Édifice Robillard

ancienne salle de cinéma à Montréal, Québec, Canada

L'édifice Robillard était un immeuble situé au 974, boulevard Saint-Laurent à Montréal, Québec (Canada), construit en 1879 et détruit par un incendie le [1],[2].

Édifice Robillard
Édifice Robillard en 2014
Localisation
Localisation
Coordonnées
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L'édifice remplit plusieurs fonctions mais est particulièrement remarquable en tant que premier cinéma en Amérique, commençant à montrer des films le , deux jours avant New York et six mois après Paris[3].

Histoire initiale

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Édifice Robillard en 1921

Conçu dans le style néo-Renaissance par le partenariat d'architecture de Théodore Daoust et Arthur Gendron[4], il est d'abord utilisé comme bâtiment commercial puis transformé en hôtel en 1890. Un an plus tard, il abrite le Gaiety Museum and Theatorium, une exhibition de curiosités victoriennes similaire à l'Eden Musée and Wonderland dans le Monument-National, un bloc au nord[5].

Quatre ans plus tard, l'établissement change de propriétaire et de nom. La galerie des « curiosités » est abandonnée et elle devient un théâtre de variétés et de vaudeville sous le nom de Palace Theatre[6].

Première salle de cinéma

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En , Louis Minier, exploitant d'un cinématographe des frères Lumière, présente une projection à l’extérieur du Palace, dans la cour d'un hôtel voisin. Puis le il projette un film à l'intérieur du Palace, deux jours avant une séance de cinéma à New York, et un mois avant la première projection à Ottawa le par des concessionnaires du Vitascope Edison de Thomas Edison et Thomas Armat. La première montréalaise est présentée aux journalistes et aux notables, dont le maire, Richard Wilson Smith[7],[8].

Pendant quelques mois, en 1896 et 1897, l'édifice devient le premier cinéma au Canada, avec des films projetés par Minier et son assistant, Louis Pupier[6]. Les premiers films montrés sont d'un train, d'un navire, d'une charge de cavalerie et de la démolition d'un mur[9]. Le spectacle compte entre 10 et 18 vues, moins d'une minute; la projection dure environ une demi-heure.

« Je n’aime pas faire servir mes chroniques à la réclame : mais véritablement, en présence du caractère merveilleux de cette découverte, je me crois tenu de signaler à mes lecteurs l’installation du cinématographe à Montréal […]. C’est là que j’ai vu, samedi soir, au cours d’une soirée offerte à la presse et à quelques privilégiés, cette charge de cavalerie dont je n’ai pu donner qu’une idée très affaiblie, ainsi que bien d’autres scènes dont je ne parlerai pas, voulant laisser à mes lecteurs tous les plaisirs de la surprise. Désormais, l’homme, comme ses œuvres, est impérissable[8]. »

Ils se rendent ensuite à Toronto pour projeter des films à l'exposition industrielle de Toronto, puis à une autre exposition à Montréal, et enfin en tournée dans les villes du Québec[8]. Minier reste au Québec pour devenir professeur à l'Université Laval[10].

Incendie en 2016

Le bâtiment change à nouveau de fonctions, redevenant théâtre vivant, puis abritant un central téléphonique – l'un des plus anciens de Montréal – et enfin des magasins[6].

En 1906, une salle exclusivement consacrée au cinéma ouvre ses portes à Montréal, une première également en Amérique du Nord : le Ouimetoscope, fondé par Léo-Ernest Ouimet[3]. La zone environnante édifice Robillard devient le quartier chinois de Montréal. Acheté en 2012 au coût de 2,7 millions de dollars, le bâtiment est inspecté en 2014 par l'arrondissement de Ville-Marie. Après la visite, il commence à recevoir des réparations, mais de l'amiante a été découvert et les travaux doivent s'arrêter. L'édifice Robillard était « d'intérêt patrimonial » mais n'avait pas le statut d'édifice patrimonial, et demeure vide jusqu'à sa destruction[2],[11]. Entre 2016 et 2022, le site est resté vide. Dès 2022, une immeuble en copropriété est construit sur l'ancien site[12].

Références

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  1. Philippe Orfali, Guillaume St-Hilaire, « La première salle de cinéma du Canada s’envole en fumée », sur Le Devoir, (consulté le )
  2. 1 2 (en-CA) « Fire destroys historic Montreal building famed for Canada's 1st film screening in 1896 », CBC News, (lire en ligne)
  3. 1 2 « L'édifice incendié a hébergé au 19e siècle le premier cinéma au Canada », sur Radio-Canada.ca, (consulté le ).
  4. « Édifice Robillard - Montréal », sur imtl.org (consulté le ).
  5. Hervé Gagnon, « Divertissement et patriotisme : la genèse des musées d’histoire à Montréal au XIXe siècle », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 48, no 3, , p. 332 (ISSN 0035-2357 et 1492-1383, DOI 10.7202/305348ar, lire en ligne, consulté le )
  6. 1 2 3 Centre des mémoires montréalaises, Anne Gombert, « L’édifice Robillard : premier cinéma du Canada », sur Mémoires des Montréalais, (consulté le ).
  7. André Gaudreault, « L’arrivée du cinématographe lumière en sol canadien », 24 images, nos 62-63, , p. 73–76 (ISSN 0707-9389 et 1923-5097, lire en ligne, consulté le )
  8. 1 2 3 Jean-Pierre Sirois-Trahan, « La première projection cinématographique a 125 ans », sur La Presse+, La Presse, (consulté le ).
  9. (en-CA) « Renewed Gaiety in Chinatown », sur Montreal Gazette, (consulté le )
  10. (en) Stephen Bottomore, « Louis Minier », sur Who's Who of Victorian Cinema (consulté le ).
  11. Hugo Duchaine, « Un proprio négligent dénoncé », sur Le Journal de Montréal, (consulté le )
  12. « One Viger - Centre-Ville - Montreal », sur imtl.org (consulté le ).

Articles connexes

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Liens externes

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