Église Saint-Jean-Baptiste de Riotord

église à Riotord (Haute-Loire)

L'église Saint-Jean-Baptiste est un édifice situé à Riotord, en France.

Église Saint-Jean-Baptiste de Riotord
L'église Saint-Jean-Baptiste en 2017.
Présentation
Type
Diocèse
Paroisse
Paroisse de TENCE-et-paroisses associées (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Début de construction
XIIIe siècle
Religion
Propriétaire actuel
Commune
Patrimonialité
Localisation
Pays
France
Département
Commune
Coordonnées
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Localisation

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L'église est située sur le territoire de la commune de Riotord, place Principale, dans le département de la Haute-Loire, en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Description

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L'église date du XIIIe siècle, elle est remarquable par son portail et les chapiteaux surmontant les colonnes à l'intérieur et qui représentent des animaux de style gréco-romain (école italienne)[1].

Historique

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L'église

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Vers le milieu du 11e siècle, lors de son mariage avec Artaud seigneur de Maleval, Fie Arostani lui apporte en dot la seigneurie d'Argental c'est-à-dire Burdigne, Vanosc, Riotord et Saint Genest-Malifaux plus les terres et seigneuries de Saint Sauveur, Montchal, Vaucance et Saint Julien Molin Molette.

En 1061, Artaud Ier désormais seigneur d'Argental et de Maleval « par le conseil et du consentement de Fie, son épouse, et des autres chevaliers d'Argental, donne à l'abbaye de la Chaise-Dieu, entre les mains de Saint Robert, son premier abbé, l'église de Saint Sauveur et ses dépendances pour y établir un monastère » de bénédictins. Il lui concède en outre, des droits étendus d'usage sur les eaux et les pâturages de tous les mandements soumis à son autorité, avec le droit aussi de prendre à perpétuité, dans les forêts, tout le bois nécessaire à la construction et au chauffage du monastère et des habitations qui viendraient, dans la suite, se grouper autour de lui. De plus, sur l'avis de Léger, archevêque de Vienne, il lui abandonne encore les revenus et la desserte des églises du château d'Argental, de Bourg Argental, de Burdigne, de Vanosc, de Riotord et de Saint Genest Malifaux[2].

La donation de l'église de Riotord (Ecclésia de Rivo Torto) est approuvée vers 1087 par Adhemar de Monteil, évêque du Puy (bien que située partie en Forez, partie en Velay la paroisse de Riotord relevait au spirituel du diocèse du Puy). Le petit appareil très visible à l’extérieur de l’église actuelle sous la fenêtre centrale de l’abside est-il l’ultime témoin de cette église primitive ?

Dès lors, et jusqu’à la Révolution, Riotord fut un « prieuré-cure » c’est-à-dire une paroisse relevant d’un monastère : bénédictins de la Chaise-Dieu puis Jésuites lorsqu’en 1607 le prieuré de Saint-Sauveur -et donc Riotord- fut rattaché au riche Collège des Jésuites de Tournon. Nommés par l’évêque du Puy mais sur la présentation du prieur de Saint-Sauveur -puis du Recteur du Collège de Tournon- les desservants d’un prieuré-cure percevaient les revenus ecclésiastiques de la paroisse (la dîme essentiellement) mais devaient verser au prieur une pension annuelle forfaitaire. Ainsi, par une transaction de 1476 confirmée par décisions de justice de 1593 puis de 1621, le vicaire de l’église paroissiale de Riotord « sera tenu payer audit Prieur la pension annuelle et perpétuelle de cens seize cestiers bléd seigle et quatre cestiers froment et dix sols argent à chaque feste de Toussaints et cent œufs de poule à Pasques et douze agniaux au jour et feste de la Nativité de Saint Jean-Baptiste »[3].

C'est certainement vers la fin du 11e siècle que fut entreprise - sous le vocable de Saint Jean Baptiste - la construction de l'église actuelle de Riotord sans doute par des moines bâtisseurs de La Chaise-Dieu. Cet édifice roman comprenait primitivement une nef de deux travées seulement et un grand transept sur lequel s'ouvre une abside et deux absidioles en forme de niches peu profondes.

Reconstitution de l’édifice roman primitif (Coupes extraites du « Cours d’architecture romane de l’ancien diocèse du Puy » de Noël THIOLLIER)

L'abside, d'une largeur égale à celle de la nef, est ornée intérieurement de cinq arcades en plein cintre reposant sur des colonnes ornées de chapiteaux sculptés. Elle est voûtée en cul-de-four et percée de trois fenêtres. Seule la fenêtre du fond est d'origine : elle est entourée, à l'extérieur, d'une archivolte reposant sur des colonnettes à chapiteaux décorés de volutes. De chaque côté de l'archivolte ressortent deux têtes de monstre (celle de gauche est très abîmée). Le transept, dont les bras se terminaient à l'origine par un mur plat, est couvert d'un berceau plein cintre. À la manière dont elles viennent s'agencer sur les arcs latéraux on peut penser que les deux travées de la nef étaient voûtées d'arêtes.

Outre les quatre chapiteaux de l'abside, on admirera à l'intérieur 8 autres chapiteaux romans. Parmi les plus remarquables Daniel dans la fosse aux lions, un homme renversé qui soutient sur le ventre la retombée de la voûte, des capricornes (chèvres ailées avec une queue), visages assez grossiers mais ayant beaucoup de caractère (celui de gauche tire la langue, celui de droite ouvre une énorme bouche dentée d'où sortent des feuillages ou des serpents).

