Édouard Bailly

proviseur et traducteur français (1867–1946)

Édouard Bailly, né le à Nantes et mort le dans le 14e arrondissement de Paris, est un proviseur et traducteur français, spécialiste du grec ancien et du latin.

Édouard Bailly
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Édouard Hippolyte Georges BaillyVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Autres informations
Distinctions

Il accomplit sa carrière dans l'administration de l'enseignement secondaire, dirigeant successivement les lycées de Bar-le-Duc, du Havre, de Bordeaux, puis, à Paris, les lycées Saint-Louis et Buffon, avant de prendre la direction de la Maison des Provinces de France à la Cité internationale universitaire de Paris.

Il réalise des traductions de Cicéron : les Catilinaires, parues en 1926 dans la Collection des universités de France, ainsi que les Lettres familières et les Lettres à Atticus, publiées chez Garnier à partir de 1933. Ces traductions sont encore rééditées au XXIe siècle.

Il est maire de Saint-Vaast-la-Hougue, dans la Manche, de 1944 à 1946.

Biographie

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Formation

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Édouard Bailly naît à Nantes le [1]. Son père est Charles Bailly, descendant de la famille Gibert, ancien élève de l'École polytechnique et lieutenant-colonel du génie[2]. Il fait ses études secondaires au lycée du Havre[1], où il obtient le prix d'honneur de la classe de rhétorique en 1883[3].

Il poursuit ses études au lycée Louis-le-Grand en classe de rhétorique supérieure, où il est lauréat des concours généraux de l'académie de Paris. Il est reçu à l'agrégation de lettres en 1894[1].

Carrière et engagements

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Il enseigne d'abord à Saint-Brieuc, puis à partir de 1898, il exerce les fonctions de censeur des études à Lorient et à Nantes[4]. En 1899, le recteur de l'académie de Rennes le recommande pour un provisorat et le « voit proviseur dans un avenir très proche »[5]. En 1902, il est promu proviseur du lycée de Bar-le-Duc, qu'il dirige jusqu'en 1904[6]. Selon l'inspecteur d'académie Georges Beaulavon, il y est chargé de conduire la première expérience d'autonomie des lycées, régime dont il s'était fait le partisan dans une revue[7] ; il est alors, à l'âge de 35 ans, le plus jeune proviseur de France[3].

Il dirige ensuite le lycée du Havre de 1904 à 1909. C'est sous son proviseurat qu'est ouvert, à Fécamp, un petit lycée annexe[1]. Il est par ailleurs administrateur de la chambre de commerce du Havre[3].

Après une année passée à la tête du lycée de Bordeaux[8], il est appelé à Paris comme proviseur du lycée Saint-Louis en 1910[9], puis du lycée Buffon en 1918, qu'il dirige pendant quatorze ans, jusqu'à son départ à la retraite en juillet 1932[4]. Ses fonctions le confrontent partout à d'importants chantiers : notamment la reconstruction du lycée Saint-Louis et, à Buffon, transformé en hôpital durant la guerre, la réorganisation de l'établissement et l'édification du petit lycée. Il y encourage également le développement des sports et de l'éducation physique[7].

Tombe d'Édouard Bailly (1867-1946), dans le cimetière de Saint-Vaast-la-Hougue (Manche).

Hors du lycée, il est trésorier général de l'œuvre des Pupilles de l'École, fondée pendant la Première Guerre mondiale, fonction qu'il exerce depuis 1915 environ jusqu'à sa retraite[7]. Il est ensuite nommé directeur de la Maison des Provinces de France, résidence de la Cité internationale universitaire de Paris inaugurée en 1933[10], où il achève sa carrière[3].

Il est maire de Saint-Vaast-la-Hougue de 1944 à 1946, commune dont son épouse Marguerite Roger[2] est originaire.

Il meurt à Paris le [11], et est inhumé à Saint-Vaast-la-Hougue.

Il est le grand-père du physicien théoricien et philosophe des sciences Francis Bailly.

