Écriture tartessienne
L'écriture du sud-ouest , aussi connue comme Tartessien ou Sud Lusitanien, est une écriture paléo-hispanique utilisée pour écrire une langue inconnue, généralement identifiée comme celle des Tartessiens. Les inscriptions du Sud-ouest ont été trouvées principalement dans le quart sud-ouest de la Péninsule Ibérique, dans le sud du Portugal (Algarve et le sud de l'Alentejo), mais aussi en Espagne, dans le sud de l'Estrémadure et de l'ouest de l'Andalousie.



Nom de l'écriture
modifierLe nom de l'écriture tartessienne est très controversé. Le nom le plus neutre est écriture du sud-ouest, car il se réfère uniquement à l'emplacement géographique où les inscriptions ont été trouvées, mais il a besoin de précisions supplémentaires dans un contexte général. Le linguiste Jesús Rodríguez Ramos nomme cette écriture tartessienne par références aux inscriptions de Tartessos[1]. D'autres préfèrent le nom d'écriture Sud-Lusitanienne, parce que presque toutes les inscriptions du sud-ouest ont été trouvées dans le sud du Portugal (une zone incluse dans la province Romaine de Lusitanie), où les sources grecques et romaines localisent les peuples pré-romains des Conii ou Cynetes, plutôt que dans la zone généralement considéré comme Tartessienne (entre Huelva et la vallée du Guadalquivir). Mais d'un autre côté, le nom de Sud Lusitanien n'est pas pratique, car il peut, à tort, suggèrer une relation avec la langue lusitanienne. Bastulo-Turdetan et écriture cynétienne sont d'autres propositions de dénomination.
Le système d'écriture
modifierÀ l'exception de l'alphabet gréco-ibérique, et dans une moindre mesure, de cette écriture, les écritures paléo-iberiques partagent une typologie distinctive : elles se comportent comme des syllabaires pour les consonnes occlusives et comme des alphabets pour les autres consonnes et voyelles.

Manuel Gómez-Moreno établi (1949 et 1962) une première transcription[2].
Ce système d'écriture unique a été appelé semi-syllabaire. Il n'y a pas d'accord sur la genèse des semi-syllabaires paléo-hispaniques ; certains chercheurs concluent que leur origine est liée uniquement à l'alphabet phénicien, tandis que d'autres croient que l'alphabet grec y a également participé[3]. Un consensus actuel (2026) le rattache à diverses langues ibériques et au basque ou apparenté, elle serait née d'une lente évolution pendant les migrations depuis le Sahara qui se désertifiait de population génétiquement proches en Afrique du Nord, aux Canaries et dans le sud de la péninsule[4].
Dans l'écriture du sud-ouest, bien que la lettre utilisée pour écrire une consonne occlusive soit déterminée par la voyelle qui la suit, comme dans un syllabaire, la voyelle suivante était également écrite, comme dans un alphabet. Une convention similaire est trouvée en étrusque pour /k/, qui était écrit KA CE CI QU (sc) suivant la voyelle qui suivait. Certains chercheurs traitent le tartessien comme un semi-syllabaire redondant, d'autres le traitent comme un alphabet redondant[5].

Inscriptions
modifierCette écriture est presque exclusivement utilisée sur près d'une centaine de grosses pierres (stèles), probablement dans un but funéraire[3]. L'orientation de l'écriture presque toujours de droite à gauche, mais aussi en boustrophédon ou en spirale. Le fait que presque toutes les inscriptions du sud-ouest aient été trouvées hors contexte archéologique ne permet pas la fixation d'une chronologie précise, mais il semble clair qu'elle a été utilisée au cours du Ve siècle av. J.-C. ; il est habituel de les dater du VIIe siècle av. J.-C. et de considérer que l'écriture du sud-ouest hispanique est la plus ancienne écriture paléo-hispanique.
Au total, 75 stèles en écriture du sud-ouest hispanique sont connues. Parmi celles-ci, seize peuvent être vues au Musée des Écritures du Sud-Ouest[6] (Museu da Escrita do Sudoeste, en portugais), à Almodôvar (Portugal), où une stèle comportant en tout 86 caractères (l'inscription la plus longue ayant été trouvée jusqu'à présent) découverte en 2008 est également exposée).
Notes et références
modifier- ↑ (es) Jesús Rodríguez Ramos, « La lectura de las inscripciones sudlusitano-tartesias¹ », Faventia, vol. 22/1, , p. 22 à 46 (lire en ligne)
- ↑ (es) Jürgen Untermann, « LA LENGUA IBÉRICA: NUESTRO CONOCIMIENTO Y TAREAS FUTURAS », VELEIA, vol. 12, , p. 243-256 (lire en ligne)
- 1 2 (en) Antonio Arnaiz-Villena, Jose Palacio-Gruber, Valentin Ruiz-del Valle et Alejandro Sanchez-Orta, « Cumbres Mayores (Huelva, Spain): A new striking Megalith complex and its incise Lineal Megalithic and Tartessian Scripts », International Journal of Modern Anthropology, vol. 2, no 17, , p. 778–802 (ISSN 1737-8176, DOI 10.4314/ijma.v2i17.4, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Antonio Arnaiz-Villena, José Palacio-Gruber, Valentín Ruiz-del-Valle et Alba Heras-Garcia, « The Iberian-Tartessian semi-syllabary: possible evolution from Lineal Megalithic/Paleolithic Scripts and the Mother Goddess Religion », International Journal of Modern Anthropology, vol. 2, no 17, , p. 820–841 (ISSN 1737-8176 et 1737-7374, DOI 10.4314/ijma.v2i17.6, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Joan Ferrer i Jané, « Una aproximació quantitativa a l’anàlisi de l’escriptura del sud-oest », www.academia.edu, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Musée des Écritures du Sud-Ouest », sur www.cm-almodovar.pt.