1 à la retombée de l'arc triomphal, à droite, chapiteau orné d'entrelacs sur la partie supérieure, tandis que la partie inférieure est couverte de feuillages d'un grand relief 3 et 4 des volutes encadrent un visage assez grossier mais ayant beaucoup de caractère : celui de gauche tire la langue, celui de droite ouvre une énorme bouche dentée d'où sortent des feuillages (ou des serpents?) 8 Daniel dans la fosse aux lions 6 un homme renversé soutient sur le ventre la retombée de la voûte 7 Capricornes (chèvres ailées avec une queue).

Le portail roman, réemployé dans le mur méridional de la travée moderne, n'a ni tympan, ni linteau et son archivolte, décorée d'une frise de fleurs, repose sur deux élégantes colonnettes à chapiteaux assez grossièrement sculptés : celui de gauche est orné de feuillages et celui de droite d'une tête dont la bouche laisse échapper des feuilles.

Le niveau du sol de l'édifice d'origine était semble t-il plus élevé qu'actuellement, probablement au niveau du chœur actuel, ce qui explique que l'on doive descendre quelques marches pour pénétrer dans l'actuelle église.

Cet édifice roman a subi au fil des siècles de nombreuses modifications, plus ou moins heureuses, qu’un examen attentif du bâtiment actuel et quelques rares textes permettent de mieux comprendre.

La chapelle de Notre-Dame de Pitié, chapelle renaissance fondée par Jean Granger en 1543 (l’acte de fondation du est aux archives départementales de la Haute-Loire)[4] est construite contre le bras sud du transept.

En 1607 le pape Paul V réunit le prieuré de Saint-Sauveur - et donc l'église de Riotord - au riche Collège des Jésuites de Tournon. Après leur prise de possession d’importants travaux furent entrepris à Riotord par les Jésuites au cours des 17e et 18e siècles. La grande chapelle des Pénitents (appelée par la suite chapelle Saint-Jean-Baptiste) est construite le long du mur nord, les voûtes sont refaites sur toute la nef, la croisée du transept recouverte d’une voûte sur croisées d’ogives avec un oculus central est surmonté d'un lourd clocher percé de 32 fenêtres, une absidiole semi-circulaire est ajoutée (en 1751) à l’extrémité du bras nord du transept.

Le bâtiment connait de graves destructions durant les troubles révolutionnaires mais dès 1807 des travaux de réparation permettent son classement parmi les Monuments Nationaux, chose rare à cette époque en Haute-Loire.

En raison de l'accroissement de la population on ajouta en 1872-1874 une travée à la nef. La travée ajoutée a été faite, les chapiteaux exceptés, dans le style de l'église et le portail roman fut réemployé dans le mur sud de cette nouvelle travée. Pour la façade neuve l'architecte, qui s'est manifestement inspiré de la cathédrale du Puy, éleva un pignon beaucoup plus haut que la toiture : effet de style ou construction en prévision de la surélévation de l'église ?

L'église de Riotord avait alors l'aspect que nous pouvons apprécier sur les cartes postales du début du XXe siècle. « Jusqu’à présent, elle n’a pas subi de dégradations trop importantes, les restaurations ayant été discrètes et l’agrandissement d’une travée n’ayant pas trop abîmé la silhouette du bâtiment[5] ».

Mais en 1923-1925, la nef est surélevée sur toute sa longueur et de chaque côté des deuxième et troisième travées trois fenêtres vont permettre d'éclairer l'intérieur de l'église, la toiture clocher du XVIIe siècle est refaite, plus élancée que l'ancienne. L'actuelle sacristie est construite au nord, à côté de la chapelle Renaissance.

Ces travaux ont malheureusement défiguré l’édifice roman : « l’élévation du bâtiment alourdit considérablement sa silhouette… le clocher, d’un aspect déjà un peu massif, a pris des proportions étouffantes pour les masses romanes du chevet…la façade sud se voit ajouter des « verrues » qui l’enlaidissent considérablement…la pierre employée n’a ni la même teinte, ni le même appareil que le reste du bâtiment… ». En outre, « lorsqu’on a rehaussé l’église, on en a profité pour boucher les baies basses et pour y substituer un éclairage par trois petites baies en hauteur ; cela a eu comme effet de rendre la nef très sombre au niveau des fidèles tandis que la lumière, éclairant les voûtes plus hautes que la partie romane achève de les dissocier du reste de l’église[5] ».

L'église est inscrite partiellement au titre des monuments historiques par arrêté du [1].


En 1948, en même temps que l'installation d'un nouveau chemin de croix et de nouveaux bancs, la chapelle Saint-Jean-Baptiste est mise en communication avec le bras gauche du transept.

De 1998 à 2001, d'importants travaux de restauration conduits par l'architecte Richard Goulois ont permis une nouvelle mise en valeur du bâtiment.

Galerie

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Notes et références

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Cet article est partiellement ou en totalité issu de la page « Immeubles protégés au titre des Monuments historiques » , publié par le Ministère de la Culture et la Médiathèque du patrimoine et de la photographie sur le site Base Mérimée, le texte ayant été placé par l’auteur ou le responsable de publication sous la Licence Ouverte v2.0 (Etalab)
  1. 1 2 Notice no PA00092818, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. ↑ Cartulaire de Saint Sauveur en Rue, page 1
  3. ↑ « Petites notes d'histoire locale », Echo paroissial de Riotord,‎
  4. ↑ Archives Départementales de la Haute-Loire, 18 J 308
  5. 1 2 Trois églises en Velay Thomas Rebaud 1995

Voir aussi

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