Traductions

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Édouard Bailly mène une activité de traducteur du grec ancien et du latin[11]. Il donne d'abord, en 1897, une édition scolaire de la Médée d'Euripide, ainsi qu'une traduction de Babrius[1].

Son nom reste surtout attaché à Cicéron. En 1926 paraît le tome X des Discours, consacré aux Catilinaires, dans la Collection des universités de France (collection Budé), dont il assure la traduction[12]. Cette traduction connaît de nombreux tirages et est reprise en 2012 dans la collection Classiques en poche, avec une introduction de Jean-Noël Robert[13].

De 1933 à 1939, il publie sa traduction des deux principaux recueils de la correspondance de Cicéron, en six volumes bilingues chez Garnier Frères, dans la collection « Classiques Garnier » : trois tomes de Lettres familières et trois tomes de Lettres à Atticus, accompagnés d'une préface et de notes de sa main[14],[15]. Ces volumes ont fait l'objet d'une réédition par les éditions Classiques Garnier en novembre 2025, dans la collection « Classiques Latins »[16].

Ouvrages scolaires

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Parallèlement à ses fonctions administratives, Édouard Bailly publie également plusieurs éditions annotées destinées à l'enseignement. En 1902 paraît chez Hachette une édition de Trois poésies, de Heinrich Heine, accompagnée d'une introduction, de notices et de notes ; en 1906, un Théâtre choisi de Pierre Corneille, et en 1908 un Théâtre choisi de Jean Racine, annotés pour l'enseignement secondaire et l'enseignement primaire supérieur[1].

Il est aussi l'auteur d'un Précis de morale destiné à la classe de troisième[17], publié en 1904 chez Paul Paclot et rédigé en conformité avec les programmes du , dont il suit le plan paragraphe par paragraphe. L'ouvrage relève de la morale laïque républicaine de la Troisième République et développe notamment la notion de solidarité.

Distinctions

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Publications

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Traductions de Cicéron

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Autres publications

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  • Euripide, Médée, expliquée littéralement et traduite en français par Ed. Bailly, Paris, Hachette, 1897[22].
  • Heinrich Heine, Trois poésies, publiées avec une introduction, des notices et des notes par É. Bailly, Paris, Hachette, 1902[23].
  • Précis de morale. Premier cycle. Classe de troisième A et B, Paris, Paul Paclot, 1904, 2 vol. (86 et 118 p.)[24] — rééd. numérique FeniXX, 2020[25].
  • Pierre Corneille, Théâtre choisi, édition spécialement annotée pour l'enseignement secondaire et l'enseignement primaire supérieur par Édouard Bailly, Paris, Paul Paclot, 1906[26].

Notes et références

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  1. ↑ L'historien Yannick Clavé le range parmi les sept proviseurs de son corpus qui, ayant terminé leur carrière à la tête d'un grand lycée parisien, accèdent au grade d'officier de la Légion d'honneur[19].

