édition, 1843-1865 [détail de l’édition].
- Gyula Kristo (trad. du hongrois), Histoire de la Hongrie Médiévale, t. 1 : Le Temps des Arpads, Rennes, Presses universitaires de Rennes, , 224 p. (ISBN 2-86847-533-7).