Édith Heurgon
Édith Heurgon, née le à Alger, est directrice du Centre culturel international de Cerisy-la-Salle.
| Naissance |
Alger (Algérie) |
|---|---|
| Nationalité | Française |
| Profession |
RATP : recherche, prospective, stratégie, développement territorial (1968-2005) |
| Autres activités |
Direction du Centre culturel international de Cerisy-la-Salle (depuis 1977) |
| Formation |
Lycée Molière, Université de Paris 6 Jussieu, Doctorat de mathématiques appliquées |
| Distinctions |
Chevalier de l’Ordre national du mérite, Chevalier de l’Ordre national de la Légion d’honneur, Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres |
| Ascendants | |
| Famille |
Marc Heurgon (frère), Catherine Peyrou (sœur) |
| Langue d’écriture | Français (France) |
|---|
Elle a co-dirigé, d’abord avec sa mère Anne Heurgon-Desjardins, puis avec sa sœur Catherine Peyrou, le Centre culturel international de Cerisy-la-Salle (CCIC). Depuis la disparition de cette dernière, elle en assure la direction avec le concours de ses neveux et nièces.
Biographie
modifierÉdith Heurgon naît le 15 août 1942 à Alger, où ses parents accueillent bon nombre d’écrivains, notamment André Gide. Son père, Jacques Heurgon est historien de l’antiquité et professeur d’université à Alger. Il compte parmi ses élèves Albert Camus. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, ses parents reviennent vivre à Paris dans le XVIe arrondissement[1]. En 1945, elle découvre pour la première fois le château de Cerisy-la-Salle – propriété de sa famille depuis 1819 – dans lequel elle va séjourner tous les étés suivants[2]. Après la remise en état du château occupé pendant la guerre par les Allemands, sa mère, Anne Heurgon-Desjardins, fonde en 1952 le Centre culturel international de Cerisy-la-Salle avec le concours de l’Association des Amis de Pontigny-Cerisy et d’un grand nombre d’habitués de Pontigny.
Après avoir passé son bac en 1960, Édith Heurgon s’oriente vers des études scientifiques[1] qui la conduisent à soutenir une thèse sur La programmation linéaire en nombres entiers, puis à rejoindre la RATP en décembre 1967. Elle écrit, avec le concours de son professeur Robert Faure, conseiller scientifique dans cette entreprise, l’ouvrage Structures ordonnées et algèbres de Boole, publié aux éditions Gauthier-Villars, puis elle crée une équipe de recherche opérationnelle à la RATP et l’anime jusqu’en 1980[2].
En parallèle de son activité professionnelle, Édith Heurgon soutient sa mère Anne Heurgon-Desjardins, avec sa sœur Catherine Peyrou, dans les activités du Centre culturel international de Cerisy-la-Salle. Édith Heurgon s’implique dans l’organisation des colloques dès 1964[1]. C’est lors de cette même année qu’elle rencontre Jean Ricardou, écrivain, théoricien du Nouveau Roman à propos duquel il dirige un important colloque en 1971. À partir des événements de mai 68, elle renforce son engagement cerisyen pour faire face à un public plus nombreux et plus exigeant. Un partage de la programmation des colloques se met alors en place : sa mère se focalise sur des rencontres autour des écrivains de Pontigny, elle s’efforce pour sa part de moderniser les thématiques des colloques avec le concours de Jean Ricardou. Ce dernier devient conseiller à la programmation et à l’édition du Centre culturel en 1978[2].



En 1977, après la disparition de sa mère, elle co-dirige le CCIC avec sa sœur, Catherine Peyrou, jusqu’à en assumer la complète direction après la mort de cette dernière en 2006. En lien avec son activité à la RATP, elle lance des colloques sur L’Homme devant l’informatique en 1970, La recherche opérationnelle hier, aujourd’hui en 1978, La décision : ses disciplines, ses acteurs avec le professeur Bernard Roy en 1980[2]. En 1981, après la venue de la gauche au pouvoir, elle change de fonction à la RATP et anime la recherche et les systèmes d’information au niveau de la direction générale. Est alors mise en place une double démarche : en interne, le lancement du projet de recherche et d’apprentissage Réseau 2000 avec Georges Amar et, en externe, le séminaire Recherche-Université-Entreprise, Crise de l’urbain, Futur de la ville, co-dirigé par Jacques Le Goff et Marcel Roncayolo, assisté d’un conseil scientifique intégrant toutes les sciences sociales. De 1983 à 1989, ces recherches sont ponctuées par deux colloques à Cerisy : en 1985 (publié sous le titre "Métamorphoses de la ville" aux Éditions Economica) et deux colloques à Royaumont en 1984 et 1989 établissant des points marquants dans les travaux accomplis.
