Économie de Nauru
L'économie de Nauru, île située dans le Pacifique, était liée à ses gisements de phosphate. Ils s'épuisent à partir des années 1990. L'île s'ouvre alors à d'autres activités : paradis fiscal, vente de passeports, accueil de réfugiés pour l'Australie.
| Économie de Nauru | |
Extraction de phosphates à Nauru (2007). | |
| Monnaie | dollar australien (AUD) |
|---|---|
| Année fiscale | 1er juillet - 30 juin |
| Organisations internationales | ACP, BAD, Sparteca, CPS, CNUCED |
| Statistiques | |
| Produit intérieur brut (parité nominale) | 0,079 milliard $[1] (2004) |
| Rang pour le PIB en PPA | 222e (2005) |
| Croissance du PIB | 2,6 %[1] (2004) |
| PIB par habitant en PPA | 4 100 $ (2005) |
| Inflation (IPC) | 3,3 %[1] (2003) |
| Taux de chômage | 90 % (2004) |
| Principales industries | Extraction de phosphate, services bancaires, noix de coco |
| Commerce extérieur | |
| Exportations | 0,000 064 milliard $ (2005) |
| Principaux clients | Afrique du Sud 63,7 %, Corée du Sud 7,6 %, Canada 6,6 % |
| Importations | 0,020 milliard $ (2006) |
| Principaux fournisseurs | Corée du Sud 43,8 %, Australie 36,2 %, États-Unis 5,9 %, Allemagne 4,3 % |
| Finances publiques | |
| Recettes publiques | 392,6 millions $ (2004) |
| Dépenses publiques | 425,9 millions $ (2004) |
| Sources : cia.gov |
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Histoire
modifierL'île de Nauru est colonisée par l'Allemagne en 1888, puis l'Australie ; ces pays extraient le phosphate présent sur l'île.
En 1968, elle acquiert son indépendance et devient la plus petite République au monde. Ellenationalise la Nauru Phosphate Corporation, l'entreprise d'extraction du phosphate.
Pendant 30 ans, Nauru jouit d'une économie florissante avec une monnaie en dollars australiens. En 1974, le phosphate génère un bénéfice de 225 millions d'euros[2].
En 1970, l'île compte 6.710 habitants ; son produit intérieur brut (PIB) par habitant (PIBH) est presque trois fois supérieur à celui des États-Unis[2].
Les dirigeants offrent aux Nauruans beaucoup d'avantages sociaux : exonération de toutes formes de taxes et d'impôts, subvention du téléphone, de l'électricité et du logement. Les jeunes peuvent faire leurs études en Australie sans frais .
L'État investit dans l'immobilier à l'international et finance la création d'Air Nauru dont les vols couvrent une partie de l'Océanie.
À partir des années 1990, les ressources en phosphate s'épuisent ; les caisses de l'État se vident, des problèmes de santé apparaissent : 95 % d'obèses selon l'OMS ; le pays approche de la faillite, 80 % du territoire est détruit par les exploitations minières[2].
Le gouvernement est endetté : il doit licencier le tiers de la fonction publique. L'eau et l'électricité sont rationnées et les investissements immobiliers de l'État s'effondrent.
Le pays se reconvertit en paradis fiscal, organise la vente de passeports, monnaie son influence à l'ONU avec Taiwan, et accueille un centre de réfugiés pour le compte de l'Australie. La communauté internationale émet de vives critiques[3],[4].
De nouveaux gisements de phosphate sont en cours d'exploration, mais les dettes empêchent le pays d'en tirer parti[2]. Le taux de chômage atteint 90 % de la population[5].
Ressources naturelles
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Nauru dispose de peu de ressources naturelles.
Les colonisateurs Allemands ont basé l'économie sur la production de coprah, extrait des noix de coco ; le phosphate fut découvert en 1906.
Nauru dispose de quelques ressources halieutiques. L'accord de Nauru est en vigueur depuis 1982 entre Nauru et sept autres pays océaniens.
Infrastructures
modifierTransports
modifierL'île est sillonnée par 24 km de routes goudronnées[6] et 6 km de route de terre battue, pour un réseau routier total de 30 km.
Nauru possède deux ports (Aiwo et Anibare) qui ne sont pas situés en eau profonde. Le chargement du phosphate est réalisé à l'aide d'installations en porte-à-faux.
L'Aéroport International de Nauru dessert Brisbane (Australie), Honiara (Îles Salomon), Nadi (Fidji), Tarawa (Kiribati), Majuro (Îles Marshall) et Pohnpei (Micronésie).
5 km de voies ferrées sont désaffectées ; elles servaient à transporter le phosphate du centre de l'île jusqu'à la zone de traitement, située sur la côte orientale.
Le gouvernement a acheté cinq Boeing 737 pour fonder Air Nauru. La compagnie fut un gouffre financier : beaucoup de vols étaient vides. La compagnie a dû vendre plusieurs de ses avions, et a même arrêté ses opérations. Elle a repris son activité après avoir reçu une aide financière de Taiwan. Elle possède aujourd'hui quatre avions passagers et un de fret.
Énergie
modifierL'électricité utilisée à Nauru est produite à 60 % par des centrales à combustibles fossiles[7]. La production en 2000 se chiffrait à 30 millions de kilowatts heures (kWh). Le gouvernement a cependant acheté plusieurs panneaux solaires, grâce à une aide financière de Taiwan. Il n'y a ni importation, ni exportation d'électricité.