Références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 Seine-Inférieure : dictionnaire biographique illustré, Paris, E. Flammarion, coll. « Les dictionnaires départementaux », , 2e éd., p. 347, consulté dans Archives biographiques de France, De Gruyter.
  2. 1 2 3 G. Ruffy, Qui êtes-vous ? Annuaire des contemporains : notices biographiques, Paris, Delagrave, , consulté dans Archives biographiques de France, De Gruyter.
  3. 1 2 3 4 Jean-Michel Cousin, « Édouard, Hippolyte, Georges Bailly », sur Association des anciens élèves du lycée François-Ier du Havre, (consulté le ).
  4. 1 2 Yannick Clavé, Les Proviseurs de lycée au XIXe siècle (1802-1914) : Servir l'État, former la jeunesse, Villeneuve-d'Ascq, Presses universitaires du Septentrion, coll. « Histoire et civilisations », (ISBN 978-2-7574-3509-0, lire en ligne), annexe 1.
  5. ↑ Yannick Clavé, Les Proviseurs de lycée au XIXe siècle (1802-1914) : Servir l'État, former la jeunesse, Villeneuve-d'Ascq, Presses universitaires du Septentrion, coll. « Histoire et civilisations », (ISBN 978-2-7574-3509-0, lire en ligne), chap. 3, § 28.
  6. ↑ Yannick Clavé, « Les proviseurs de lycée au XIXe siècle (1802-1914) », Histoire de l'éducation, no 158,‎ , p. 9-62 (lire en ligne), § 21.
  7. 1 2 3 Georges Beaulavon, inspecteur de l'académie de Paris, « Discours prononcé à la distribution solennelle des prix du lycée Buffon, 13 juillet 1932 » [PDF], sur Société des amis du lycée Buffon (consulté le )
  8. ↑ Annuaire de l'instruction publique, Ministère de l'Instruction publique, (lire en ligne), p. 226
  9. ↑ Annuaire de l'instruction publique, Ministère de l'Instruction publique, (lire en ligne), p. 93
  10. ↑ Jules Laurent, « M. Albert Lebrun inaugure la Maison des Provinces de France », Le Figaro,‎ , p. 2 (lire en ligne)
  11. 1 2 « Bailly, Édouard (1867-1946) », sur Catalogue général, Bibliothèque nationale de France (consulté le ).
  12. ↑ Pierre Wuilleumier, « Cicéron, Discours, t. X : Catilinaires, texte établi par H. Bornecque et traduit par E. Bailly », Revue des études anciennes, t. 28, no 4, 1926, p. 379 [lire en ligne].
  13. ↑ « Cicéron, Catilinaires, Classiques en poche no 109 », sur Les Belles Lettres (consulté le ).
  14. ↑ Paul van de Woestijne, « Cicéron, Lettres familières (livres VII-XI), traduction nouvelle de Ed. Bailly », L'Antiquité classique, t. 4, 1935, p. 265 [lire en ligne].
  15. ↑ Paul van de Woestijne, « Édouard Bailly, Cicéron, Lettres à Atticus (livres I-VI), traduction nouvelle avec une introduction et des notes », L'Antiquité classique, t. 8, fasc. 1, 1939, p. 265 [lire en ligne].
  16. ↑ « Cicéron, Lettres familières. Tome I : livres I-VI », sur Classiques Garnier (consulté le ).
  17. ↑ Otto Lorenz et Daniel Jordell, Catalogue général de la librairie française, t. 18, Paris, Nilsson, , consulté dans Archives biographiques de France, De Gruyter.
  18. ↑ « Ministère de l'instruction publique et des beaux-arts. Légion d'honneur. Décret du 3 février 1929 », Journal officiel de la République française. Lois et décrets, no 35, , p. 1684 lire en ligne.
  19. ↑ Yannick Clavé, Les Proviseurs de lycée au XIXe siècle (1802-1914) : Servir l'État, former la jeunesse, Villeneuve-d'Ascq, Presses universitaires du Septentrion, coll. « Histoire et civilisations », (ISBN 978-2-7574-3509-0, lire en ligne), chap. 7, § 38.
  20. ↑ « Ministère de l'instruction publique et des beaux-arts. Légion d'honneur », Journal officiel de la République française. Lois et décrets, no 50, , p. 1907 lire en ligne.
  21. ↑ « Cicéron, Discours. Tome X : Catilinaires », sur Les Belles Lettres (consulté le ).
  22. ↑ « Médée / Euripide ; expliquée littéralement et traduite en français par Ed. Bailly », sur Gallica (consulté le ).
  23. ↑ « Trois poésies, publiées avec une introduction, des notices et des notes, par M. E. Bailly / H. Heine », sur Catalogue général, Bibliothèque nationale de France (consulté le ).
  24. ↑ « Précis de morale. Premier cycle. Classe de troisième A et B / par Édouard Bailly », sur Gallica (consulté le ).
  25. ↑ Édouard Bailly, « Précis de morale (2) », sur Les Traversées, (consulté le ).
  26. ↑ « Théâtre choisi, édition spécialement annotée pour l'enseignement secondaire et l'enseignement primaire supérieur, par Édouard Bailly / P. Corneille », sur Catalogue général, Bibliothèque nationale de France (consulté le ).

Voir aussi

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