À l’arrivée du nouveau président de la RATP, Christian Blanc, en 1989, Édith Heurgon rédige à sa demande un rapport intitulé « Schéma pour une nouvelle organisation de l’entreprise à l’heure européenne » dans la perspective de s’orienter vers la modernité publique[3]. Sur ces bases et sur celles d’expériences de terrain, Christian Blanc décide en février 1990 une transformation radicale de l’organisation de l’entreprise avec une forte réduction des niveaux hiérarchiques, fondée sur une mise en responsabilité des directeurs opérationnels des lignes de métro, de RER et des dépôts d’autobus. Il confie à Édith Heurgon la formation de ces nouveaux dirigeants. Dans cette optique, elle élabore, avec le concours du sociologue Michel Crozier, un programme de formation, intitulé PARADIS, et le déploie dans toute la RATP. En 1992, se tient à Cerisy un colloque publié sous le titre : Le service public, la voie moderne ? auquel participe Christian Blanc. Au départ de ce dernier – et alors que Jean-Paul Bailly devient PDG de la RATP – elle anime le plan d’entreprise Mieux vivre la ville et participe à ses côtés à plusieurs rapports du Conseil économique et social, notamment Prospective, débat, décision publique en 1998, où est introduite la « prospective du présent ». En 2000, elle siège au conseil scientifique de la DATAR animé par le géographe normand Armand Frémont dans le cadre d’une prospective « France 2030 ». Après avoir œuvré à la politique de la ville puis au développement territorial, elle termine sa carrière à la RATP à nouveau comme responsable de l’équipe prospective avant de laisser la main une nouvelle fois à Georges Amar.

En 2005, Édith Heurgon prend sa retraite pour se consacrer pleinement à Cerisy[2]. Toutefois, elle conserve une activité de conseillère en « prospective du présent » principalement à La Poste pour un projet « La Poste 2020 », puis dans diverses institutions (INRA, EPASA, Conseil général du Val de Marne, Conseil général de la Manche, France Volontaires) jusqu’en 2020 où elle interrompt ses activités de conseil au moment de la Covid-19[3].
Forte de sa pratique de la prospective du présent, Édith Heurgon continue d’élargir le champ des sujets abordés au CCIC, sans pour autant perdre l’esprit qui caractérise Cerisy, ainsi que son indépendance et son hospitalité. De 1999 à 2004, elle programme une série de colloques sur la prospective, tous publiés aux éditions de l’Aube. Puis en 2005, la question centrale devient le développement durable.

En 2005, grâce à une initiative de Jean-Paul Bailly, alors président de la Poste, est mis en place un Cercle des partenaires de Cerisy. Il réunit des entreprises, des collectivités territoriales, ainsi que des organismes publics et des associations. Les membres du Cercle apportent leur soutien financier à l'Association des Amis de Pontigny-Cerisy afin qu'elle perpétue son activité culturelle et contribuent au choix des colloques. D'autres organismes apportent à Cerisy un soutien spécifique à certaines rencontres. Depuis 2019, le Cercle, présidé par Antoine Frérot (Veolia) et Armand Hatchuel (MinesParistech), bénéficie d'un délégué, Olivier Lecointe.
Parmi les nouvelles thématiques traitées par le CCIC, on note une série de quatre colloques autour des jardins (de 2012 à 2018). Dès 2015, des colloques sont consacrés à la transition écologique et au renouveau du vivant, ce qui conduira Édith Heurgon à relancer le Foyer de création et d’échange dès la fin de la crise de la Covid-19. En 2023, à la suite d’un Foyer sur Que peut la littérature pour les arbres ? deux colloques seront organisés, combinant Le renouveau du sauvage et Que peut la littérature pour les vivants ?[4].