Télécommunications
modifierEn 2001, Nauru comptait moins de 2 000 lignes téléphoniques fixes et environ 1 500 téléphones portables. Les infrastructures de communication, tant pour les services radiotéléphoniques locaux qu'internationaux, proviennent d'Australie et sont de bonne qualité. L'île dispose d'une station de radio AM et d'une station de télévision qui diffuse pour les 500 téléviseurs du pays. Concernant l'Internet, le domaine national de Nauru est « .nr », et un fournisseur d'accès est disponible.
Centre pénitentiaire
modifierLorsque l'Australie a mis en place la solution du Pacifique, Nauru a accueilli un centre de transit pour réfugiés, moyennant une compensation financière[8]. Il est aujourd'hui occupé par une trentaine de personnes.
Structure économique
modifierÉvolution du nombre de lignes de téléphone fixe (beige), mobile (bleu) et d’utilisateurs d’internet (rouge) : 1998-2001 | |
| Télécommunications et Internet | |
|---|---|
| Téléphonie | |
| Indicatif | + 674 |
| Nombre d'abonnés fixes (2001) Nombre d'abonnés mobiles (2001) |
1 850 1 500 |
| Internet | |
| Domaine | .nr |
| Nombre d’utilisateurs (2001) Nombre d’abonnés (2001) |
300 150 |
| Source : ITU yearbook of statistics. | |
Secteur primaire
modifier- Perception d'environ 4,9 millions d'euros en droits de pêche[Quand ?].
- Exploitation du phosphate.
Secteur secondaire
modifier- Usines de dessalement de l'eau de l'océan.
- Usines de nettoyage et traitement du phosphate.
Secteur tertiaire
modifier- Redevance d'environ 575 000 euros du secteur bancaire.[Quand ?]
Pour 25 000 dollars, une banque peut être créée à Nauru. En , le pays figure sur la liste française des paradis fiscaux[9].
Partenaires commerciaux
modifierRôle de l'État
modifierÀ la date du , Nauru restait l'un des trois États (avec le Nigéria et la Birmanie) considérés par le Groupe d'action financière sur le blanchiment des capitaux (GAFI) comme « pays et territoires non coopératifs » (PTNC) dans la lutte contre le blanchiment d'argent.
En 2004, Nauru a été au bord de la banqueroute à la suite de placements douteux (après avoir été un des États les plus riches au monde, sur le critère du PNB par habitant). Les réserves se sont volatilisées, Nauru ne pouvait ni payer les salaires de ses fonctionnaires (qui faisaient vivre l'économie locale), ni conserver ses biens immobiliers, dont la tour Nauru à Melbourne.
Un effort régional de solidarité se poursuit de nos jours ; le Forum des îles du Pacifique est le coordinateur des bonnes volontés. Des mesures ont été mises en œuvre depuis l’an dernier par l’Australie : envoi d’une cinquantaine d’experts dans les domaines de la justice, des finances, du trésor, du budget, de la police et de la justice. Le Forum annonce de nouvelles initiatives émanant de la Nouvelle-Zélande et du Japon.
Wellington annonce prendre en charge trois nouveaux postes (un juge, un greffier et un juriste), au sein de l’appareil judiciaire. Selon Greg Urwin, secrétaire général du Forum, ces annonces répondent à des « besoins critiques » à Nauru, qui fait l’objet d’un « plan de secours » baptisé « Aide régionale océanienne à Nauru » (PRAN, Pacific Regional Assistance to Nauru).
Le Japon accepte de débloquer des financements ; ils doivent permettre au Forum de coordonner et poursuivre l’élaboration de ce PRAN. La Banque asiatique de développement (ADB, basée à Manille, Philippines) est associée à ces efforts.
Le phosphate, épuisé depuis 2010, a entraîné la pollution et la mort des récifs de corail.
Jusqu'en 2021, Nauru doit recevoir de l'argent pour accueillir sur son territoire les demandeurs d'asile, en attendant que l'Australie examine leur dossier et décide de leur avenir.
Notes et références
modifier- 1 2 3 (en) Ministère australien des Affaires étrangères et du Commerce - Économie de Nauru[PDF].
- 1 2 3 4 « L’île de Nauru : du rêve au cauchemar », sur Franceinfo, (consulté le )
- ↑ « Nauru, l'île ruinée reconvertie dans la détention de migrants », Le Temps, (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le )
- ↑ « L'ONU appelle l'Australie et Nauru à mettre fin aux centres de détention offshore », sur Réfugiés et migrants, (consulté le )
- ↑ Contribution externe, « Sortir du syndrome de Nauru », sur La Libre.be (consulté le )
- ↑ (en) « Country Comparisons - Roadways », CIA - The World Factbook (consulté le ).
- ↑ « Production d’électricité renouvelable (% de la production totale d’électricité) - Nauru | Data », sur donnees.banquemondiale.org (consulté le )
- ↑ « Nauru detention centre costs $2m per month » [archive du ], sur ABC news online via Internet Archive.
- ↑ « Bercy sort les Bermudes et Jersey des paradis fiscaux », Le Monde.fr, (lire en ligne, consulté le ).
Annexes
modifierBibliographie
modifier- Luc Folliet, Nauru, l'île dévastée : comment la civilisation capitaliste a détruit le pays le plus riche du monde, Paris, La Découverte, , 148 p. (ISBN 978-2-7071-5816-1).
