Église Saint-Gall de Breitenbach
L’église Saint-Gall est une église paroissiale catholique située à Breitenbach, dans la circonscription administrative du Bas-Rhin, dans la Collectivité européenne d’Alsace. Achevée en 1892, elle remplace un édifice de 1769, lui-même reconstruction d’une église médiévale.
| Église Saint-Gall | |
| Présentation | |
|---|---|
| Culte | catholique romain |
| Dédicataire | saint Gall |
| Type | Église paroissiale |
| Géographie | |
| Pays | |
| Région | Grand Est |
| Collectivité territoriale | Collectivité européenne d'Alsace |
| Circonscription administrative | Bas-Rhin |
| Commune | Breitenbach |
| Coordonnées | 48° 21′ 55″ nord, 7° 17′ 35″ est[1] |
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Histoire
modifierL’église médiévale
modifierLa première mention de Breitenbach date de 1115, mais une église n’est mentionnée pour la première fois qu’en 1341, lorsque le prieuré d’Ittenwiller cède le terrain sur laquelle elle est construite à l’abbaye de Honcourt. Cet accord règle un litige de longue date entre l’abbaye de Honcourt, le prieuré d’Ittenwiller et l’abbaye de Moyenmoutier concernant la suzeraineté spirituelle sur le village, qui revient donc à l’abbaye de Honcourt[2].
La date de construction de cet édifice demeure incertaine. D’après les témoignages du XIXe siècle antérieurs à la destruction de l’ancienne église, le chœur aurait daté du XIIe siècle, selon le curé Lorentz, ou du XIVe siècle, selon Théodore Nartz. Pour Georges Hirschfell, l’église mentionnée en 1341 serait la reconstruction d’un édifice endommagé ou détruit lors des ravages causés dans le village en 1262 par Walter de Geroldseck[3].
L’église n’est plus mentionnée jusqu’en 1665, quand elle est décrite dans un état des paroisses de la seigneurie de Villé comme étant vieille et nécessitant des réparations constantes pour ne pas tomber en ruine. À cette date, les frais d’entretien sont partagés entre l’abbaye, qui a à sa charge le chœur, et les habitants, qui doivent payer pour le reste de l’église. Trente ans plus tard, en 1693, le village obtient sa propre paroisse[3].
Première reconstruction
modifierLes documents se font plus nombreux au XVIIIe siècle. Ils font état du mauvais état de l’église, notamment de la tour, que les villageois craignent de voir s’écrouler. Ils sollicitent ainsi en l’autorisation de l’intendant d’Alsace pour détruire la tour et prélever dans les forêts du bois, dont la vente devrait permettre d’obtenir les 1 502 livres nécessaires au projet. L’autorisation est donnée le et la tour reconstruite en 1769. Dans le même temps, la nef est agrandie vers l’ouest. Le chœur, toujours à la charge de l’abbaye, n’est pas touché, celle-ci n’ayant pas les moyens de financer des travaux[4].
En 1804, l’église est décrite comme étant en bon état. Toutefois, le conseil municipal décide le de reconstruire le beffroi, dont la charpente est très dégradé. Sollicité, Antoine Ringeisen, architecte de l’arrondissement de Sélestat, fait remarquer le mauvais état de la toiture et de nombreuses parties en bois de l’édifice, ainsi que de l’absence de plancher sous les bancs. Les réparations prescrites par l’architecte sont effectuées en 1843, pour un coût total de 1 138,46 francs[5]. Un autre grand chantier de restauration a lieu en 1854 pour réparer les toitures, les sols et les murs, pour un total de 2 015,94 francs[6].
Projet de reconstruction
modifierPourtant, moins de vingt ans plus tard l’état de l’église ne semble guère s’être amélioré. Des problèmes de charpente sont évoqués en 1871 et, lors de la séance du , le maire décrit un édifice dangereux, dans lequel des morceaux du plafond s’abattent sur les fidèles pendant les offices[7]. En outre, l’église est selon lui trop petite, argument qui est repris par le curé. Cette affirmation va à l’encontre de l’évaluation de Ringeisen, qui considère en 1844 que l’église est assez grande, alors même que la commune compte à cette date plus de 1 600 habitants, contre 1 254 en 1871 et 1 058 en 1890[8]. L’argument semble plus vraisemblablement avancé pour essayer de convaincre les autorités impériales de la nécessité de construire une église neuve alors qu’un tel chantier n’est peut-être pas nécessaire et plutôt motivé par des questions d’orgueil communal : les habitants mettent en effet souvent en avant que leur village est le plus riche du val de Villé[9].