Aujourd’hui, Édith Heurgon se consacre à la direction du Centre culturel international de Cerisy-la-Salle propose, chaque année, une vingtaine de colloques, tout en coordonnant une équipe qui se renouvelle progressivement, et en veillant à l’édition des actes des colloques, réalisés afin d’assurer la diffusion de ces rencontres.
Publications
modifierÉdith Heurgon
modifier- Algèbres de Boole et structures ordonnées, avec Robert Faure, Éditions Gauthier-Villars, 1971.
- Agents d’Urbanité publique ? De nouveaux partenaires pour la ville, Éditions de L’Aube, 2001.
- Demain est déjà là ?, Éditions de L’Aube, 1999.
- Nouveaux rythmes urbains : quels transports ?, Éditions de L’Aube, 2001.
- Tous Volontaires au Monde, jardiniers du monde commun, Éditions Hermann, 2019.
Colloques de Cerisy
modifier- L’avenir de la recherche opérationnelle, Éditions Homme et techniques, 1979.
- Le service public ? La voie moderne, sous la direction d’Albert David, Agnès Denis, Armand Hatchuel, Édith Heurgon et Isaac Joseph, colloque de Cerisy, Éditions L’Harmattan, 1995.
- Les métiers de la Ville, les nouveaux territoires de l’action collective, sous la direction d’Édith Heurgon et Nikolas Stathopoulos, Éditions de L’Aube, 1999.
- Prospective pour une gouvernance démocratique, sous la direction d’Édith Heurgon et Josée Landrieu, Éditions de L’Aube, 2000.
- Expertise, débat public : vers une intelligence collective, sous la direction de Fabienne Goux-Baudiment, Édith Heurgon et Josée Landrieu, Éditions de L’Aube, 2001.
- Des nous et des je qui inventent la cité, sous la direction d’Édith Heurgon et Josée Landrieu Éditions de L’Aube, 2002.
- Les nouvelles raisons du savoir, sous la direction de Thierry Gaudin et d’Armand Hatchuel, Éditions de L’Aube, 2003.
- La nuit en question(s), sous la direction de Catherine Espinasse, Luc Gwiazdzinski et Édith Heurgon, Éditions de L’Aube, 2004.
- Les civilisations mondialisées : entre l’éthologie et la prospective, direction Jean-Éric Aubert et Josée Landrieu, Éditions de L’Aube 2005.
- Le Développement durable, c’est enfin du bonheur !, sous la direction d’Édith Heurgon, Éditions de L’Aube, 2006.
- L’Économie des services pour un développement durable, sous la direction d’Édith Heurgon et Josée Landrieu, Éditions de L’Harmattan, 2007.
- Prendre soin : savoirs, pratiques, perspectives, sous la direction de Véronique Chagnon, Clémence Dallaire, Catherine Espinasse et Édith Heurgon, Éditions des Presses Universitaires de Laval / Éditions Hermann, 2012.
- Le Renouveau des jardins, clés pour un monde durable ?, sous la direction de Sylvain Allemand, Édith Heurgon et Sophie de Paillette, Éditions Hermann, 2014.
- Nourritures jardinières dans les sociétés urbanisées, sous la direction de Sylvain Allemand et Édith Heurgon, Éditions Hermann, 2016.
- « La prospective de l’incertitude d’Edgar Morin. La voie de la métamorphose » dans Edgar Morin, Les cent premières années, sous la direction de Pascal Ory et Claude Fischler, Éditions Hermann, 2023.
Références
modifier- 1 2 3 Jean-Philippe Denis, « : « Cerisy, une expérience de vie et de pensée » »
[vidéo], sur Cairn.info, (consulté le ) - 1 2 3 4 5 Cerisy, un château, une aventure culturelle, Éditions Hermann,
- 1 2 Edith Heurgon, Curriculum Vitæ
- ↑ « Faire avec le sauvage, renouer avec les vivants », sur Cerisy Colloques (consulté le )
