Zotalegun ou Hilegun est un terme basque désignant les douze premiers jours de janvier, traditionnellement considérés comme des jours auguraux dont les conditions météorologiques permettent de présager le temps qu'il fera au cours des douze mois de l'année[1],[2]. Cette pratique relève de la météorologie populaire du Pays basque et s'inscrit dans un ensemble de traditions calendaires fondées sur l'observation du temps, également étudiées dans le cadre de l'ethnolinguistique basque[3].

Étymologie

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Le dictionnaire étymologique basque date le terme zotalegun du XIXe siècle. Il le rattache à la forme sortelegun, associée à l'idée de sort ou de chance, tout en signalant l'influence du mot zotal, qui signifie « motte de terre », et du terme egun, « jour »[2]. Le mot désigne ainsi un jour augural, c'est-à-dire un jour dont les caractéristiques sont interprétées comme annonciatrices d'événements futurs.

Les appellations varient selon les territoires et les parlers basques. Les formes sortelegun, sotelegun, zothalegun, zotelegun et igarregun sont notamment attestées dans les sources lexicographiques et ethnographiques[1],[3].

Description

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Selon cette croyance, chacun des douze premiers jours de janvier correspond à un mois de l'année. Le temps observé le 1er janvier annonce celui du mois de janvier, celui du 2 janvier celui de février, et ainsi de suite jusqu'au 12 janvier, associé à décembre[1]. Ainsi, une journée pluvieuse est interprétée comme l'annonce d'un mois correspondant humide, tandis qu'un temps sec est associé à un mois moins pluvieux. La tradition est notamment documentée par Resurrección María de Azkue, qui relève plusieurs appellations régionales et décrit la croyance selon laquelle les conditions météorologiques de ces journées annoncent celles des mois correspondants[1].

Traditions comparables

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Les zotalegun présentent des similitudes avec les cabañuelas, une pratique populaire attestée dans plusieurs régions de la péninsule Ibérique, qui repose sur l'observation des conditions météorologiques à certaines dates afin de prévoir celles des mois suivants[4]. Des croyances analogues sont également documentées dans d'autres régions d'Europe, notamment en lien avec les douze jours séparant Noël de l'Épiphanie[1]. Ces parallèles ethnographiques ne suffisent toutefois pas à établir une origine commune entre ces traditions.

En Aragon, les calandras ou caliendas reposent sur l'observation du temps du 13 décembre, jour de la Sainte-Lucie, au 5 janvier. Selon un système alternant une progression ascendante puis descendante après Noël, chaque journée est associée à un mois de l'année suivante. La concordance entre les observations des deux journées correspondant à un même mois est considérée comme un indice des conditions météorologiques attendues pour celui-ci[5],[6].

Cette méthode s'apparente à celle des cabañuelas castillanes et des tretzenades pratiquées dans les régions catalanophones. Toutes trois reposent sur l'idée que les conditions météorologiques observées à des dates déterminées permettent d'anticiper le temps des mois à venir, bien que les périodes calendaires prises en compte diffèrent d'une tradition à l'autre[5].

Références

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  1. 1 2 3 4 5 (eu) Resurrección María de Azkue, Euskalerriko oitura, Euskaltzaindia (lire en ligne)
  2. 1 2 Dictionnaire étymologique basque (lire en ligne)
  3. 1 2 (eu) Kepa Diéguez Barahona, « Eguraldiaz mintzatzea, kultur jarduera » [« Parler du temps, une activité culturelle »], Fontes Linguae Vasconum, vol. 57, no 140,‎ , p. 229-272 (DOI 10.35462/flv140.1)
  4. ↑ (es) « Ritos de renovación cósmica y augurios anuales »
  5. 1 2 « Las calandras y la predicción meteorológica en el Altoaragón », Comunicación de investigación etnográfica
  6. ↑ Sonia Alvira Labarta et M.ª Jesús Ruiz Valero, « Entre faenas y fiestas », Boletín del Museo de Zaragoza

Bibliographie

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