À l’issue de la séance du , le conseil municipal décide donc de détruire l’église pour en construire une nouvelle. Toutefois, le gouvernement impérial, dont l’autorisation est nécessaire, ne se prononce pas, en dépit des relances régulières de la commune. Finalement, en 1887, à l’issue d’une intense opération de démarchage du curé Lorentz, l’administration impériale répond qu’elle ne peut approuver le projet en l’état et demande des corrections[10]. À ce moment, le projet a déjà été revu à la baisse, en écartant la démolition intégrale de l’ancienne église au profit d’un agrandissement. La réalisation doit être confiée à l’architecte Charles Winkler[11]. Néanmoins, la validation tarde à venir : dans les années qui suivent, le projet va et vient entre la commune et l’administration impériale, celle-ci ajoutant à chaque fois de nouvelles conditions[10]. Cette réticence est probablement en partie liée au fait que la commune envisage de financer le projet essentiellement par des coupes extraordinaires dans les forêts communales, ce qui représente un volume de bois très important[12]. L’ampleur du projet semble également avoir laissé les autorités impériales quelque peu dubitatives quant à son réalisme[13].
En 1889, le curé Lorentz profite de l’incendie de la maison située en face de l’église pour acheter le terrain, qu’il propose de céder à la commune, à condition qu’il soit utilisé pour construire une nouvelle église. Le conseil municipal approuve l’idée le et en confie la réalisation à l’architecte de la commune de Barr Paul Heinrich, en spécifiant que la nef devra être inspirée de l’église de Hindisheim et la tour de celle de Griesheim, pour un coût total maximum de soixante-diw-huit-mille marks. Son devis et les plans associés sont approuvés par le conseil municipal le puis par l’administration impériale le [14]. L’administration impériale ne souhaitant pas des coupes de bois trop importantes, la commune est contrainte de chercher d’autres moyens de financement : vente de terrains, baisse des salaires communaux, hausse des impôts locaux et surtout un emprunt de tente-mille marks, garanti par l’hypothèque par les habitants de leurs maisons[13].
Deuxième reconstruction
modifierLe , le marché de démolition de l’ancienne église et de construction de la nouvelle est attribué à l’entrepreneur Camille Brutschy. La destruction débute le et se prolonge jusqu’au début du mois de juillet. À l’exception des trois cloches, de l’horloge et de quelques statues, pratiquement rien n’est réutilisé de l’ancienne église : le reste du mobilier ainsi que le bois de charpente sont vendus, tandis que les gravats sont réutilisés pour des travaux de terrassement[15].
Références
modifier- ↑ Géoportail
- ↑ Siffer et Wantz 1994, p. 71, 73.
- 1 2 Siffer et Wantz 1994, p. 73.
- ↑ Siffer et Wantz 1994, p. 74.
- ↑ Siffer et Wantz 1994, p. 80.
- ↑ Siffer et Wantz 1994, p. 80-81.
- ↑ Siffer et Wantz 1994, p. 81.
- ↑ Siffer et Wantz 1994, p. 81-82.
- ↑ Siffer et Wantz 1994, p. 82-83.
- 1 2 Siffer et Wantz 1994, p. 84.
- ↑ Siffer et Wantz 1994, p. 85.
- ↑ Siffer et Wantz 1994, p. 89.
- 1 2 Siffer et Wantz 1994, p. 90.
- ↑ Siffer et Wantz 1994, p. 85, 87.
- ↑ Siffer et Wantz 1994, p. 91-92.
Annexes
modifierBibliographie
modifier- Hean-Louis Siffer et Raymond Wantz, « L’église de Breitenbach », Annuaire de la Société d’histoire du Val de Villé, vol. 19, , p. 71-98 (ISSN 1169-2421, lire en ligne, consulté le ).
- André Dubail, « L’église de Breitenbach, un témoin de la piété populaire du temps du Reichsland », Annuaire de la Société d’histoire du Val de Villé, vol. 19, , p. 107 (ISSN 1169-2421).
Liens externes
modifier- Ressources relatives à la religion :
- Ressource relative à l'architecture :
